
The Conversation est un média un peu particulier : ses articles sont écrits par des universitaires, relus par des journalistes, et publiés sous licence Creative Commons. Le 24 janvier 2025, le site américain a mis en ligne un entretien avec Praveen Arany, sous un titre qui annonce la couleur : la thérapie par lumière rouge est prometteuse pour la douleur, l’inflammation et les affections cutanées, mais d’autres promesses sont peut-être exagérées.
Arany n’est pas n’importe qui dans ce domaine. Professeur de biologie orale, d’ingénierie biomédicale et de chirurgie à l’université de Buffalo, il est spécialiste des usages médicaux de la lumière et des lasers, et son nom revient dans la plupart des enquêtes sérieuses sur la photobiomodulation. Son texte est clair et prudent, ce qui n’est pas si fréquent sur ce sujet. En voici les points principaux.
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Premier service rendu par l’article : mettre de l’ordre dans le vocabulaire. Thérapie par lumière rouge, laser de faible puissance, laser doux, laser froid, LED non thermique : tout cela désigne la même chose. Le terme générique est photobiomodulation, et il couvre aussi d’autres couleurs, du visible au proche infrarouge. Le rouge est simplement la plus répandue, parce qu’elle est disponible depuis plus de trente ans.
Arany précise que les autres couleurs sont encore à l’étude : le vert pour les migraines, le jaune pour la dépression, le bleu contre certaines bactéries résistantes comme le SARM et contre la dépression saisonnière. Sur le principe, il reste simple : la lumière rouge stimule les cellules, les « énergise » et relance la circulation dans la zone traitée, ce qui favorise la réparation, un peu comme le corps réagit à une coupure.
Une séance dure de trois à quinze minutes, assis ou allongé. On peut sentir une légère chaleur, jamais d’inconfort. Le praticien recommande en général une protection oculaire. Et un point rassurant : un surdosage, en durée ou en puissance, ne cause pas nécessairement de dommage, mais il peut réduire ou ralentir le bénéfice. Certaines personnes, plus sensibles, peuvent rougir et devront recevoir des doses plus faibles.
C’est le cœur de l’entretien. Arany rappelle que des essais cliniques randomisés et contrôlés montrent que la lumière rouge peut réduire la douleur, l’inflammation et les lésions tissulaires. Comme ces trois éléments sont présents dans un grand nombre de maladies, la photobiomodulation pourrait devenir un complément utile pour beaucoup d’entre elles.
L’exemple qu’il développe est celui du cancer. Il existe aujourd’hui des preuves solides que la lumière rouge atténue la douleur et l’inflammation provoquées par la radiothérapie, la chimiothérapie et les greffes de cellules souches de moelle osseuse. Elle a aussi réduit d’autres complications des traitements : ulcères buccaux, cicatrices, fibrose. Nous insistons sur le sens de cette phrase : il s’agit de soins de support, jamais d’un traitement du cancer lui-même. C’est exactement ce que montraient les équipes françaises dans le reportage de France 24.
D’autres études récentes chez l’humain, poursuit Arany, montrent une aide à la cicatrisation des plaies diabétiques, des brûlures et de certains ulcères, sans jamais remplacer les soins de plaie classiques comme la désinfection. La photobiomodulation a également fonctionné sur des douleurs cervicales et lombaires et sur l’épicondylite, le fameux tennis elbow.
Voici le passage que les vendeurs d’appareils citent rarement. Arany liste les pathologies pour lesquelles la lumière rouge a montré un bénéfice dans des rapports de cas cliniques et des études de laboratoire, mais pas dans des essais randomisés à large effectif : Parkinson, Alzheimer, sclérose en plaques, fibromyalgie, arthrite, dégénérescence maculaire, myopie, autisme.
Et il ajoute un avertissement direct : la thérapie par lumière rouge ne fonctionne peut-être pas pour toutes les affections que ses promoteurs annoncent. Santé cardiovasculaire, humeur, anxiété, performance musculaire, récupération après blessure sportive, anti-âge cutané : il existe des éléments en faveur de ces usages, mais les études rigoureuses manquent encore.
Nous ne voyons aucune raison d’adoucir ce constat. Sur la récupération sportive en particulier, les données se sont étoffées depuis, mais la hiérarchie des preuves décrite par Arany reste la bonne grille de lecture.
Dernière partie de l’entretien, la plus concrète. Les dispositifs existent sous toutes les formes : lits, lampes, casques, masques, en laser ou en LED, en clinique comme dans les spas médicaux, les salles de sport, les salons de beauté et les salons des particuliers.
Arany établit une hiérarchie. Le laser est plus puissant et relève de l’hôpital, de la clinique ou du cabinet médical, parce qu’entre des mains non formées il peut faire plus de dégâts. La LED, moins puissante, convient aux établissements commerciaux à condition que les praticiens soient formés. Quant aux produits domestiques, leur qualité et leur fiabilité peuvent être discutables : ils ne respectent pas toujours les standards minimaux de puissance ou de longueur d’onde.
Il conclut sur un manque que nous constatons aussi : il n’existe pas encore d’organisme de certification qui teste les appareils pour vérifier qu’ils délivrent réellement ce qu’ils annoncent. La FDA se montre plus exigeante, surtout sur les lasers, et plusieurs sociétés savantes y réfléchissent. En attendant, la seule protection de l’utilisateur est de lire les paramètres techniques plutôt que les promesses.
Selon Praveen Arany dans The Conversation (24 janvier 2025), des essais randomisés contrôlés montrent une réduction de la douleur, de l’inflammation et des lésions tissulaires, avec des preuves fortes sur les effets secondaires de la radiothérapie, de la chimiothérapie et des greffes de moelle, la cicatrisation des plaies diabétiques et des brûlures, et certaines douleurs musculosquelettiques comme les douleurs cervicales, lombaires et l’épicondylite.
Pas au niveau de preuve requis. Arany indique que des rapports de cas et des études de laboratoire suggèrent un bénéfice dans Parkinson, Alzheimer, la sclérose en plaques ou la fibromyalgie, mais qu’aucun essai randomisé à large effectif ne l’a confirmé. Ces usages restent expérimentaux et ne remplacent aucun traitement prescrit.
Le laser est plus puissant et réservé aux professionnels de santé formés ; la LED, moins puissante, peut être utilisée en établissement commercial avec un personnel formé, ou à domicile. Arany prévient que certains produits domestiques n’atteignent pas les standards de puissance et de longueur d’onde nécessaires pour agir.
Un chercheur de premier plan a pris dix minutes pour dire, sans jargon, où en est la science. Douleur, inflammation, plaies, effets secondaires des traitements du cancer : les preuves sont là. Neurologie, humeur, sport, anti-âge : on attend les grands essais. Et sur le matériel, la puissance et la longueur d’onde comptent plus que le prix ou l’emballage.
C’est une carte que nous conseillons de garder sous la main à chaque fois qu’une publicité promet plus.
L’article original, en anglais, est librement accessible et republiable sur theconversation.com.
Source : Praveen Arany, « Red light therapy shows promise for pain relief, inflammation and skin conditions - but other claims might be hyped », The Conversation, 24 janvier 2025, licence Creative Commons. Cet article est une synthèse ; il ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.
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