Photobiomodulation : ce qu’il faut retenir d’octobre 2026
En octobre 2026, PubMed a indexé 152 références sur la photobiomodulation. Nous en citons 76. Les résultats les mieux étayés concernent la mucite, les plaies chroniques et la dentisterie. Quatre études ne trouvent aucun effet.
La photobiomodulation (PBM) consiste à appliquer une lumière rouge ou proche infrarouge de faible intensité sur les tissus. Cette veille recense chaque mois les publications qui la concernent.
Mise à jour : 1er novembre 2026.
Les chiffres du mois
- 152 références indexées dans PubMed du 1er au 31 octobre 2026.
- 76 études citées, chacune avec son lien vers la publication d’origine.
- 4 études qui ne trouvent aucun effet de la PBM.
- 4 essais où la PBM fait moins bien qu’un comparateur actif.
- 12 essais de PBM enregistrés sur ClinicalTrials.gov, sans résultats publiés.
Trois constats
- La dentisterie et la neurologie dominent. 19 études citées sur 76 pour la dentisterie, 15 pour la neurologie. Beaucoup sont des revues ou des travaux précliniques.
- Les résultats nuls sont nombreux. Fractures de stress, lombalgie chronique, douleur après césarienne et douleur périnéale.
- Certains comparateurs font mieux. Spray d’acide hyaluronique, gel d’apitoxine, ondes de choc et antibiotique.
Nous gardons tout cela dans la liste. Un champ qui ne publie que des bonnes nouvelles n’est pas crédible.
Au sommaire
Oncologie et soins de support : la mucite en tête
En cancérologie, la PBM intervient en soin de support. Elle ne traite pas le cancer.
Mucite de l’enfant : 30 secondes contre 6 minutes
Une étude pédiatrique compare deux façons d’appliquer la lumière. Elle porte sur 155 enfants et adolescents sous méthotrexate à haute dose (leucémie, lymphome, ostéosarcome).
- Mucite : 41,1 % avec l’application intra-buccale, 30,5 % avec l’application extra-buccale (p = 0,168).
- Durée de séance : environ 6 minutes contre 30 secondes.
- Dosimétrie identique : 660 nm, 100 mW, 1 J par point.
- Douleur médiane : 0 dans les deux groupes.
Les résultats sont comparables, mais l’application extra-buccale est bien plus rapide. L’étude compare deux modes d’application, pas la PBM à un placebo (DOI).
Cancers de la tête et du cou
Une cohorte rétrospective suit 117 patients en radio-chimiothérapie avec PBM concomitante. En fin de traitement :
- 38,5 % de mucites de grade 2-3.
- 25,6 % de radiodermites de grade 2-3.
- Avec au moins 10 séances (72 patients), moins d’odynophagie de grade 2-3 : 16,7 % contre 42,2 % (p = 0,005).
- Avec au moins 10 séances, moins de dysphagie persistante au dernier suivi : 12,5 % contre 33,3 % (p = 0,009).
Limite : l’étude est rétrospective et sans groupe contrôle strict. La comparaison avec les cohortes historiques reste indicative (DOI).
Revues et travaux précliniques
- Biophotonique en santé buccale. Une revue du Journal of the American Dental Association place la PBM parmi les applications les mieux étayées. Elle porte une recommandation de niveau guideline pour la prévention de la mucite buccale. Les deux autres applications jugées cliniquement soutenues sont la PDT pour la leucoplasie orale et la fluorescence pour les caries (DOI).
- Microbiome oral. Une revue critique rappelle que les preuves cliniques directes restent rares et hétérogènes (un pilote de 4 patients, une série de cas ORL sans changement significatif de la flore salivaire). Le microbiome est une hypothèse émergente, pas un mécanisme établi (DOI).
- Fertilité chez la souris. Après cisplatine, un laser pulsé de faible puissance (4 J/cm²) améliore le nombre et la motilité des spermatozoïdes (p ≤ 0,0001) et réduit le TNF-α et l’IL-1β. C’est préclinique : pas encore une indication (DOI).
Douleur de mâchoire : la PBM vaut-elle une gouttière ?
Cinq publications sur les troubles temporo-mandibulaires (TMD) disent la même chose. La PBM soulage, mais son avantage sur le placebo n’est pas établi.
Deux essais cliniques
- PBM contre gouttière (PLoS One). Myalgie masticatoire aiguë. Laser 660 nm, deux fois par semaine, 10 séances. Chaque traitement est associé à un programme d’auto-prise en charge. Sur 66 patients inclus (44 randomisés), les deux bras s’améliorent plus vite que l’auto-prise en charge seule. À 48 semaines, la douleur (EVA) et l’ouverture buccale sans douleur sont comparables entre PBM et gouttière (DOI).
- Laser diode bi-longueur d’onde. 24 patients avec douleur myogène de l’articulation temporo-mandibulaire (12 par groupe), 9 séances, associées aux médicaments. L’EVA baisse davantage avec le laser à 10 jours, 21 jours et 3 mois (p < 0,05). L’ouverture buccale progresse aussi davantage. Il n’y a pas de laser placebo (DOI).
Trois revues qui tempèrent
- Revue systématique (Quintessence International). 9 rapports (8 cohortes), longueurs d’onde de 635 à 940 nm, densités d’énergie de 5 à 300 J/cm². La douleur baisse dans la plupart des groupes PBM, mais les groupes placebo s’améliorent souvent autant. Trois cohortes myogènes sur cinq favorisent la PBM, deux non. Aucun essai ne rapporte tous les paramètres recommandés par la WALT. La certitude des preuves est faible pour les formes myogènes, très faible pour les formes articulaires (DOI).
- Revue de cadrage. Sur 175 essais contrôlés, la longueur d’onde et le nombre de séances sont rapportés dans 95 % des cas. La densité de puissance l’est dans 12 % et l’énergie totale dans 14 %. Seuls 19 % donnent le jeu minimal de paramètres nécessaire à la reproductibilité. 27 % sont non reproductibles (DOI).
- PBM contre TENS. Revue systématique de 14 études (620 patients). Plus d’études rapportent une amélioration numériquement plus grande de la douleur et de l’ouverture buccale avec la PBM. Mais 12 études sur 14 sont de niveau III, et l’hétérogénéité empêche de conclure à une supériorité (DOI).
Notre lecture. La PBM fait aussi bien qu’une gouttière sur la douleur musculaire à un an. C’est utile en pratique. L’avantage sur le placebo n’est pas établi. Le premier obstacle est le manque de rigueur dans la déclaration des paramètres. Notre outil de calcul de dosimétrie sert justement à poser ces chiffres avant d’écrire un protocole.
Douleur chronique et appareil locomoteur
Lombalgie chronique : aucun effet sur 148 adultes
Un essai randomisé contre placebo teste l’ajout de PBM à un programme d’exercices de contrôle moteur. Patients, thérapeutes et évaluateurs sont en aveugle. 12 séances sur 6 semaines.
- Douleur à 6 semaines : différence moyenne de -0,4 point sur 10 (IC 95 % -1,2 à 0,4).
- Aucun effet notable sur l’incapacité ni sur la prostaglandine E2 circulante.
- Aucune différence jusqu’à 12 mois.
C’est l’un des résultats nuls les plus solides du mois par sa taille. Nous n’avons pas pu consulter le texte intégral : la classe et la puissance exacte de l’appareil nous sont inconnues (DOI).
Césarienne et douleur périnéale : deux autres résultats nuls
- Après césarienne. Essai randomisé de 88 femmes en quatre groupes (TENS plus PBM, TENS, placebo, contrôle). Laser 660 nm, 2 J par point (100 mW, 20 secondes), 2 séances. La douleur et l’indépendance fonctionnelle s’améliorent avec le temps, sans différence entre les groupes (p > 0,05). TENS plus PBM n’apporte aucun bénéfice supplémentaire (DOI).
- Douleur périnéale. Méta-analyse de 9 essais randomisés après épisiotomie ou traumatisme obstétrical. Aucun bénéfice significatif de la LLLT (DMS -0,16 ; IC 95 % -0,52 à 0,19). La TENS réduit la douleur à court terme (DMS -1,19 ; IC 95 % -1,83 à -0,55) (DOI).
Neuropathie diabétique douloureuse
Un essai multicentrique en double aveugle contre placebo porte sur 64 adultes. Laser à deux longueurs d’onde (640 et 405 nm, 15 mW au total, classe 2), utilisé à domicile deux fois par jour pendant 3 semaines.
- Douleur réduite d’au moins 30 % : 72,7 % contre 32,3 % avec le placebo (p = 0,0024).
- Effet maintenu à 7 semaines.
- Aucun événement indésirable grave.
Trois réserves. Le fabricant (Erchonia) finance l’étude et compte deux salariés parmi les auteurs. Le suivi s’arrête 4 semaines après la fin du traitement. Enfin, 405 nm est une lumière violette, hors fenêtre rouge et proche infrarouge (DOI).
Chez le rat atteint de douleur neuropathique, la PBM à 660 et 904 nm (45 mW, 6 J/cm²) réduit l’hyperalgésie mécanique et l’allodynie tactile. Elle ne restaure pas la respiration mitochondriale du muscle, mais augmente OPA1 (DOI).
Épaule, canal carpien, coude
Deux revues sur l’épaule mélangent lasers de faible et de haute puissance. Seul le régime non thermique nous concerne : lisez-les avec prudence.
- Coiffe des rotateurs. Méta-analyse de 23 essais randomisés. Le laser réduit la douleur globale (EVA, différence moyenne -5,22 ; IC 95 % -7,56 à -2,88). Aucun effet significatif sur la douleur au repos, au mouvement ou nocturne. Le laser de haute puissance fait mieux que la LLLT pour l’abduction active (p = 0,016) (DOI).
- Épaule, 20 essais. 1 153 patients. Effet petit mais significatif de la PBM en fin de traitement, non significatif au suivi. Seul le laser de haute puissance montre un effet net (DOI).
- Canal carpien subaigu. Essai randomisé de 69 patients en trois bras : LLLT (860 nm, 50 mW), laser de haute intensité (808 nm, 4,6 W) et contrôle. À 6 semaines, la douleur baisse de 4,1 points avec la LLLT contre 2,2 avec le contrôle. Le laser de haute intensité fait encore mieux (-4,9), mais agit par effet thermique : ce bras sort de notre périmètre (DOI).
- Épicondylite latérale. Essai en simple aveugle, sans placebo. À 3 semaines, les ondes de choc font mieux que la LLLT sur la douleur (p = 0,004) et l’épaisseur tendineuse (p = 0,021). Pas de différence sur la force de préhension (DOI).
Santé bucco-dentaire : la PBM en chirurgie, chez l’enfant, en orthodontie
Chirurgie et cicatrisation
- Dents de sagesse. Revue de 36 essais randomisés (1 838 participants) : 13 évaluent les corticoïdes, 11 les AINS, 7 la PBM, 5 comparent plusieurs approches. Les corticoïdes réduisent surtout l’œdème et le trismus. Les AINS agissent plus nettement sur la douleur. La PBM donne des résultats hétérogènes, selon le protocole (DOI).
- Chirurgie parodontale. 16 études, 660 à 970 nm, paramètres très hétérogènes. Effets potentiellement favorables sur la cicatrisation et la douleur, mais inconstants. Certaines études ne montrent aucune amélioration. Aucun paramétrage optimal n’est établi (DOI).
- Élongation coronaire osseuse. 5 études, dont 2 sur la PBM adjuvante. Douleur postopératoire précoce réduite à certains temps. Le risque de biais est préoccupant ou élevé pour tous les essais randomisés (DOI).
Chez l’enfant
- Fin de l’anesthésie. Essai croisé en bouche divisée, préliminaire, sur 34 enfants de 8 à 12 ans. PBM 810 nm après extraction d’une dent temporaire. La sensation normale revient en 60,7 ± 27,3 minutes avec la PBM, contre 78,2 ± 17,0 minutes avec le laser factice (p < 0,001). Un gain d’environ 17 minutes : modeste, mais utile chez un enfant qui se mord la lèvre (DOI).
- Stress lors des soins. Essai en bouche divisée sur 30 enfants de 7 à 12 ans, avec une LED multi-longueurs d’onde proche infrarouge. Pendant le test au froid, la fréquence cardiaque varie de 2,23 battements par minute avec la PBM, contre 6,07 avec le témoin (différence -3,83 ; IC 95 % -6,89 à -0,77 ; p = 0,016). La douleur au sondage gingival est plus faible (p = 0,004). Aucun événement indésirable. Cette publication n’a pas de DOI dans PubMed : voir sa fiche PubMed.
Quand la PBM fait moins bien
- Après gingivectomie. Essai randomisé de 64 patients. Laser 940 nm (4 séances, 3 W en continu, une puissance élevée pour de la PBM ; les auteurs décrivent un effet non thermique), contre un spray d’acide hyaluronique à 0,04 % appliqué deux fois par jour. Le spray gagne sur l’épithélialisation aux jours 3, 7 et 14 (tailles d’effet 1,39, 1,12 et 0,73) et sur la douleur aux jours 1 et 3 (DOI).
- Aphtose récurrente. Essai de 60 patients : gel d’apitoxine contre diode 806 nm (60 mW, 6,3 J/cm², 4 séances). Les deux groupes s’améliorent (p < 0,001). Le gel fait mieux sur la douleur, l’indice d’efficacité et la profondeur de l’ulcère (p < 0,001), sans différence sur la surface (p = 0,21) (DOI).
Orthodontie et implants
- Distalisation canine. 16 patients, LED 850 nm contre dispositif simulé. Douleur cumulée plus faible (interaction groupe par temps, p = 0,024) et moins de sialoprotéine dentinaire dans le liquide gingival (p = 0,021) (DOI).
- Stabilité implantaire. 10 participants, 40 implants en bouche divisée, laser 940 nm. Stabilité meilleure côté PBM à 2 mois (différence 6,30 ; IC 95 % 1,21 à 11,39 ; p = 0,016), mais plus à 3 mois (p = 0,878) (DOI).
Ces deux essais sont positifs, mais petits.
Autres revues et travaux animaux
- Rat, cicatrisation palatine. PBM 660 nm (150 mW, 4,2 J/cm²) : meilleure ré-épithélialisation au jour 7 par rapport au témoin (p ajusté = 0,024). Un gel acide hyaluronique-chitosane fait mieux que le témoin aux jours 3 et 7, et mieux que la PBM au jour 3 (DOI).
- Sensibilité après blanchiment. Revue parapluie de 18 revues systématiques. La PBM paraît prometteuse pour réduire l’intensité, mais la confiance est limitée par l’hétérogénéité des protocoles. Les AINS systémiques ne montrent pas d’effet préventif (DOI).
- PRP et PRF. Une revue narrative défend l’association de la PBM au plasma riche en plaquettes et à la fibrine riche en plaquettes. Elle exige une standardisation avant toute validation clinique (DOI).
Recherche amont sur les cellules dentaires
- Voie Wnt/β-caténine dans l’apexogenèse sous PBM : revue qui souligne le manque de preuves cliniques (DOI).
- Accélération du mouvement orthodontique : une revue juge les résultats cliniques incohérents (DOI).
- Laser 940 nm sur les cellules souches du ligament parodontal humain : l’effet dépend de la fluence (DOI).
- Lasers 450 et 980 nm sur des cellules comparables : tous deux augmentent prolifération et différenciation ostéogénique (980 nm est le plus efficace). Leur association n’améliore rien et provoque le plus d’apoptose. Réserve : 450 nm est une lumière bleue (DOI).
- LED 630 nm : réduit le plus constamment les cytokines pro-inflammatoires et le monoxyde d’azote, comparée à 525 et 850 nm. Augmente la phosphatase alcaline et RUNX2 à 5 et 10 J/cm² (DOI).
- Cellules souches de dents de lait sur films d’acide polylactique : PBM 660 nm, activité métabolique accrue à 4 J/cm² (24, 48 et 72 heures) et à 1 J/cm² (48 et 72 heures) (DOI).
- Cellules souches pulpaires préconditionnées par LLLT : activité odontogène accrue de leurs vésicules extracellulaires. Le double protocole (odontogenèse plus LLLT) fait mieux que chacun seul (DOI).
Neurologie et santé mentale : surtout des mécanismes
Essais chez l’humain
- Trouble bipolaire en rémission. 29 personnes, six séances hebdomadaires de stimulation laser transcrânienne infrarouge sur les régions frontopolaires. L’IRM de perfusion montre un débit sanguin cérébral qui augmente dans certaines zones frontales après la première séance, puis diminue après la sixième. Ce profil biphasique est intrigant. L’étude ne dit rien d’un effet clinique (DOI).
- Volontaires sains. Essai randomisé en double aveugle contre placebo, 60 personnes, 4 jours de PBM transcrânienne à 850 nm (60 mW/cm², 36 J/cm²) sur l’aire motrice supplémentaire. Temps de réaction et temps total de mouvement diminuent. La précision de la main non dominante progresse (tous p < 0,001). La puissance alpha et bêta augmente sur C3 et C4 (p < 0,001) (DOI).
- Commotion aiguë chez des sportifs. Essai pilote RECOVERY, 50 sportifs, deux fréquences d’impulsion (5 et 10 Hz) d’une PBM cérébrale associée à un champ magnétique statique. 98 % vont au bout. Aucune différence entre les groupes. Des événements indésirables légers touchent environ 4 sportifs sur 10. Pas de comparateur placebo, donc aucune conclusion d’efficacité. Le promoteur est industriel (DOI).
- Paralysie de Bell. Essai à quatre bras, 104 patients : un sham et trois protocoles laser (deux en LLLT à 808 et 980 nm, un en haute intensité à 1064 nm). Les différences globales sont significatives sur les paramètres neurophysiologiques et fonctionnels (p < 0,001). Le protocole 1064 nm, thermique, l’emporte. Seuls les bras LLLT relèvent de notre périmètre, et le résumé ne permet pas d’en isoler les chiffres (DOI).
Revues : maladie de Parkinson, Alzheimer, dépression
Ces revues sont à lire pour la cohérence biologique et l’historique. Ce ne sont pas des preuves cliniques. La PBM ne remplace ni suivi ni traitement.
- Parkinson. Signaux neuroprotecteurs dans les modèles expérimentaux. Données cliniques préliminaires et incohérentes sur la sécurité et le bénéfice symptomatique (DOI).
- Neuro-inflammation (Frontiers in Neurology). Résultats encourageants dans la maladie d’Alzheimer et la sclérose en plaques, mais surtout négatifs sur les critères principaux dans la maladie de Parkinson et la dépression majeure (DOI).
- Astrocytes. Une revue s’intéresse à leur rôle dans la neuro-réhabilitation par lumière proche infrarouge (DOI).
- Programme NEST. PBM transcrânienne à 808 nm dans la dépression. NEST-1 a atteint son critère principal. NEST-2 montre une tendance non significative (p = 0,094). NEST-3 a été arrêté pour futilité (DOI).
Modèles animaux et cellulaires
- Alzheimer (souris APPswe/PS1dE9). PBM LED guidée par dosimétrie (810 nm continu plus 1060 nm pulsé à 40 Hz, 20 minutes par séance). Meilleurs apprentissage spatial et mémoire. L’irradiation combinée de l’hippocampe donne les réponses les plus constantes (DOI).
- Migraine (modèle nitroglycérine). 9 jours de PBM transcrânienne à 810 nm. Photophobie et allodynie mécanique réduites. miR-155 et médiateurs inflammatoires du noyau trigéminal abaissés (DOI).
- Maladie d’Alexander. Modèle cellulaire et murin : une lumière à 1070 nm régule la voie AMPK/mTOR, favorise la mitophagie et réduit les radicaux libres des mitochondries fragmentées (DOI).
- Microgravité simulée. Souris, 28 jours : la PBM transcrânienne à 810 nm atténue les comportements de type anxieux et dépressif (DOI).
- Peur chez le rat. Une séance de PBM à 808 nm réduit les comportements d’évaluation du risque face à un serpent (DOI).
Chez la souris, chez le rat : pas encore chez l’astronaute ni chez le patient.
Ophtalmologie : la lumière rouge peut-elle ralentir la myopie ?
Myopie et pré-myopie de l’enfant
- Pré-myopie. Méta-analyse de 8 essais randomisés (7 en Chine, 1 en Inde). À 12 mois, l’atropine 0,01 % réduit le décalage myopique de 0,32 dioptrie (IC 95 % 0,12 à 0,52 ; certitude faible). La lumière rouge de faible intensité répétée (RLRL) va dans le même sens avec 0,38 dioptrie sur 2 études et 307 participants. Mais l’intervalle de confiance (-0,05 à 0,81) inclut zéro, et la certitude est très faible (DOI).
- Choroïde. Méta-analyse de 13 essais randomisés (1 974 enfants). La choroïde s’épaissit de 37 µm à 9 mois sous RLRL. C’est un critère intermédiaire : il soutient l’hypothèse d’un mécanisme, il ne prouve pas un ralentissement de la myopie (DOI).
- Myopie forte. Cohorte de 30 enfants suivis 12 mois, sans bras témoin. Réfraction myopique réduite de 0,29 dioptrie, longueur axiale stabilisée (-0,03 mm), choroïde épaissie de 26 µm. Un arrêt pour photophobie (DOI).
La piste est sérieuse, la preuve ne l’est pas encore. Le suivi ophtalmologique reste indispensable.
Sécheresse oculaire
Une méta-analyse de 10 études (473 participants) associe la LLLT (625 à 640 nm et 810 à 850 nm) à une amélioration :
- du score OSDI (différence moyenne -11,42 ; p < 0,00001),
- du temps de rupture du film lacrymal (+1,49 s ; p = 0,005),
- de la hauteur du ménisque lacrymal (+0,04 mm ; p = 0,007).
Les analyses de sensibilité sur les seuls essais randomisés confirment l’OSDI et le temps de rupture, pas le ménisque. Aucun événement indésirable n’est rapporté (DOI).
Cicatrisation, os et récupération
Plaies chroniques et escarres
- Escarres (Suède). Étude quasi-expérimentale de 24 mois sur 76 personnes fragiles de 70 ans et plus, soignées à domicile (catégorie II : 39, catégorie III : 37). PBM en complément des soins standard (lasers 904 et 635 nm, deux séances par semaine), comparée à 228 témoins appariés du registre RiksSår. Délais médians de cicatrisation : 33 et 70 jours avec la PBM, contre 153 et 195 jours chez les témoins (catégories II et III ; p < 0,001). Récidive à 24 mois : 0 % et 6,7 %. Les témoins ne sont pas randomisés (DOI).
- Ulcères veineux ou diabétiques. Essai randomisé en double aveugle contre placebo, 70 patients, laser 904 nm (60 mW, 8 J/cm²) avec les soins standard. La surface de la plaie diminue de 53 % avec le laser contre 9 % avec le placebo (p < 0,001). Moins de bactéries colonisantes (DOI).
Fractures de stress : aucun effet
Essai randomisé contre placebo chez des recrues militaires, avec fractures de stress du tibia ou du métatarse (103 randomisés, 97 analysés).
- Délai de diplôme : HR 0,95 (IC 95 % 0,61 à 1,48 ; p = 0,83).
- Aucune différence sur le diplôme à temps.
- Aucune différence sur la cicatrisation osseuse à l’IRM.
La PBM ne remplace pas le repos sur un os qui souffre (DOI).
Études animales et cellulaires
- Tendon d’Achille (rat, 144 animaux). La PBM et le plasma riche en plaquettes réduisent chacun l’IL-1β et le TNF-α et améliorent l’organisation du collagène. L’association donne la réponse la plus marquée (DOI).
- Lésion musculaire par venin (souris). Une LED 945 nm réduit l’infiltrat inflammatoire, le recrutement des leucocytes et l’IL-6, seule ou avec l’antivenin, peu efficace seul (DOI).
- Macrophages. La PBM module de façon sélective et transitoire les marqueurs inflammatoires et métaboliques, sans induire de polarisation classique (DOI).
Mécanismes et vue d’ensemble
La revue parapluie du mois : 100 revues passées au crible
C’est la publication la plus utile pour qui veut un panorama. Elle agrège 100 revues systématiques (790 études primaires uniques) sur la LLLT.
- Domaines : bucco-dentaire (53 revues), musculo-squelettique (22), complications d’oncologie (8), plaies et affections lymphatiques (8).
- Conclusions : 62 revues en faveur de l’intervention, 34 neutres ou mitigées, 4 floues.
- Oncologie : la plus forte proportion de conclusions favorables.
- Sécurité : 32 revues rapportent l’absence d’événement indésirable, 11 en signalent au moins un, 57 n’en disent rien.
Les données de sécurité manquantes sont le point faible de la littérature (DOI).
Mécanismes : ce que disent les revues
- PBM rouge et proche infrarouge en médecine de précision : mécanismes, dosimétrie, passage à la clinique (DOI).
- Muscle squelettique : action sur la cytochrome c oxydase (dissociation du monoxyde d’azote, hausse de l’ATP, signalisation par les ROS), relation dose-réponse biphasique. La variabilité clinique tient à la dosimétrie, aux propriétés optiques des tissus et à l’incertitude de délivrance de la lumière (DOI).
- Lumière rouge, rajeunissement mitochondrial et pathologies liées à l’âge (DOI).
- PBM comme intervention antioxydante après infarctus du myocarde (DOI).
- Voie TGF-β/Smad dans l’ostéogenèse des cellules souches (DOI).
- Oreille interne : modèle de travail reliant la réponse mitochondriale de la PBM aux voies Wnt/β-caténine et Notch/HES5. Le seul résultat d’organoïdes cité reste exploratoire (DOI).
- Revue historique sur le Munich Laser Center, fin des années 1990 : comparaison de cellules normales et tumorales, études de longueurs d’onde. Ces données de sécurité ont étayé les applications en soins de support oncologiques (DOI).
En laboratoire et en ingénierie tissulaire
- Cellules synoviales. Irradiation à 660 et 980 nm (500 mW) : viabilité accrue, voie TRPV4/PI3K/AKT/mTOR activée, interleukines modulées. 660 nm est comparable à 980 nm (DOI).
- OLED rouges. 610 nm et 610 à 650 nm augmentent la prolifération cellulaire par rapport au placebo. La source la plus large donne l’effet le plus fort (DOI).
- Cartilage trachéal du lapin (LED 660 nm). Cellules souches préconditionnées avant implantation sur un support. La dose de 15 J/cm² donne le meilleur résultat in vitro, via la cytochrome c oxydase, l’ATP et l’axe PI3K/Akt/mTOR (DOI).
- Cartilage trachéal du lapin (940 nm). 50 J/cm² favorise le plus la prolifération et la formation de matrice. Un contrôle thermique apparié ne reproduit pas l’effet : cela plaide pour un mécanisme photobiologique (DOI).
Autres applications
- Otite externe chronique. Essai pilote randomisé de 21 patients. LED 660 et 940 nm, seule ou avec antibiotique, contre ofloxacine seule. Résolution complète de l’otorrhée : 75,0 % avec l’antibiotique, 25,0 % avec la LED, 20,0 % avec l’association (p = 0,194). Sur le critère principal, la PBM ne fait pas mieux. La gêne baisse néanmoins avec la LED (de 7,00 à 3,00 ; p < 0,05), sans événement grave. L’appareil produit un léger effet thermique régulé : réserve sur le caractère strictement non thermique (DOI).
- Réhabilitation respiratoire après tuberculose. Étude prospective contrôlée non randomisée de 65 patients. LLLT 808 nm (100 mW, 7 J/cm²) plus oscillation profonde. Le groupe combiné gagne 6,46 points de qualité de vie (EUROHIS-QOL-8) et 14,69 m au test de marche de 6 minutes (tous p < 0,001). Le design et la co-intervention ne permettent pas d’isoler l’effet de la lumière (DOI).
- Rajeunissement du visage. Revue systématique de 8 études (365 participants) sur les LED à domicile. Améliorations significatives des rides, de la texture et de l’élasticité. Satisfaction élevée, effets indésirables rares et transitoires. Protocoles variables, peu de données comparatives (DOI).
Essais en cours : protocoles publiés et registre ClinicalTrials.gov
Cinq protocoles publiés dans la littérature
Ils n’ont pas de résultats. Nous n’en tirons aucune conclusion.
- PBM associée à un champ magnétique statique chez des patients ventilés en réanimation : essai multicentrique en triple aveugle (DOI).
- Ondes de choc contre LLLT dans les TMD myogènes (DOI).
- LLLT et localisateur de condyle chez l’enfant en classe II squelettique : protocole en deux phases (DOI).
- Chirurgie implantaire sans lambeau avec PBM : cadre non clinique (DOI).
- Contrôle de la myopie chez l’enfant avec exotropie intermittente : protocole de revue où la lumière rouge répétée n’est qu’une intervention parmi d’autres (DOI).
Les préprints n’ont pas été recherchés de façon systématique pour cette édition : aucun n’est cité.
Douze essais de PBM enregistrés en octobre sur ClinicalTrials.gov
En octobre 2026, 26 fiches ont été publiées pour la première fois sur le registre avec une intervention de type lumière ou laser. Après tri, douze concernent la PBM non thermique. Nous écartons les lasers de haute intensité, CO2, Nd:YAG, la photothermie par nanoparticules et les dispositifs d’imagerie.
Une fiche enregistrée en octobre n’est pas forcément une étude démarrée en octobre. Plusieurs ont commencé entre 2022 et 2025 et ont été enregistrées après coup.
Neuf essais à venir ou en cours :
- NCT07863960 : PBM contre placebo pour la douleur après césarienne, au Honduras (210 femmes, début le 1er octobre 2026).
- NCT07865325 : tendinopathie rotulienne de l’adolescente, en Égypte (104 patientes).
- NCT07866716 : douleur des plaies chroniques, en Colombie (32 patients).
- NCT07899866 : cohorte observationnelle de PBM préventive des radiodermites dans les cancers de la tête et du cou, à l’hôpital Forcilles (150 patients).
- NCT07886723 : douleur après traitement de canal, à l’université du Minnesota (60 patients).
- NCT07878884 : PBM en réhabilitation respiratoire dans la BPCO, au Brésil (20 patients).
- NCT07865780 : mucite orale radio-induite, PBM seule ou associée à un gel d’oxygène, à Assiut (46 patients).
- NCT07878247 : laser associé à une gouttière dans les troubles temporo-mandibulaires, en Égypte (24 patients).
- NCT07873853 : accélération du mouvement dentaire par laser de faible puissance, à Al-Azhar (24 patients).
Trois essais déjà terminés, sans résultats publiés : le bruxisme de l’enfant (laser contre gouttière, NCT07865845) et deux travaux d’orthodontie (NCT07888231, NCT07852559).
Deux fiches ont reçu leurs résultats en octobre : la PBM 940 nm après greffe gingivale (NCT07308912) et l’étude LIGHTSITE III sur la dégénérescence maculaire sèche (NCT04065490). Nous n’avons lu que les fiches d’étude, pas les résultats eux-mêmes.
Le registre est déclaratif. Un statut « en cours » ne prouve pas un recrutement effectif, et certaines dates sont incohérentes. Deux fiches de laser diode sur la mucosite péri-implantaire ne sont pas retenues : l’effet recherché est probablement antimicrobien, pas de la PBM.
Comment nous avons sélectionné les études
Nous interrogeons PubMed chaque mois avec une requête élargie. Mots-clés : photobiomodulation, low-level laser therapy, LLLT, low-level light therapy, red light therapy et near-infrared light, dans le titre ou le résumé.
- Examen complet. Nous avons passé les 152 références en revue : titres et types d’étude, puis résumés des études candidates.
- Périmètre. Nous gardons la PBM non thermique. Nous écartons les lasers de haute intensité à effet thermique, les lasers ablatifs, esthétiques ou vasculaires, la photothérapie dynamique, les protocoles sans résultats et les travaux sans lien direct avec la lumière.
- Bruit. Les termes élargis ramènent des nanomatériaux photothermiques, de la photochimie, de l’imagerie et des capteurs. Une bonne partie des références n’a aucun rapport avec la PBM thérapeutique.
- Vérification. Quand le texte intégral était accessible, nous avons vérifié la puissance et le mode d’action des appareils.
- Résultats négatifs. Ils figurent dans la liste, au même titre que les résultats positifs.
Questions fréquentes sur la photobiomodulation
Qu’est-ce que la photobiomodulation ?
La photobiomodulation (PBM) est l’application de lumière rouge ou proche infrarouge de faible intensité sur les tissus. Cette veille ne retient que la PBM non thermique, sans effet de chauffe recherché.
La photobiomodulation vaut-elle une gouttière pour une douleur de mâchoire ?
Sur la myalgie masticatoire aiguë, un essai à 48 semaines trouve des résultats comparables entre PBM et gouttière de stabilisation. Une revue systématique du même mois juge pourtant la certitude des preuves faible. Les groupes placebo s’améliorent souvent autant.
Peut-on prévenir la mucite chez l’enfant avec la lumière ?
Un essai de 155 enfants sous méthotrexate à haute dose compare deux modes d’application. L’application extra-buccale de 30 secondes donne des résultats comparables à l’application intra-buccale de 6 minutes. L’étude ne compare pas la PBM à un placebo.
La lumière rouge peut-elle ralentir la myopie ?
Les données d’octobre vont dans ce sens, mais la certitude reste très faible dans la méta-analyse sur la pré-myopie, car l’intervalle de confiance inclut zéro. La cohorte sur la myopie forte n’a pas de groupe témoin. Le suivi ophtalmologique reste indispensable.
Quelles études d’octobre ne trouvent aucun effet de la PBM ?
Quatre. L’essai sur les fractures de stress de recrues militaires, l’essai sur la lombalgie chronique de 148 adultes, l’essai sur la douleur après césarienne (88 femmes) et le sous-groupe LLLT d’une méta-analyse sur la douleur périnéale. Les trois essais sont randomisés contre placebo, sham ou contrôle.
Faut-il ajouter de la PBM à l’exercice pour une lombalgie chronique ?
Pas d’après l’essai de 148 adultes. L’effet sur la douleur et l’incapacité est négligeable par rapport à un placebo, jusqu’à 12 mois.
Les effets indésirables de la PBM sont-ils bien documentés ?
Pas assez. Sur 100 revues systématiques, 57 ne rapportent aucune donnée de sécurité. Les 43 autres n’identifient pas d’événement grave massif, mais la lacune est réelle.
Quelle différence entre PBM et laser de haute intensité ?
La PBM utilise une faible puissance, sans effet de chauffe recherché. Les lasers de haute intensité agissent par effet thermique. Plusieurs revues d’octobre mélangent les deux, ce qui complique la lecture des résultats.
Ce qu’il faut retenir
Octobre 2026 ne contient pas de rupture, et c’est plutôt rassurant.
- Le mieux étayé : l’oncologie de soutien (mucite, toxicités de la radio-chimiothérapie), les plaies chroniques et la dentisterie. La revue parapluie le confirme à grande échelle.
- Le plus fragile : les indications neurologiques, qui avancent surtout sur le terrain des mécanismes et des modèles animaux.
- Les limites : quatre études sans effet (fractures de stress, lombalgie, césarienne, douleur périnéale) et quatre essais où la PBM fait moins bien qu’un comparateur actif (gingivectomie, aphtose, épicondylite, otite). La PBM n’est pas un traitement universel.
- Le point commun : la longueur d’onde, la dose et le nombre de séances varient fortement d’un essai à l’autre. Les lasers de haute intensité se mêlent souvent à la LLLT dans les synthèses. Tant que ces paramètres ne seront pas déclarés complètement, les comparaisons resteront fragiles.
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À lire aussi
Sources : PubMed / NCBI, publications indexées entre le 1er et le 31 octobre 2026 (152 références ; 152 examinées, 76 citées ; photobiomodulation non thermique uniquement). Requête : photobiomodulation, low-level laser therapy, LLLT, low-level light therapy, red light therapy et near-infrared light (titre ou résumé). Les essais enregistrés proviennent de ClinicalTrials.gov (fiches publiées pour la première fois en octobre 2026, état au 1er novembre 2026). Europe PMC et OpenAlex n’ont pas été interrogés, et les préprints n’ont pas été recherchés systématiquement. Les liens DOI renvoient vers les publications d’origine. Les résumés sont des synthèses indicatives : reportez-vous au texte intégral avant toute exploitation clinique ou communication. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.