
Trois salons en trois mois. Paris en mars, le Gard en mai, Berlin dans la foulée.
J'y suis allé pour le travail. J'en suis revenu avec une conviction de terrain. De plus en plus de gens ne veulent plus seulement vivre vieux. Ils veulent vivre vieux en bonne santé.
La nuance paraît mince. Elle change pourtant tout. Jusqu'à la façon dont on parle de la lumière thérapeutique.
Et au fil de ces trois rendez-vous, un mot est revenu sans cesse. Je l'ai noté à chaque conférence. Mitochondrie.

Premier arrêt : le Centre de Congrès H4 Wyndham à Paris Saint-Denis. L'Hypersanté se présente comme le premier événement francophone grand public dédié à la longévité.
L'ambiance le confirme. Plus de 1 000 participants. Une cinquantaine de marques. Des dizaines de conférences et d'ateliers. Et un « Longevity Village » où l'on mesure son âge biologique entre deux bains glacés.
Ce qui m'a fait sourire ? Voir la photobiomodulation traitée comme un vrai sujet, pas comme une curiosité. Le Dr Jean-Philippe Wagner lui consacrait une conférence entière : « Le guide de la lumière rouge ».
On pouvait aussi tester la PBM sur place, au même titre que la mesure du métabolisme ou du rythme cardiaque. Devant un public grand public, c'est un signal.
Autre temps fort : la masterclass du Pr Vincenzo Castronovo (Mitochondrial Academy). Son titre, sans détour : « L'hypersanté grâce aux mitochondries ». Retenez ce nom. On va le recroiser.
Changement complet de décor. Ici, pas de plateau d'expo géant. Deux jours de conférences au pied des arches romaines, dans la garrigue.
Cette édition est montée avec la Mitochondrial Academy. Elle a même renoncé à son parcours d'ateliers, pour laisser toute la place aux échanges scientifiques.
Le fil conducteur : la mitochondrie. Les éditions précédentes avaient exploré le cœur, le corps, puis l'esprit. Cette fois, le centre du jeu, c'est cette petite structure longtemps réduite au rang de simple centrale énergétique.
Le programme parlait de lui-même :
Maldiney, Castronovo… les mêmes voix qu'à Paris. Deux salons que tout oppose sur la forme. Et le même petit cercle d'experts qui porte la même idée.
C'est là que j'ai commencé à prendre la chose au sérieux.
Dernier arrêt : l'Estrel Berlin, pour la deuxième édition du Life Summit. Le contraste avec le Gard est total.
L'événement a plus que triplé en un an. Environ 3 000 participants. 150 intervenants. Trois scènes en parallèle. Détail qui compte : la conférence était validée pour la formation médicale continue, 12 points à la clé.
On y croisait Robert Lustig, Eric Verdin (Buck Institute), ou Bryan Johnson, l'entrepreneur du protocole Blueprint.
Et là encore, la luminothérapie rouge avait sa place. Au menu des expériences à tester : oxygène hyperbare, flottaison sèche, IHHT, et la lumière rouge.
Ce qui m'a marqué n'est pas le décorum. C'est qu'une piste clinique sérieuse cohabitait avec un plateau d'auto-expérimentation. Et personne ne trouvait ça incongru. Il y a cinq ans, ces deux mondes ne se parlaient pas.

De retour chez moi, j'ai voulu vérifier une chose. Mon carnet de notes correspondait-il à quelque chose de mesurable ? Réponse : oui.
En 2016, le chercheur Martin Picard l'a montré. Les publications médicales sur la mitochondrie progressent sans interruption depuis les années 2000. Pendant ce temps, celles sur le noyau cellulaire reculent, après le séquençage du génome humain.
Une revue bibliométrique de 2024 va plus loin. Elle recense plus de 169 000 publications PubMed autour de la mitochondrie. L'engouement des salons n'invente rien. Il suit la science.

C'est précisément là que vit la photobiomodulation. La lumière rouge et le proche infrarouge sont absorbés par une enzyme clé de la chaîne respiratoire : la cytochrome c oxydase.
Cette absorption agit sur deux leviers. La production d'énergie cellulaire, l'ATP. Et la gestion du stress oxydatif. Le mécanisme est étudié depuis des décennies, et toujours affiné. Mais le point d'application ne bouge pas : la mitochondrie.
D'où mon sentiment, en quittant Berlin. Ce n'est pas la photobiomodulation qui a couru après la longévité. C'est la longévité qui est venue se poser là où la lumière travaillait déjà.
Pour les professionnels de santé qui nous lisent, le cadrage mitochondrial mérite qu'on s'y arrête. Il donne enfin à la PBM un langage commun. Celui des congrès médicaux, et celui de l'optimisation santé.
Trois villes. Trois publics. Trois ambiances qui n'ont presque rien en commun. Et le même mot, souligné trois fois dans mon carnet.
Pour aller plus loin : L'Hypersanté, Le Potentiel Humain et Life Summit Berlin.
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