Photobiomodulation et douleur chronique : revue systématique des essais randomisés contrôlés

Cette revue systématique a réuni 14 essais cliniques randomisés évaluant la photobiomodulation chez des adultes souffrant de douleur chronique. La majorité des essais rapporte une réduction significative de l’intensité douloureuse, en particulier dans la fibromyalgie et les neuropathies, mais aucune estimation groupée n’est produite.
Ce que cette étude a mesuré
Les auteurs ont interrogé cinq bases de données, PubMed, Embase, Scopus, LILACS et MEDLINE, pour les articles publiés entre septembre 2015 et septembre 2025. Seuls les essais cliniques randomisés comparant un protocole de photobiomodulation à un placebo, à une stimulation factice ou à une prise en charge conventionnelle ont été retenus.
Le critère de jugement principal était l’intensité de la douleur. Les critères secondaires portaient sur la fonction, sur la qualité de vie et sur la survenue d’effets indésirables. Le protocole est enregistré dans PROSPERO (CRD420251140711).
Les résultats principaux
Quatorze études ont été incluses. Les populations couvertes sont la fibromyalgie, les neuropathies périphériques, la douleur orofaciale et la douleur musculo-squelettique.
- 14 essais cliniques randomisés inclus.
- 4 grands types de douleur chronique représentés : fibromyalgie, neuropathies périphériques, douleur orofaciale, douleur musculo-squelettique.
- Période de recherche couverte : septembre 2015 à septembre 2025, sur 5 bases de données.
- La majorité des essais rapporte une réduction significative de la douleur sous photobiomodulation, avec un signal plus marqué dans la fibromyalgie et les neuropathies.
- Des gains fonctionnels et une amélioration de la qualité de vie sont observés dans certaines études seulement.
- L’incidence des effets indésirables est décrite comme faible.
- Aucune méta-analyse n’a été réalisée : ni différence moyenne, ni intervalle de confiance, ni score de qualité groupé ne figurent dans le résumé.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le mécanisme reste hypothétique. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait la production d’ATP dans les tissus exposés. Cette relance métabolique s’accompagnerait d’une modulation du stress oxydatif et des médiateurs de l’inflammation locale, ainsi que d’un effet sur la perfusion tissulaire. Dans la douleur d’origine nerveuse, une action sur la conduction nociceptive est également discutée. Ces explications sont proposées au conditionnel et ne sont pas testées dans cette revue.
Les limites à connaître
La limite dominante est l’hétérogénéité des paramètres techniques : longueur d’onde, densité d’énergie, durée et nombre de séances varient d’un essai à l’autre. Les auteurs indiquent que cette variabilité compromet la standardisation des résultats et empêche des recommandations plus larges. La durée de suivi est également décrite comme limitée, ce qui laisse ouverte la question du maintien de l’effet dans le temps.
Les résultats ne sont pas uniformes. Les auteurs écrivent que la plupart des essais montrent une réduction de la douleur, ce qui implique que certains n’en montrent pas. Les gains de fonction et de qualité de vie ne sont observés que dans une partie des études. Enfin, avec 14 essais répartis sur quatre familles de douleurs, chaque sous-groupe repose sur un petit nombre de travaux, et aucune estimation chiffrée de l’effet global n’est disponible.
Ce que cela change en pratique
La photobiomodulation apparaît comme une piste complémentaire dans des douleurs chroniques difficiles à contrôler par les moyens habituels, avec un profil de tolérance décrit comme favorable. Elle ne se substitue pas à un traitement antalgique prescrit, ni à la recherche de la cause de la douleur. Les auteurs appellent à des études multicentriques à protocole standardisé avant toute recommandation clinique consolidée. Un projet personnel gagne à être discuté avec le médecin qui suit la douleur.
Questions fréquentes
La photobiomodulation soulage-t-elle la fibromyalgie ?
Dans cette revue de 14 essais randomisés, la fibromyalgie fait partie des situations où la réduction de la douleur est la plus nettement rapportée. Le résumé ne donne toutefois aucune valeur chiffrée, ni différence moyenne, ni intervalle de confiance. Le signal est donc encourageant mais non quantifié.
Combien de séances faut-il ?
Le résumé ne communique aucun protocole chiffré. C’est précisément ce que les auteurs pointent comme faiblesse du domaine : les paramètres techniques diffèrent d’un essai à l’autre, ce qui empêche de dégager un schéma de traitement standard. Ils réclament des études multicentriques à protocole harmonisé.
Y a-t-il des effets indésirables ?
Les auteurs décrivent une faible incidence d’effets indésirables dans les essais inclus, ce qui conforte le profil de sécurité de la méthode. Aucun taux chiffré n’est fourni dans le résumé, et la durée de suivi des essais est jugée limitée. Cela ne dispense pas d’un avis médical.
Référence
Ferreira LMA, Oliveira ABC, Mendes JJB, Costa GV, Silva IR, et al. Photobiomodulation in chronic pain: a systematic review of randomized clinical trials. Frontiers in Integrative Neuroscience, 2026;20:1717372. PMID 41710353. DOI 10.3389/fnint.2026.1717372. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41710353/
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.