Robijns J. et al. - Position paper WALT sur la photobiomodulation et les effets secondaires des thérapies anticancéreuses

Cette prise de position de la World Association for Photobiomodulation Therapy, publiée en 2022, recense les usages de la photobiomodulation face aux effets secondaires des traitements anticancéreux et précise les paramètres associés. Il s’agit d’un consensus d’experts de nature informative, et non d’une méta-analyse fournissant une mesure d’effet chiffrée.
Ce que cette étude a mesuré
Ce texte n’est pas un essai clinique. Il découle des recommandations issues du douzième congrès WALT tenu à Nice du 3 au 6 octobre 2018, complétées par une revue de suivi des données existantes et par les observations cliniques d’un panel international pluridisciplinaire.
Le travail passe en revue les effets prophylactiques et thérapeutiques potentiels de la photobiomodulation sur les effets secondaires des traitements anticancéreux : chimiothérapie, radiothérapie et greffe de cellules souches hématopoïétiques. Une revue de littérature sur l’efficacité et la dosimétrie a été menée, et une revue systématique a été conduite lorsque de nombreux essais randomisés étaient disponibles. Les résultats ont été discutés lors d’une réunion de consensus international.
Les résultats principaux
Les éléments retenus par le panel sont les suivants.
- Un corpus de preuves considérable soutient l’efficacité de la photobiomodulation pour prévenir la mucite orale sous radiothérapie ORL, chimiothérapie ou greffe de cellules souches hématopoïétiques.
- Le groupe WALT s’appuie sur les travaux de la MASCC/ISOO et étend l’examen des preuves et des paramètres à d’autres indications de soin de support.
- Indications couvertes : radiodermite, dysphagie, xérostomie, dysgueusie, trismus, nécrose muqueuse et osseuse, lymphoedème, syndrome main-pied, alopécie, réaction chronique du greffon contre l’hôte orale et cutanée, altérations de la voix et de la parole, neuropathie périphérique et fibrose tardive chez les survivants.
- Selon les auteurs, cela pourrait améliorer la qualité de vie, l’adhésion au traitement prescrit et les résultats, tout en réduisant le coût des soins.
- Aucune estimation chiffrée globale de l’effet n’est fournie : le document énonce des recommandations, pas des tailles d’effet.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le document examine les mécanismes d’action potentiels et, surtout, les paramètres de dosimétrie à respecter selon les indications. La photobiomodulation y est systématiquement positionnée en soin de support : elle vise les complications des traitements anticancéreux, jamais la tumeur.
La logique du texte est celle d’un protocole : pour chaque complication, ce sont des paramètres précis qui sont prescrits, et non la photobiomodulation prise de façon générique. Le niveau de preuve varie d’une indication à l’autre.
Les limites à connaître
La limite principale tient à la nature du document. Les auteurs précisent eux-mêmes qu’il est de nature informative et qu’il reflète une opinion collective, ne représentant pas nécessairement celle de chaque auteur. Ils rappellent que la recherche et la pratique continueront de faire évoluer ces recommandations.
Ce n’est donc pas une méta-analyse délivrant une mesure d’effet : aucun chiffre agrégé, aucun intervalle de confiance n’est rapporté dans le résumé. Le corpus de preuves est solide pour la prévention de la mucite orale, mais les autres indications reposent sur des niveaux de preuve hétérogènes, parfois sur un consensus d’experts seul. Le texte s’appuie par ailleurs sur un congrès tenu en 2018 et les auteurs annoncent des révisions périodiques.
Ce que cela change en pratique
Ce document sert de référence aux équipes qui souhaitent intégrer la photobiomodulation aux soins de support en oncologie : il rassemble indications et paramètres en un seul texte. Il ne modifie en rien la stratégie anticancéreuse : la photobiomodulation accompagne le traitement et ne le remplace pas. Son emploi relève d’une décision médicale, avec l’équipe d’oncologie.
Questions fréquentes
Une prise de position vaut-elle autant qu’une étude clinique ?
Non, ce sont deux natures de document. Une prise de position synthétise l’état des connaissances et le traduit en recommandations, mais elle ne mesure pas un effet. Sa force dépend des essais sur lesquels elle s’appuie, dont le niveau varie selon les indications.
Pour quels effets secondaires du cancer la photobiomodulation est-elle envisagée ?
Le champ est large : mucite orale, radiodermite, dysphagie, xérostomie, dysgueusie, trismus, nécroses muqueuses et osseuses, lymphoedème, syndrome main-pied et alopécie. S’y ajoutent la réaction chronique du greffon contre l’hôte, les altérations de la voix, la neuropathie périphérique et la fibrose tardive. Le niveau de preuve n’est pas le même pour toutes ces situations.
La photobiomodulation agit-elle sur la tumeur elle-même ?
Non. Le champ de ce document est le soin de support : les complications des traitements anticancéreux. La photobiomodulation n’y est jamais présentée comme un traitement du cancer et ne remplace ni la chimiothérapie ni la radiothérapie.
Référence
Robijns J, Nair RG, Lodewijckx J, et al. Photobiomodulation therapy in management of cancer therapy-induced side effects: WALT position paper 2022. Frontiers in Oncology, 2022. PMID 36110957. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36110957/
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.