Recherche & innovations
Publié le
August 20, 2026

Photobiomodulation : les études de juillet et août 2026

Partager l’article :

Deux mois de publications, un fil rouge : la dose

Juillet et août 2026 n'ont rien eu d'un creux estival pour la recherche sur la photobiomodulation (PBM).

Entre le 1er juillet et le 31 août, 215 références sont remontées sur PubMed pour les requêtes photobiomodulation, low-level laser therapy et red light therapy. Après retrait des faux positifs et des articles portant en réalité sur des lasers ablatifs, vasculaires ou esthétiques, 117 études sont citées ici, chacune avec son lien DOI.

Deux résultats méritent d'être signalés d'emblée, parce qu'ils tirent dans des directions opposées : un essai en muscle humain qui ne retrouve aucun effet sur la respiration mitochondriale, et une étude sur la myopie de l'enfant qui livre le résultat clinique le plus net de ces deux mois.

Un thème traverse la période et il est plus intéressant que la simple accumulation d'indications : la relation entre la dose et l'effet n'est pas linéaire. Plusieurs travaux indépendants, chez l'humain comme en culture cellulaire, montrent qu'au-delà d'un certain seuil la lumière cesse d'aider et peut nuire. C'est une nuance que le discours commercial sur la lumière rouge évacue souvent, et nous pensons qu'elle mérite d'être mise en avant plutôt que dissimulée.

Voici notre lecture par domaine, avec les liens vers les articles d'origine.

Au sommaire

La dose fait l'effet, et pas dans le sens qu'on croit

Le résultat le plus solide de l'été vient d'un essai randomisé contre sham publié dans Brain Stimulation. Chez 31 patients dépressifs, une PBM transcrânienne 808 nm préfrontale a été délivrée sous IRM avec quatre bras : sham, dose élevée pulsée, dose moyenne continue à environ 300 mW/cm² et dose faible continue à environ 50 mW/cm². La dose moyenne augmente significativement la puissance du signal BOLD, la dose faible la diminue, et le bras pulsé ne fait rien. Aucune séance unique n'a modifié la sévérité dépressive, et les trois doses ont été bien tolérées (DOI).

Une seconde étude humaine en IRM fonctionnelle, parue dans le Journal of Cerebral Blood Flow and Metabolism, fait varier longueur d'onde, irradiance et fréquence de pulsation, et introduit le phototype cutané comme variable de dosimétrie. Les réponses ne restent pas confinées au site irradié : elles se propagent à des régions distales et certaines persistent après l'arrêt de la stimulation. Les paramètres chiffrés ne figurent pas dans le résumé, ce qui invite à lire le texte intégral avant d'en tirer un argument (DOI).

Trois travaux in vitro convergent avec ces observations. Prenons les myoblastes murins C2C12, préconditionnés par PBM associée à un champ magnétique statique. La réponse y est franchement hormétique : 9 J restaurent complètement la viabilité et normalisent les espèces réactives de l'oxygène, 30 J ne protègent que partiellement, et 60 J aggravent la charge oxydative par cellule survivante (DOI). L'équipe d'Arany a soumis des odontoblastes à cinq types de stress, puis comparé quatre longueurs d'onde à 0,03, 3 et 30 J/cm². Seule la dose intermédiaire de 3 J/cm² améliore la viabilité. Le rouge à 658 nm et le vert à 532 nm assurent le sauvetage le plus constant (DOI). Sur cellules souches adipeuses, la combinaison 525 et 825 nm à 5 J/cm² augmente la production d'ATP sans cytotoxicité, mais l'activité métabolique décroît au-delà (DOI).

Un travail sur rétine de drosophile ajoute une couche utile. Comparant 850 et 950 nm à 1, 4, 11 et 20 J/cm², les auteurs constatent que le 850 nm restaure la fonction des photorécepteurs de façon croissante avec la dose, alors que le 950 nm n'y parvient à aucune dose. L'ATP monte pourtant dans les deux cas, sans corrélation avec la récupération fonctionnelle. Autrement dit, l'ATP ne suffit pas comme marqueur d'efficacité (DOI).

Desmettre et Mordon proposent le cadre conceptuel qui relie tout cela : la réponse dépendrait de l'interaction entre une fenêtre bioénergétique dose-dépendante et la réserve mitochondriale résiduelle des cellules visées. Ce cadre a été écrit pour la dégénérescence maculaire, mais il explique aussi pourquoi des essais menés sur des tissus très différents se contredisent (DOI).

Douleur et appareil locomoteur

Une revue systématique enregistrée dans PROSPERO fait le point sur la rééducation après prothèse totale de genou ou de hanche. Sur 4 essais randomisés totalisant 133 patients, avec des scores PEDro de 8 à 10, la PBM améliore la douleur postopératoire et l'œdème dans 3 essais, l'amplitude articulaire et les résultats fonctionnels dans 2. Les auteurs jugent malgré tout la preuve insuffisante en raison de l'hétérogénéité des paramètres (DOI).

Sur le syndrome myofascial cervical chronique, un essai randomisé de 100 patients compare l'acupuncture laser de faible intensité au dry needling, tous deux en complément de kinésithérapie. Les deux approches améliorent significativement la douleur, l'incapacité cervicale, l'amplitude et la qualité de vie, avec des cinétiques différentes. Pour un patient réticent aux aiguilles, l'équivalence est un argument sérieux (DOI).

Le contre-exemple est tout aussi instructif. Un essai en double aveugle contre sham sur 52 adultes souffrant de douleur chronique du trapèze, avec 8 séances de laser 808 nm à 16 J par point gâchette, ne trouve aucune différence sur la douleur, le nombre de points gâchettes ou la température cutanée. Les deux groupes s'améliorent de façon cliniquement pertinente. Seule la fonction cervicale progresse significativement dans le bras laser (DOI).

Un essai pilote randomisé à trois bras explore la neuropathie diabétique périphérique, avec 26 participants répartis entre PBM locale, PBM associée à l'irradiation intravasculaire du sang et sham. L'indication répond mal aux médicaments, ce qui justifie de suivre ce travail (DOI). Un autre protocole est à surveiller. Publié dans BMJ Open, cet essai multicentrique en triple aveugle prévoit 86 adultes souffrant de douleur chronique non spécifique du genou, traités 12 fois en 4 semaines. Le dispositif combine un laser super-pulsé 905 nm, des LED 850 nm, des LED 640 nm et un champ magnétique statique (DOI).

Sur l'articulation temporo-mandibulaire, une revue systématique PRISMA de 18 essais et 871 patients conclut que les interventions non pharmacologiques, dont la thérapie laser de faible intensité, produisent des améliorations plus constantes et plus durables que les médicaments, dont le bénéfice s'estompe au-delà de 4 à 6 semaines (DOI). Une étude comparative montre par ailleurs que la LLLT en adjuvant de l'arthrocentèse fait mieux que l'arthrocentèse seule sur la douleur et la mobilité mandibulaire (DOI).

Deux résultats plus larges méritent d'être cités. Une cohorte contrôlée de 216 patients atteints de pathologies musculo-squelettiques dégénératives rapporte une amélioration multidomaine avec PBM plus rééducation structurée, et un décalage favorable d'environ 3 ans de l'âge fonctionnel ; l'absence de bras monothérapie empêche d'attribuer l'effet à la lumière seule (DOI). À l'inverse, une revue systématique de 4 essais et 473 femmes conclut que les données sont insuffisantes pour recommander la PBM en routine après césarienne, avec une certitude faible à très faible (DOI).

La série la plus intéressante vient de la réanimation cardiaque. Sur 264 patients opérés par sternotomie, 80 ont reçu de la lumière rouge dans les deux heures suivant l'admission en soins intensifs, 184 servant de témoins. L'incidence de douleur aiguë tombe à 38,8 % contre 57,1 % (p < 0,05), les scores CPOT baissent et la consommation d'opioïdes rapportée au poids diminue significativement. Aucune différence en revanche sur le drainage postopératoire ni sur les troubles de cicatrisation. L'analyse est rétrospective et monocentrique, avec un groupe contrôle non randomisé issu de la même période de recrutement, mais l'épargne morphinique après chirurgie cardiaque est un critère qui compte. Wang Y et al., Pain Research and Management (DOI 10.1155/prm/5561041)

À l'opposé, une revue systématique avec méta-analyse de la photobiomodulation associée à l'exercice dans la fibromyalgie ne trouve d'effet sur aucun critère : seuil de douleur à la pression (différence moyenne -0,36 ; p = 0,54), intensité de la douleur (1,07 ; p = 0,32), test de marche de 6 minutes (-81,92 ; p = 0,30), questionnaire FIQ (p = 0,65), score BDI (p = 0,78), qualité de vie SF-36 (p = 0,40). L'hétérogénéité atteint 95 %, ce qui reflète surtout des protocoles trop disparates pour être additionnés. Macena RL et al., British Journal of Pain (DOI 10.1177/20494637261471068)

Une étude pilote monobras a par ailleurs exposé 40 adultes à un panneau LED corps entier 630, 660, 830 et 850 nm, 20 minutes, dix séances. La charge douloureuse totale, estimée a posteriori et non mesurée directement, l'échelle n'ayant pas été répétée à l'identique après traitement, passe d'une médiane de 6,0 à 3,5 (p < 0,001), et 35 des 38 répondants (92,1 %) rapportent une amélioration globale. Sans groupe contrôle, sur des critères déclaratifs et avec un score final estimé, l'effet placebo n'est pas séparable de l'effet du traitement : nous citons ce travail pour la faisabilité, pas pour l'efficacité. Scoz RD et al., Photobiomodulation, Photomedicine and Laser Surgery (DOI 10.1177/25785478261481618)

En douleur neuropathique expérimentale, une photobiomodulation à 904 nm débutée au quatorzième jour après constriction chronique du nerf sciatique chez le rat restaure les niveaux de facteur de croissance nerveuse et augmente l'expression de la protéine P0 de la myéline. Ni p ni dose en J/cm² ne sont fournis. Oliveira ME et al., Current Issues in Molecular Biology (DOI 10.3390/cimb48080806)

Oncologie et soins de support

Le résultat le plus solide de la période en soins de support vient d'un essai de phase II, randomisé, en double aveugle et contrôlé par laser sham. Cinquante-trois patients atteints d'hémopathie maligne et traités par méthotrexate à haute dose ont été répartis entre photobiomodulation (n = 26) et placebo (n = 27). À 96 heures, la mucite ulcérée de grade 2 ou plus touche 11,5 % du groupe traité contre 51,9 % du groupe placebo, soit une réduction du risque relatif de 77,7 % et un nombre de sujets à traiter de 2 (p < 0,01). Le groupe placebo présentait un odds 8,97 fois plus élevé de mucite sévère. Les auteurs relèvent par ailleurs que le méthotrexate sérique n'était pas associé à la survenue de la mucite, alors que le méthotrexate salivaire augmentait de façon disproportionnée et corrélait indépendamment à la sévérité, ce qui en ferait un biomarqueur à valider. Rodrigues-Oliveira L et al., Oral Diseases (DOI 10.1111/odi.70381)

L'essai POMFITT va dans le même sens sur une autre population et avec un comparateur moins exigeant, les soins standard et non un laser sham. Chez 30 patients greffés de cellules souches hématopoïétiques, avec un laser diode 660 et 808 nm délivrant 2 J sur 20 points, la mucite orale sévère touche 0 % du groupe PBM contre 26,6 % en soins standard (p = 0,032), avec une excellente acceptabilité. Aucun effet n'a en revanche été démontré sur la fonction physique (DOI).

Un protocole randomisé de non-infériorité pose une question très concrète : peut-on remplacer la PBM intrabuccale par une application transcutanée ? Cinquante-quatre patients traités par radiothérapie de 60 à 70 Gy seront répartis entre 660 nm en intrabuccal sur 44 points et 808 nm en transcutané sur 32 points. Le temps d'application passerait de 440 à 80 secondes, ce qui changerait la faisabilité en routine hospitalière (DOI).

Une revue narrative sur la réadaptation oncologique classe la PBM parmi les modalités les mieux étayées, aux côtés de la TENS et de l'électrostimulation neuromusculaire, en insistant sur la dosimétrie individualisée (DOI). Une analyse bibliométrique des 100 articles les plus cités entre 1993 et 2025 confirme que la mucite orale reste l'application la plus mature du champ, portée par les États-Unis et le Brésil (DOI).

Deux publications tempèrent l'enthousiasme. Dans un modèle murin de cancer du sein triple négatif, l'ajout d'une séance unique de laser rouge à une nanobrachythérapie à l'or n'apporte aucun bénéfice thérapeutique supplémentaire (DOI). Et une revue consacrée à la dysfonction salivaire rappelle que la réponse à la PBM dépend de la cause : Sjögren, toxicité chimio-induite, atteinte radio-induite et hyposialie médicamenteuse ne se comportent pas de la même façon, et une amélioration symptomatique peut survenir sans normalisation du flux salivaire (DOI).

Une publication de cette période n'apporte pas de nouvelle donnée clinique : elle réexamine les anciennes. Cinq études régulièrement citées comme preuves que la photobiomodulation stimulerait les tumeurs ont été reprises sous l'angle dosimétrique. Aucune n'avait caractérisé la distribution spatiale de puissance du faisceau. Dans quatre cas sur cinq, les expositions se situaient hors de la fenêtre photobiologique thérapeutique d'après les paramètres déclarés par les auteurs eux-mêmes : températures de surface atteignant 55 °C et localement 71 °C, coagulation et nécrose allant jusqu'à la paralysie et la mort des animaux, irradiances environ 25 fois supérieures aux irradiances cliniques. La cinquième, une xénogreffe, employait une dose dans la fenêtre thérapeutique mais un hôte immunodéficient ; une sixième étude du même groupe, même appareil à irradiance thérapeutique, rapportait un bénéfice. Cronshaw M et al., Biomedicines (DOI 10.3390/biomedicines14081859)

Autrement dit, une partie de la littérature qui alimente la crainte d'une stimulation tumorale décrit en réalité des brûlures. Cela ne clôt pas la question de la sécurité oncologique, qui reste ouverte et légitime, mais cela déplace la charge de la preuve.

Côté clinique, une série de neuf patients oncologiques présentant une infection orale à Pseudomonas aeruginosa confirmée par culture rapporte une résolution complète chez les neuf, avec un délai médian de cicatrisation de 5 jours. Le protocole associe thérapie photodynamique antimicrobienne, photobiomodulation et antibiothérapie systémique : la part propre de la photobiomodulation n'est pas isolable. Gobbi MF et al., Einstein São Paulo (DOI 10.31744/einstein_journal/2026AO2422)

Enfin, quatre patients en myélome multiple traités par talquetamab et recevant une photobiomodulation 660 et 808 nm en concomitance ont tous développé une dysgueusie, dont deux avec agueusie complète, et une xérostomie. Aucune mucite orale et aucun arrêt de traitement pour toxicité orale. Sur quatre cas non contrôlés, aucune conclusion d'efficacité n'est possible, et les auteurs ne la revendiquent pas. Ferreira MH et al., Supportive Care in Cancer (DOI 10.1007/s00520-026-11133-8)

Rappelons ce qui ne change pas : en cancérologie, la photobiomodulation intervient en soin de support et jamais comme traitement de la tumeur.

Neurologie et cognition

La publication la plus citable de l'été en neurologie est une méta-analyse en réseau bayésienne portant sur 35 essais randomisés et 1 559 patients atteints de maladie d'Alzheimer. Elle compare PBM, stimulation transcrânienne à courant direct et stimulation magnétique transcrânienne répétitive. La PBM obtient les effets estimés les plus élevés sur le MMSE (différence moyenne 3,14 ; IC crédible 95 % 1,71 à 4,60) et sur l'ADAS-Cog (-8,01 ; -12,82 à -3,13), avec une faisabilité et une sécurité comparables. Sa supériorité sur la rTMS n'est établie que sur l'ADAS-Cog (-5,24 ; -10,23 à -0,12) : sur le MMSE, la comparaison manque de peu la significativité (1,57 ; -0,02 à 3,18). Les auteurs rappellent que ces effets reposent en grande partie sur des comparaisons indirectes (DOI).

Côté mécanismes, un travail publié dans Brain sur des souris APP/PS1 et 3xTg montre que la PBM réduit l'infiltration corticale de lymphocytes T CD8+ et la neuroinflammation, avec amélioration cognitive, en inhibant l'inflammasome NLRP3 microglial et en rééquilibrant la diaphonie entre microglie, astrocytes et lymphocytes T (DOI). Dans un modèle de type Alzheimer sporadique chez le rat, une stimulation LED pulsée à 40 Hz inverse les déficits cognitifs, augmente le BDNF et réduit la caspase-3 (DOI).

Le volume 189 de International Review of Neurobiology, indexé mi-août, consacre plusieurs chapitres à la lumière rouge et proche infrarouge appliquée au cerveau. Hamblin y fait la synthèse sur le traumatisme crânien, des mécanismes mitochondriaux aux modulations du réseau du mode par défaut observées en IRM fonctionnelle (DOI). Johnstone et Gordon défendent la photobiomodulation à distance, où irradier une zone du corps produit des bénéfices sur des tissus éloignés, par analogie avec le conditionnement ischémique à distance (DOI). Dole compare la PBM transcrânienne aux autres neurostimulations non invasives dans le vieillissement cérébral et identifie comme verrou principal la quantification de l'énergie qui atteint réellement la cible (DOI). Valverde et ses coauteurs ouvrent une piste dans la sclérose latérale amyotrophique, en soulignant l'intérêt d'un traitement débuté tôt (DOI).

Une série observationnelle mérite d'être lue avec ses limites en tête : sept patients parkinsoniens ont utilisé une PBM transcrânienne quotidienne pendant 6 à 34 mois, la plupart avec des dispositifs artisanaux. Patients, conjoints et cliniciens rapportent une amélioration de la fatigue, du sommeil, de l'apathie, de l'humeur, de la concentration et de l'olfaction, sans effet indésirable. Il n'y a pas de groupe contrôle, et l'ancienneté du suivi ne compense pas cette absence (DOI).

Sur la moelle épinière, deux travaux se répondent. Une analyse par spectroscopie Raman après contusion médullaire chez le rat montre qu'une PBM 808 nm sur 14 jours stabilise le microenvironnement biochimique en amont de la lésion, préserve l'intégrité protéique et atténue le désordre lipidique lié à la dégradation de la myéline (DOI). Et dans Advanced Science, des vésicules extracellulaires issues de microglies traitées par PBM 850 nm servent à délivrer UFL1 : chez le rat, elles réduisent la cicatrice gliale et améliorent la régénération axonale et la récupération motrice (DOI). Une revue de translation clinique complète le tableau en listant ce qui manque encore : dosimétrie claire, données sur grands animaux, dispositif de grade clinique (DOI).

La publication la plus lourde de ces deux mois en neurologie est une méta-analyse en réseau bayésienne sur la maladie d'Alzheimer : 6 450 références criblées, 91 essais randomisés retenus, 12 242 participants, cinq interventions comparées entre elles. La photobiomodulation et la stimulation magnétique transcrânienne répétée ressortent significativement bénéfiques sur la fonction cognitive, la pharmacothérapie et la thérapie cognitive sur les activités de la vie quotidienne, la thérapie cognitive et l'exercice sur la qualité de vie. Réserve importante : le résumé ne fournit aucune taille d'effet, aucun intervalle de crédibilité et aucun classement SUCRA. Savoir qu'un effet est significatif sans savoir s'il vaut deux points de MMSE ou une demi-déviation standard ne permet pas de décider grand-chose. Gao F et al., iScience (DOI 10.1016/j.isci.2026.117250)

Sur la lésion médullaire, une étude randomisée chez le rat livre un résultat inattendu. La photobiomodulation à 660 nm et le polyéthylène glycol, testés seuls ou en association, donnent chez les mâles de meilleurs résultats en monothérapie qu'en combinaison. Chez les femelles, la photobiomodulation réduit l'apoptose et les deux monothérapies réduisent l'activation microgliale. Le dimorphisme sexuel est net, ce qui est rarement documenté dans ce champ. Mojarad N et al., Lasers in Medical Science (DOI 10.1007/s10103-026-05013-0)

Une revue clinique sur les séquelles d'accident vasculaire cérébral fait le point sur la photobiomodulation transcrânienne dans les troubles cognitifs et l'aphasie, et sur la photobiomodulation périphérique dans la spasticité et la douleur du membre parétique. Les auteurs concluent à des signaux positifs mais à des preuves cliniques encore limitées. Ren C et al., Frontiers in Neurology (DOI 10.3389/fneur.2026.1859831)

Santé bucco-dentaire

C'est le domaine le plus fourni de la période, et il contient le plus gros effectif clinique de l'été. Un essai randomisé en simple aveugle a inclus 272 adultes recevant un implant unitaire, avec irradiation quotidienne par laser diode 810 nm pendant les cinq jours postopératoires. La LLLT réduit la douleur à tous les temps de suivi, de 0,35 à 1,21 point, et améliore les indices de cicatrisation et de saignement. Le fluide créviculaire contient durablement moins de TNF-α et davantage de VEGF, et la perte osseuse marginale est inférieure de 0,07 à 0,22 mm après le septième jour (DOI).

En pédiatrie, un essai en bouche divisée chez 18 enfants après extraction de molaires temporaires rapporte un score de cicatrisation supérieur à J7 (médiane 5,00 contre 4,00, p = 0,002) et surtout aucune prise d'antalgique dans le groupe PBM 660 nm contre 33,3 % sous placebo (DOI). Une étude prospective sur 24 patients après dépigmentation gingivale chirurgicale montre une surface résiduelle médiane deux fois plus faible à J7 sur les sites traités (0,35 contre 0,72 mm², p < 0,001), avec une épithélialisation complète partout à J15 (DOI).

Une méta-analyse de 15 essais consacrés au lichen plan buccal trouve une réduction légère de la douleur par rapport au traitement pharmacologique conventionnel, sans effet sur la sévérité ni sur l'anxiété. En revanche, les cicatrisations muqueuses complètes sont plus fréquentes et les récidives moins nombreuses dans les formes érosives. Aucun effet indésirable n'a été rapporté (DOI).

Les résultats négatifs sont nombreux et il serait malhonnête de les passer sous silence. Un essai en double aveugle sur 36 patients opérés d'une chirurgie endodontique ne montre aucune différence sur la douleur à 24 heures, la consommation d'antalgiques, l'ecchymose ou l'œdème, mais une cicatrisation des tissus mous significativement meilleure à 7 jours (p = 0,013) (DOI). Un essai pilote en bouche divisée sur 27 patients après élongation coronaire esthétique ne trouve aucun bénéfice de la PBM 660 nm à 30 J, ni sur la cicatrisation ni sur la douleur (DOI). Un essai à trois bras sur 90 patients après traitement endodontique en une séance ne départage ni la PBM 940 nm ni la cryothérapie intracanalaire de l'irrigation saline, tous les groupes atteignant une douleur nulle à J7 (DOI). Enfin, une étude pilote en bouche divisée sur 6 patients parodontaux ne détecte aucune modification du microbiote de la plaque après six mois de PBM mensuelle, ce qui limite sérieusement les allégations antibactériennes (DOI).

Une comparaison rare mérite l'attention : chez 87 patients porteurs de fentes labio-palatines, soit 104 sites greffés, la PBM locale à 880 nm produit 80 % de classes Chelsea favorables contre 45 % pour le contrôle, alors que la PBM vasculaire appliquée sur l'artère radiale à 660 nm plafonne à 37,5 % et ne se distingue pas du contrôle (DOI). L'irradiation locale garde une longueur d'avance sur l'irradiation systémique.

En orthodontie, une umbrella review de 20 revues systématiques conclut à des preuves de faible certitude sur l'accélération du déplacement dentaire, une légère réduction de la résorption radiculaire et un soulagement de la douleur à court terme, sans recommandation d'usage de routine (DOI). Une revue consacrée aux aligneurs cite des durées moyennes de traitement de 528 jours sous PBM contre 719 jours chez les témoins, soit une réduction de 26,6 %, avec des longueurs d'onde de 780 à 830 nm et sans différence de volume radiculaire au CBCT (DOI). Un essai en bouche divisée sur 96 patients montre qu'à énergie constante de 60 J, un réglage pulsé à 15 Hz offre la meilleure analgésie, et que fréquence et effet antalgique ne sont pas corrélés linéairement (DOI). Une revue systématique de 5 essais et 178 mini-implants trouve un signal favorable sur la stabilité dans 3 études sur 5, avec une hétérogénéité de longueur d'onde allant de 618 à 940 nm (DOI).

Signalons aussi un essai à quatre bras sur 72 patients comparant PBM seule, PRF, association des deux et contrôle pour la préservation alvéolaire, avec des doses précisément rapportées de 2 et 6 J/cm², ce qui en fait un protocole reproductible (DOI).

Un essai randomisé contre sham a comparé 660 nm à 17,26 J/cm² et 808 nm à 33,16 J/cm² sur le marqueur inflammatoire S100A8/A9 dans la pulpite irréversible symptomatique. Les augmentations sous photobiomodulation sont numériquement supérieures au sham, davantage à 660 nm chez les patients âgés, mais sans atteindre la significativité statistique. Avec 14, 13 et 8 patients par bras, l'essai n'avait de toute façon pas la puissance nécessaire. Zhu M et al., Lasers in Medical Science (DOI 10.1007/s10103-026-05006-z)

Sur les fibroblastes gingivaux et parodontaux de patients diabétiques mal équilibrés, avec une HbA1c supérieure à 8, un laser diode 940 nm à 0,1 W montre un profil de dose contre-intuitif : la viabilité est significativement plus élevée après trois expositions à 4 J, mais sur les seuls fibroblastes gingivaux, alors que la prolifération est meilleure à 2 J sur les deux types cellulaires. La fermeture de plaie in vitro est accélérée à 12 et 24 heures dans tous les groupes irradiés. Bakshi PV et al., Journal of Indian Society of Periodontology (DOI 10.4103/jisp.jisp_18_25)

Sur cellules souches de dents temporaires exfoliées, la comparaison entre 660 nm à 25 mW et 940 nm à 100 mW, à 1 et 2 J/cm², donne l'avantage au proche infrarouge : le 940 nm augmente la prolifération à 24 et 72 heures, et reste le seul significativement supérieur au témoin à 72 heures. À 24 heures, tous les groupes irradiés améliorent la viabilité sauf le 660 nm à 2 J/cm². Rahimpour S et al., Frontiers in Dentistry (DOI 10.18502/fid.v23i7.21236)

Enfin, un travail sur le conditionnement de la dentine radiculaire montre que toutes les longueurs d'onde testées augmentent la libération de TGF-bêta 1 par rapport au témoin négatif, avec un maximum pour le Nd:YAG pulsé à 60 J/cm², et une activité phosphatase alcaline à 7 jours significativement augmentée, sans cytotoxicité. On est ici à la frontière entre photobiomodulation et conditionnement de surface. Mokhtari H et al., Lasers in Medical Science (DOI 10.1007/s10103-026-04971-9)

Cicatrisation et plaies chroniques

Le British Journal of Nursing a publié début août un triptyque consacré à la PBM en soins de plaies : un article sur les paramètres et la sécurité (DOI), une synthèse mécanistique sur la modulation des espèces réactives de l'oxygène et le déplacement de l'oxyde nitrique de la cytochrome c oxydase (DOI), et une série de quatre cas couvrant des ulcères de jambe difficiles à cicatriser et des fibroses radio-induites, avec un suivi allant jusqu'à 19 mois (DOI). Une précision d'honnêteté : l'auteur du premier article est directeur scientifique d'un fabricant de dispositifs PBM.

Sur les ulcères du pied diabétique, une étude observationnelle prospective menée dans un service public de Rio de Janeiro suit 11 patients et 15 ulcères. Dans le bras LLLT, 5 ulcères sur 9 ont cicatrisé complètement et 4 se sont améliorés, sans aggravation, contre 1 cicatrisation complète sur 6 dans le bras conventionnel. Le design observationnel et l'effectif interdisent toute inférence causale, mais les données de vie réelle restent rares sur cette indication (DOI). Un essai randomisé sur 40 patients teste par ailleurs l'oxygénothérapie hyperbare suivie de luminothérapie polarisée sur l'ulcère neuropathique du pied (DOI), et un protocole brésilien évaluera l'association d'un extrait de Terminalia fagifolia et d'une PBM GaAs 904 nm à 10 J/cm² chez 102 patients (DOI).

En régénération osseuse, un modèle de défaut calvarial chez 30 rats montre un effet additif net : à 42 jours, la néoformation osseuse atteint 26,64 % avec biomatériau, fibrine et PBM 830 nm, contre 20,05 % sans PBM et 14,85 % avec le biomatériau seul, avec passage à une architecture lamellaire mature (DOI).

Sur la cornée, une PBM 830 nm appliquée toutes les 12 heures après brûlure alcaline chez le rat accélère la fermeture épithéliale, réduit l'opacité cornéenne à une semaine (p = 0,029), fait chuter IL-1β, IL-6 et TNF-α à 48 heures et augmente l'expression des Rho-GTPases RhoA et RhoC en phase précoce (DOI).

Deux travaux à part. Un revêtement vasculaire libérant du monoxyde d'azote sous lumière rouge réduit l'hyperplasie intimale après angioplastie par ballonnet mieux que la PBM seule (DOI). Et un essai vétérinaire avec contrôle intra-plaie chez 15 chiens et chats ne trouve aucune différence significative de la biomodulation par fluorescence sur la réduction de surface, l'histologie ou l'angiogenèse : un rappel que toutes les technologies lumineuses ne se valent pas et qu'il faut les distinguer les unes des autres (DOI).

Enfin, un article de pratique clinique décrit l'usage de la PBM rouge et proche infrarouge dans les traumatismes du mamelon et les états inflammatoires du sein allaitant, avec une innovation menée par deux infirmières consultantes en lactation en Irlande (DOI). Un essai pilote brésilien en double aveugle sur 58 accouchées confirme la faisabilité d'un essai à plus grande échelle sur cette indication, sans résultat d'efficacité à ce stade (DOI).

Une revue critique intégrative sur les plaies chroniques propose une fenêtre de paramètres qui vaut d'être notée, parce qu'elle est rarement énoncée aussi explicitement : 450 à 950 nm, 2 à 20 J/cm², 10 à 500 mW/cm², en mode continu, pulsé ou superpulsé. Yadav D, Gupta A, Biochimie (DOI 10.1016/j.biochi.2026.08.017)

Un résultat négatif est venu de la chirurgie plastique. Trente et une patientes opérées d'une abdominoplastie, réparties de façon non randomisée entre PBM (n = 15) et contrôle sans sham (n = 16), séance unique de laser 808 nm à 100 mW et 3 J par point avant la sortie : ni le TNF-alpha, ni l'IL-10, ni les nitrites salivaires, ni les scores de douleur ne bougent. La seule variation observée, une baisse des TBARS à 48 heures, disparaît après ajustement. Une séance unique après une chirurgie lourde était probablement une dose trop faible pour espérer quoi que ce soit. Araujo CLK et al., Lasers in Medical Science (DOI 10.1007/s10103-026-05007-y)

Dermatologie et esthétique

Un consensus Delphi latino-américain à trois tours, réunissant 22 dermatologues sur 23 scénarios cliniques de chéloïdes et cicatrices hypertrophiques, retient la photothérapie de bas niveau parmi les options de première intention pour les cicatrices précoces et inflammatoires, dans des populations à phototypes élevés, et privilégie systématiquement les thérapies combinées (DOI). C'est une reconnaissance formelle dans un algorithme, même si aucun paramètre n'est spécifié.

Sur le versant mécanistique, la lumière rouge à 650 nm appliquée après exposition UV-A restaure partiellement la viabilité des fibroblastes dermiques humains, augmente l'expression du collagène de type I et réduit l'apoptose (DOI). Dans Advanced Materials, un patch souple convertissant la lumière ambiante en émission rouge favorise la prolifération fibroblastique et la fermeture de plaie sans source lumineuse externe, avec une étude sur peau faciale montrant une amélioration de la récupération viscoélastique après une seule séance (DOI).

Un cas clinique rapporte une amélioration d'une alopécie fibrosante en distribution androgénétique résistante aux traitements sous photothérapie de faible intensité utilisée à domicile ; l'abstract PubMed ne fournit aucun chiffre (DOI). Une revue sur les dispositifs lumineux dans l'acné situe la PBM comme un bénéfice modéré dans les formes légères (DOI). Un cadre méthodologique reliant physique du laser et critères cliniques selon le phototype de Fitzpatrick complète utilement la boîte à outils des praticiens (DOI).

Ophtalmologie

L'argument médico-économique le plus fort de l'été vient d'une analyse coût-efficacité de LIGHTSITE III à 24 mois, en perspective payeur américain. Le rapport coût-efficacité incrémental s'établit à 73 910 dollars par QALY, sous les seuils de 100 000 et 150 000 dollars, porté par une réduction relative de 71,7 % de l'atrophie géographique incidente (DOI).

Chez l'enfant, une méta-analyse de 18 articles et 2 438 participants confirme que la lumière rouge répétée de faible niveau réduit l'élongation axiale de 0,26 mm en moyenne (IC 95 % -0,34 à -0,18) et protège la progression réfractive de 0,60 D (IC 95 % 0,42 à 0,78), avec une hétérogénéité très élevée (I² supérieur à 97 %) (DOI). Une étude rétrospective sur 158 enfants la compare au renforcement scléral postérieur dans la myopie forte et très forte (DOI), et une revue de portée recense 45 études pédiatriques de 400 à 1 100 nm, majoritairement en contrôle de la myopie (DOI).

Il faut lire ces chiffres avec les signaux de sécurité qui les accompagnent. JAMA Ophthalmology rapporte la survenue de liquide sous-rétinien après lumière rouge répétée (DOI). Une mise au point sur l'efficacité et la sécurité relève une hyperréflectivité fovéale transitoire, des anomalies kystoïdes en OCT et des modifications à l'électrorétinogramme multifocal, sans dommage irréversible rapporté à ce jour, et réclame un suivi long (DOI). Une revue narrative sur la pré-myopie recommande explicitement la prudence chez l'enfant tant que le profil de sécurité n'est pas mieux établi (DOI). Nous ne voyons pas de raison d'adoucir ce message.

Sur la surface oculaire, un essai randomisé en double aveugle chez 58 patients montre que la LLLT ajoutée à la lumière pulsée intense augmente durablement l'épaisseur du film lipidique, avec 10,3 nm de plus à 24 semaines, sans bénéfice symptomatique supérieur (DOI). Un effet structurel mesurable ne se traduit pas toujours par un gain ressenti.

Le résultat le plus net de la période en ophtalmologie vient de Chine. Il ne s'agit pas d'un essai randomisé, mais d'une étude comparative avec appariement par score de propension. Une équipe y a inclus 216 enfants de 7 à 12 ans non encore myopes, dont 192 ont terminé les douze mois de suivi, répartis entre lumière rouge répétée de faible intensité et atropine à 0,01 %. Les pourcentages qui suivent portent sur ces 192 enfants. Les deux bras reçoivent donc un traitement destiné à empêcher l'apparition de la myopie, l'atropine à faible dose étant aujourd'hui la référence. À un an, 13,3 % des enfants sous lumière rouge ont déclaré une myopie, contre 30,7 % sous atropine, soit 17,4 points de moins (IC95% 5,2 à 28,1 ; p = 0,028) en faveur de la lumière rouge. Après appariement de 69 paires, l'écart reste identique (11,6 % contre 29,0 % ; p = 0,038). L'équivalent sphérique progresse de +0,08 D contre -0,49 D (différence -0,57 D ; p < 0,001) et la longueur axiale de 0,02 mm contre 0,29 mm (p < 0,001). Aucun effet indésirable n'a été rapporté sous lumière rouge, contre 19,7 % de photophobie sous atropine. Ma X et al., Photodiagnosis and Photodynamic Therapy (DOI 10.1016/j.pdpdt.2026.105624)

Ce n'est pas un essai randomisé, et l'appariement par score de propension ne remplace pas une randomisation. La réserve sur la sécurité rétinienne à long terme chez l'enfant, déjà formulée plus haut, reste entière.

Côté surface oculaire, une cohorte rétrospective de 20 femmes ménopausées atteintes de sécheresse oculaire modérée a utilisé un masque LED du commerce, 20 minutes un jour sur deux pendant trois semaines. L'osmolarité lacrymale (p < 0,001), le temps de rupture du film lacrymal (p = 0,001) et le score OSDI (p < 0,001) s'améliorent ; le test de Schirmer, lui, ne bouge pas (p = 0,29). Vingt patientes sans groupe témoin, cela reste un signal, pas une preuve. Scuderi L et al., International Ophthalmology (DOI 10.1007/s10792-026-04219-z)

Une revue narrative sur le sauvetage des photorécepteurs rappelle par ailleurs le seul fait réglementaire dur du domaine : l'autorisation De Novo accordée par la FDA en 2024 au système Valeda pour la DMLA sèche. Toro MD et al., Antioxidants (DOI 10.3390/antiox15081034) À l'inverse, une mise au point sur les pathologies pachychoroïdiennes conclut que les preuves actuelles ne justifient pas l'usage de routine de la photobiomodulation dans ce spectre. Kayabasi M et al. (DOI 10.51329/mehdiophthal1544)

Sport, récupération et mécanismes cellulaires

Deux publications refroidissent les promesses de gain de performance. Une méta-analyse de 11 essais randomisés conclut que la PBM ajoutée à l'entraînement en résistance chez les seniors n'améliore pas significativement la force maximale (SMD 0,26, non significatif), tout en laissant ouverte la question de la récupération et de la fatigue chez les populations fragiles (DOI). Un essai contrôlé contre placebo chez 30 adultes sains, avec 830 nm et 300 J par membre, ne trouve aucun effet global sur la proprioception de cheville après fatigue ; seule une interaction exploratoire suggère un bénéfice chez les sujets à instabilité perçue élevée (DOI).

Une lettre commentant l'essai de Costa et ses collègues sur l'asthme difficile à contrôler résume bien la situation : l'association entraînement en résistance et PBM améliore la force périphérique et la capacité d'exercice, mais pas la fonction pulmonaire ni le contrôle de l'asthme, et l'essai ne comportait pas de bras PBM seule (DOI).

Sur le versant préclinique, un essai contrôlé chez 16 lapins avec myonécrose induite par bupivacaïne montre des scores de dystrophie plus bas dans le groupe laser 810 nm (p = 0,039), une infiltration inflammatoire réduite à J6 (p = 0,011) et des créatine kinases sériques nettement inférieures à J3 (1 560 contre 4 500 UI/L) et J6 (1 090 contre 3 043 UI/L), avec apparition de myonoyaux centraux uniquement dans le groupe traité (DOI).

Deux revues de fond cadrent le discours mécanistique. Une synthèse dans Journal of Photochemistry and Photobiology B reprend l'absorption des photons entre 600 et 1 100 nm par la cytochrome c oxydase, la hausse d'ATP et la régulation des voies PI3K/Akt, MAPK et NF-κB, en soulignant le caractère bidirectionnel dose-dépendant et le besoin de standardisation (DOI). Une revue transversale dans Annals of Translational Medicine distingue explicitement usages cliniques validés, résultats exploratoires et recherche préclinique, et présente l'activation mitochondriale comme un mécanisme proposé dont la centralité dépend probablement de la modalité et du contexte (DOI). Cette nuance nous paraît importante : la mitochondrie explique beaucoup, mais elle n'explique pas tout.

Chow et Armati proposent l'explication la plus aboutie de l'effet antalgique direct, en désignant le segment initial de l'axone, site d'initiation du potentiel d'action, comme cible probable de la PBM sur les neurones des ganglions rachidiens et du ganglion trigéminal (DOI). Sur cellules endothéliales humaines, la PBM 660 nm augmente l'activité proliférative avec un effet maximal à 7,5 J/cm² et une viabilité supérieure à 95 % (DOI). Sur macrophages stimulés, l'association PBM 780 nm et dexaméthasone à 2 µM réduit davantage le TNF-α et l'IL-6 que la dexaméthasone seule, la dose de 4 µM se révélant moins efficace : une piste d'épargne cortisonique à surveiller (DOI).

Le résultat le plus dérangeant de la période vient des Pays-Bas. Douze sujets sains de 25 ans en moyenne ont reçu sur une jambe une séance unique de photobiomodulation, soit trois cycles de 5 minutes 16 secondes délivrant 5,6 kJ chacun, l'autre jambe servant de sham chez le même participant. La température cutanée monte bien dans la jambe traitée, de 8,0 ± 1,4 °C (p < 0,001) : la lumière a donc été délivrée. Mais la respiration mitochondriale maximale couplée aux complexes I et II ne diffère ni dans la peau (2,7 ± 0,8 contre 2,6 ± 0,7 pmol/s/mg de poids humide ; p = 0,66) ni dans le muscle (474 ± 114 contre 467 ± 81 pmol/s/mg de poids sec ; p = 0,71). La sensibilité mitochondriale à l'ADP ne bouge pas non plus (p = 0,14), et sur 91 gènes analysés, 3 seulement diffèrent entre les deux jambes. Aussieker T et al., Medicine and Science in Sports and Exercise (DOI 10.1249/MSS.0000000000004120)

Trois limites encadrent la lecture de ce résultat. Les auteurs posent eux-mêmes les deux premières dans leur conclusion : il s'agit d'une séance unique, alors qu'une cabine s'utilise en séances répétées, et la mesure est faite ex vivo, sur fibres musculaires perméabilisées et peau broyée, ce qui élimine par construction tout effet passant par la circulation ou par une réponse systémique. La troisième relève de la lecture : les participants sont jeunes et sains, donc avec peu de marge de progression mitochondriale. Le résumé ne fournit par ailleurs ni longueur d'onde ni irradiance, seulement l'énergie totale, ce qui empêche de vérifier que le protocole se situait dans la fenêtre thérapeutique.

Ce que l'essai établit est donc précis et limité : une exposition unique ne produit pas d'augmentation aiguë de la respiration mitochondriale chez le sujet jeune sain, sur tissu prélevé. Il ne dit rien de l'adaptation après plusieurs semaines de séances. Cela suffit néanmoins à fragiliser l'usage réflexe de la cytochrome c oxydase comme explication universelle : un mécanisme cité partout n'est pas pour autant démontré partout.

Sur le versant dosimétrique, une simulation par éléments finis sur un modèle de tête anatomiquement réaliste à résolution millimétrique donne un chiffre qui remet les choses en perspective : environ 0,05 % de la puissance optique incidente atteint la substance grise corticale. Quand la densité de puissance augmente, l'échauffement du scalp atteint 5,22 °C et celui du cerveau 0,49 °C, avec un effet de diffusion en halo dans le liquide céphalo-rachidien. La contrainte thermique cutanée arrive donc bien avant la contrainte cérébrale, ce qui plafonne mécaniquement les doses délivrables par voie transcrânienne. Liu X et al., Sheng Wu Yi Xue Gong Cheng Xue Za Zhi (DOI 10.7507/1001-5515.202512019)

Sur le versant immunitaire, un laser 808 nm appliqué in vitro à des cellules NK humaines et in vivo chez la souris à 10 J/cm² pendant 60 secondes, un jour sur deux pendant deux semaines, augmente les ROS et l'ATP intracellulaires, renforce la cytotoxicité NK avec surexpression de NKG2D, et fait baisser le CXCL1 et l'IL-12p40 sériques. Aucune valeur de p n'est donnée. Huyan T et al., Lasers in Surgery and Medicine (DOI 10.1002/lsm.70176)

Indications émergentes et outils

Un essai randomisé à trois bras chez des femmes ménopausées teste la PBM associée à l'entraînement des muscles du plancher pelvien contre PBM sham et entraînement isolé, sur 16 séances. La manométrie ne départage pas les groupes, mais le score total du Female Sexual Function Index est significativement supérieur avec PBM active par rapport au sham (différence moyenne 4,55, IC 95 % 0,57 à 8,52), avec une amélioration cliniquement significative de 3,06 points à l'ICIQ-SF (DOI).

Chez le rat diabétique, une PBM 808 nm appliquée en région rénale trois fois par semaine pendant six semaines améliore la clairance de l'inuline, réduit l'albuminurie et la créatinine sérique, augmente le débit sanguin rénal et abaisse la pression artérielle moyenne, sans différence histologique significative (DOI). Deux fillettes atteintes du syndrome de Hinman traitées par LED rouges 630 nm en sus-pubien voient leur résidu post-mictionnel chuter de 93,6 % et 59,6 % ; deux cas, sans dose rapportée, à traiter comme un signal exploratoire (DOI).

Une méta-analyse de 6 essais et 386 participants trouve une réduction des symptômes anxieux sous auriculothérapie laser (SMD -0,65, IC 95 % -1,17 à -0,13), mais l'effet disparaît quand on exclut les études à risque de biais élevé (SMD -0,35, IC 95 % -0,94 à 0,25) et la certitude est très faible à faible (DOI). À manier avec précaution.

Deux outils enfin. Dans PNAS, un jumeau numérique construit à partir de scanners humains réels modélise la dosimétrie lumineuse pulmonaire avec 12 types de tissus, et montre des variations importantes du dépôt d'énergie selon l'état du poumon : un plaidoyer pour la dosimétrie individualisée plutôt que pour les protocoles fixes (DOI). Et une batterie d'auto-évaluation validée pour la PBM transcrânienne recense les modérateurs de réponse, du phototype cutané aux propriétés capillaires en passant par le sommeil et la nicotine ; ses auteurs sont affiliés à un fabricant de casques, ce qu'il faut savoir avant de s'en servir (DOI).

Une étude prospective monobras chez des diabétiques de type 2 sous metformine rapporte, après photobiomodulation vasculaire sur l'artère radiale, des baisses aiguës de glycémie capillaire après chaque séance (de plus de 180 à 220 mg/dL vers 119 à 129 mg/dL ; p inférieur ou égal à 0,0019) et une baisse de la glycémie à jeun sur six semaines, de 161,40 à 130,40 mg/dL (p = 0,0339). L'HbA1c, elle, ne bouge pas (7,61 % contre 7,65 %), et c'est le critère qui compte. Sans groupe témoin, ces résultats restent exploratoires. Almeida LA et al., Lasers in Surgery and Medicine (DOI 10.1002/lsm.70192)

La médecine vétérinaire a livré deux essais contrôlés peu concluants. Sur 16 chiens militaires randomisés en photobiomodulation contre sham pour des plaies caudales, la surface de plaie n'évolue significativement dans aucun des deux groupes (PBM 0,6 ± 0,4 à 0,7 ± 0,4 cm² ; sham 1,3 ± 1,0 à 1,1 ± 0,7 cm²). La zone glabre péri-lésionnelle diminue dans les deux bras, sans différence entre eux (p = 0,077). L'imagerie thermique montrait par ailleurs un lit de plaie plus chaud que le tissu voisin (delta 2,8 ± 0,7 °C ; p < 0,001), signe d'une perfusion conservée, et non un contrôle de la dose délivrée. Fishelson Y et al., The Veterinary Journal (DOI 10.1016/j.tvjl.2026.106838) Un essai de terrain sur 129 vaches laitières en mastite subclinique ne trouve d'avantage au laser froid que chez les vaches à mastite aiguë contagieuse, sans effet significatif sur la récupération, la production laitière ni la survie. Shrestha B et al., Frontiers in Veterinary Science (DOI 10.3389/fvets.2026.1856042)

Un pilote multicentrique prospectif sur 22 chiens et 38 oreilles atteints d'otite externe rapporte, après cinq séances de photobiomodulation infrarouge bi-longueur d'onde, un prurit médian passant de 5,5 à 2 cm sur échelle visuelle et une prévalence de mauvaise odeur de 94 % à 54 %. La cytologie montre une baisse des scores de levures et de kératinocytes, alors que les cultures microbiologiques ne varient pas significativement. Aucune valeur de p n'est fournie, il n'y a pas de groupe contrôle, et les auteurs concluent à une association et non à une efficacité. Gesuete F et al., Animals (DOI 10.3390/ani16152372)

Pour la petite histoire, une analyse bibliométrique de 4 907 publications entre 2006 et 2025 chiffre la croissance annuelle du champ à 14,67 %, place Michael R. Hamblin en tête des auteurs et le Brésil en tête des pays producteurs avec 32,2 % du total (DOI).

Questions fréquentes

Une dose plus forte de photobiomodulation donne-t-elle un meilleur résultat ?

Non, et les travaux de juillet et août 2026 le montrent de plusieurs façons. Chez l'humain, une irradiance moyenne augmente le signal cérébral BOLD alors qu'une irradiance faible le diminue. En culture cellulaire, 9 J protègent, 30 J protègent partiellement et 60 J aggravent le stress oxydatif. La photobiomodulation obéit à une fenêtre thérapeutique, pas à une logique de dose croissante.

Quelles indications de la PBM sont les mieux établies aujourd'hui ?

La prévention de la mucite orale chez les patients traités pour un cancer reste l'application la plus mature, confirmée cet été par l'essai POMFITT avec 0 % de mucite sévère contre 26,6 % en soins standard. Viennent ensuite la douleur postopératoire en implantologie et en chirurgie muco-gingivale, la rééducation musculo-squelettique et la cicatrisation des plaies chroniques.

La lumière rouge est-elle sûre pour les yeux des enfants ?

Son efficacité sur le contrôle de la myopie est documentée, avec une réduction moyenne de l'élongation axiale de 0,26 mm. Mais plusieurs publications de l'été signalent des anomalies rétiniennes transitoires et un cas de liquide sous-rétinien. Aucun dommage irréversible n'a été rapporté à ce jour, et les auteurs recommandent la prudence et un suivi ophtalmologique chez l'enfant.

Comment la photobiomodulation agit-elle sur les cellules ?

L'explication la plus citée est mitochondriale : la lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, ce qui relance la production d'ATP. Un essai récent fragilise ce récit. Chez 12 sujets jeunes et sains, avec une jambe traitée et l'autre en sham, la respiration mitochondriale mesurée ex vivo sur biopsie de muscle et de peau ne diffère pas entre les deux jambes, alors même que la lumière a bien été délivrée. Attention toutefois à la portée : il s'agit d'une séance unique et d'une mesure aiguë, pas d'un protocole répété sur plusieurs semaines. Les effets cliniques observés par ailleurs ne disparaissent pas, mais le mécanisme demande à être précisé.

La photobiomodulation améliore-t-elle la force musculaire ?

Les données de l'été disent non pour la force maximale. Une méta-analyse de 11 essais chez des seniors ne trouve pas d'amélioration significative du 1RM avec la PBM ajoutée à l'entraînement en résistance. L'intérêt subsiste sur la récupération et la fatigue, pas sur le gain de force.

Ce qu'il faut retenir

Trois publications tirent le niveau de preuve vers le haut sur ces deux mois : la méta-analyse en réseau plaçant la PBM devant la rTMS dans la maladie d'Alzheimer, l'essai randomisé sur 272 patients en implantologie, et l'essai POMFITT sur la mucite orale. L'analyse coût-efficacité de LIGHTSITE III leur ajoute un argument d'un autre ordre, économique, qui pèsera dans les discussions de prise en charge.

Le reste de la période raconte une histoire plus sobre et plus utile. Les essais négatifs sont nombreux, et souvent bien conduits : douleur myofasciale du trapèze, élongation coronaire, microbiote parodontal, proprioception de cheville, force maximale chez le senior. Loin d'affaiblir le champ, ils le délimitent. Une technologie qui échoue quelque part est une technologie qu'on peut prendre au sérieux ailleurs.

Et le fil rouge tient en une phrase : ce qui distingue un protocole efficace d'un protocole inutile, ce n'est pas la puissance de l'appareil, c'est le réglage. Longueur d'onde, irradiance, énergie par point, nombre de séances. Tant que ces paramètres resteront aussi dispersés d'une étude à l'autre, les méta-analyses continueront de conclure à des preuves insuffisantes sur des indications où la PBM fonctionne pourtant.

Deux publications sortent du lot, dans des directions opposées. La prévention de la myopie de l'enfant par lumière rouge répétée devient l'indication la mieux documentée du champ, avec des écarts larges et cohérents entre tous les critères, incidence, réfraction et longueur axiale. Et l'explication mitochondriale, elle, vient de subir un revers sérieux en muscle humain.

Un dernier point mérite d'être noté, parce qu'il change la façon de lire la littérature ancienne. Une réanalyse dosimétrique montre qu'une partie des travaux servant à documenter la dangerosité de la méthode en oncologie décrivait en réalité des expositions à 55 voire 71 degrés, avec nécrose. Des brûlures, donc, et non de la photobiomodulation aux paramètres cliniques. La question de la sécurité oncologique reste ouverte, mais elle doit être reposée sur des bases correctes.

Pour en savoir plus sur nos dispositifs et notre approche de la photobiomodulation, rendez-vous sur bioledtherapy.com.

Sources : PubMed / NCBI. Les liens DOI renvoient vers les publications d'origine. Les résumés sont des synthèses indicatives ; il convient de se référer au texte intégral avant toute exploitation clinique ou communication. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit ; parlez-en à un professionnel de santé.

Notre actualité

Articles, conseils & découvertes similaires

Toutes les actualités
Recherche & innovations
Veille scientifique photobiomodulation - juin 2026
Notre synthese des 58 publications sur la photobiomodulation parues ou indexees en juin 2026. Au programme : la mucite orale confirmee par un essai randomise multicentrique, la PBM en tete pour la douleur des dysfonctions temporo-mandibulaires, et des pistes plus recentes en cognition, sommeil et presbytie.
Lire l’article
Recherche & innovations
Photobiomodulation et chimiothérapie : l'étude qui restaure la mémoire
Une étude du CHV de Valenciennes confirme que la photobiomodulation transcrânienne (casque Vielight Neuro Duo 4) restaure la mémoire après chimiothérapie : 93,5 % des patientes améliorées.
Lire l’article
Recherche & innovations
Veille scientifique photobiomodulation - Mai 2026
Notre veille scientifique de mai 2026 réunit 30 publications sur la photobiomodulation, dont plusieurs méta-analyses et essais randomisés. Tour d'horizon par domaine clinique : douleur, oncologie de support, neurologie, santé bucco-dentaire, sport, cicatrisation et ophtalmologie.
Lire l’article
Recherche & innovations
Veille scientifique PBM : 17 nouvelles publications en une semaine
17 publications scientifiques sur la photobiomodulation en une semaine : oncologie, douleur, dermatologie, neurologie et mécanismes cellulaires.
Lire l’article
Recherche & innovations
Veille scientifique photobiomodulation - Avril 2026
144 publications PubMed sur la photobiomodulation ont été indexées en avril 2026. Notre équipe a sélectionné 18 études cliniques marquantes en neurologie, oncologie de support, ophtalmologie, dentisterie, sport et gestion de la douleur.
Lire l’article