Neurologie centrale et cognition
Publié le
16 janvier 2023

Lee T.L. et al. - Photobiomodulation transcrânienne et fonction cognitive : revue systématique

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Une revue systématique publiée en 2022 a recensé 35 études humaines portant sur la photobiomodulation transcrânienne et la cognition, dont 29 (82,9 %) rapportent une amélioration. Les auteurs précisent que seule la moitié des essais cliniques inclus étaient randomisés et contrôlés, ce qui limite fortement la portée de ce constat.

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’une revue systématique de la littérature humaine, et non d’une méta-analyse : les auteurs n’ont pas calculé d’effet global chiffré, ils ont dénombré les études rapportant ou non un bénéfice. Le niveau de preuve n’est donc pas celui d’une synthèse quantitative.

La recherche a couvert PubMed, Scopus et Web of Science, de 1987 à mai 2022. Les fonctions évaluées étaient l’apprentissage et la mémoire, l’attention, les fonctions exécutives, le langage et la cognition globale, chez des adultes en bonne santé comme chez des adultes présentant un trouble cognitif.

Les résultats principaux

Les résultats se répartissent ainsi.

  • 35 études identifiées au total.
  • 29 études, soit 82,9 %, rapportent une amélioration des fonctions cognitives après photobiomodulation transcrânienne.
  • 9 études sur 9 menées chez des participants avec plainte mnésique subjective, trouble cognitif léger ou démence rapportent un résultat positif.
  • 7 études, soit 87,5 % de celles portant sur des patients traumatisés crâniens, rapportent un résultat positif.
  • Chez des patients victimes d’accident vasculaire cérébral, une série d’essais a montré une tendance favorable sur le déficit neurologique, avant un arrêt prématuré en phase III faute de significativité statistique.
  • Protocole le plus courant en population clinique : lumière proche infrarouge à 810 nm, irradiance de 20 à 25 mW/cm2, fluence de 1 à 10 J/cm2.
  • Autres longueurs d’onde relevées : rouge visible de 630 à 635 nm, proche infrarouge avec des maxima de 1060 à 1068 nm.

Comment la photobiomodulation transcrânienne agit

Le mécanisme avancé dans la littérature reste hypothétique. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, enzyme de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui augmenterait la production d’ATP disponible pour les neurones. D’autres voies sont évoquées : une modulation de la perfusion cérébrale et de l’oxygénation des tissus, ainsi qu’une action sur le stress oxydatif et sur les processus inflammatoires locaux. Cette revue ne mesure aucun de ces paramètres, elle ne rapporte que des résultats cognitifs.

Les limites à connaître

La limite principale est signalée par les auteurs eux-mêmes : seule la moitié des essais cliniques passés en revue étaient des essais contrôlés randomisés. Les autres reposent sur des devis plus fragiles, sensibles à l’effet placebo et aux biais d’attente.

Le résultat négatif ne doit pas être gommé : la série d’essais menés chez des patients ayant subi un accident vasculaire cérébral a été interrompue en phase III faute de significativité statistique.

La proportion de 82,9 % d’études positives reflète aussi le biais de publication. Enfin, l’hétérogénéité des paramètres lumineux empêche de dégager un protocole de référence.

Ce que cela change en pratique

Cette revue justifie de poursuivre la recherche, pas de conclure à une efficacité établie. Aucune amélioration de la mémoire ou de l’attention ne peut être présentée comme acquise sur cette seule base. Les auteurs concluent que la photobiomodulation transcrânienne semble améliorer la fonction cognitive, tout en jugeant une investigation complémentaire nécessaire. Pour une plainte cognitive, la démarche appropriée reste un bilan médical.

Questions fréquentes

La photobiomodulation transcrânienne améliore-t-elle vraiment la mémoire ?

Cette revue systématique de 35 études rapporte une amélioration cognitive dans 29 d’entre elles, dont des travaux portant sur la mémoire. Ce décompte ne constitue pas une preuve d’efficacité, car seule la moitié des essais cliniques inclus étaient randomisés et contrôlés. La revue ne fournit aucun effet global chiffré permettant de quantifier un gain attendu.

Quelle longueur d’onde est utilisée dans ces études ?

Le protocole le plus fréquent en population clinique reposait sur une lumière proche infrarouge à 810 nm. D’autres longueurs d’onde figurent dans la revue, du rouge visible situé entre 630 et 635 nm jusqu’au proche infrarouge avec des maxima de 1060 à 1068 nm. Cette diversité explique en partie qu’aucun protocole de référence ne se dégage.

Pourquoi les essais chez les patients victimes d’AVC ont-ils été arrêtés ?

La revue indique qu’une série d’essais cliniques avait montré une tendance favorable sur le déficit neurologique lors des premières phases. Le programme a ensuite été interrompu prématurément en phase III, faute de significativité statistique. C’est un résultat négatif, qui contraste avec les données favorables observées dans d’autres indications.

Référence

Lee TL, Ding Z, Chan AS. Can transcranial photobiomodulation improve cognitive function? A systematic review of human studies. Ageing Research Reviews, 2022. PMID 36371017. DOI 10.1016/j.arr.2022.101786. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36371017/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.