Neurologie centrale et cognition
Publié le
25 avril 2025

Photobiomodulation cérébrale dans la maladie d'Alzheimer et la maladie de Parkinson : état des connaissances cliniques

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Cette revue fait le point sur les études cliniques de photobiomodulation cérébrale menées dans la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Les auteurs rapportent une bonne tolérance mais un niveau de preuve faible, lié à des travaux exploratoires de qualité inégale, qui ne justifie pas un usage répandu.

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’une revue de la littérature consacrée à l’application clinique de la photobiomodulation cérébrale chez des patients atteints de maladie d’Alzheimer, de démences apparentées ou de maladie de Parkinson. Les auteurs y rassemblent les données cliniques disponibles, décrivent les résultats des études récentes et esquissent les directions de recherche à venir, y compris les essais en cours ou non publiés.

Le résumé ne précise ni le nombre d’études incluses, ni le nombre de patients concernés. Ce n’est pas une méta-analyse et aucune taille d’effet n’est calculée.

Les résultats principaux

Les constats rapportés par les auteurs sont qualitatifs. Ils portent sur la sécurité, sur le signal d’efficacité et sur la solidité méthodologique des travaux existants.

  • Plusieurs études cliniques ont évalué la photobiomodulation cérébrale, avec des paramètres variables, chez des patients Alzheimer et Parkinson. Le nombre précis n’est pas indiqué dans le résumé.
  • Toutes ces études démontrent la sécurité de la photobiomodulation cérébrale, selon les auteurs.
  • Les résultats sont décrits comme particulièrement encourageants dans la maladie d’Alzheimer, sans chiffre associé.
  • Le niveau de preuve global est jugé faible, en raison de plans d’étude exploratoires et d’une qualité inconstante.
  • Ce niveau de preuve ne soutient pas, à ce jour, un usage répandu en pratique clinique.
  • Aucun pourcentage, aucune différence moyenne et aucun intervalle de confiance ne sont rapportés dans le résumé.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Les hypothèses mécanistiques citées par les auteurs proviennent de travaux précliniques, donc animaux ou cellulaires, et ne sont pas transposables telles quelles à l’humain. La lumière proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait la disponibilité en ATP. Les modèles précliniques suggèrent également une réduction du stress oxydatif et de la neuroinflammation, une augmentation du débit sanguin cérébral et une stimulation de la neurogenèse et de la synaptogenèse. Ces éléments restent au conditionnel et ne constituent pas une démonstration clinique.

Les limites à connaître

La limite majeure est explicitement posée par les auteurs : le niveau de preuve est faible. Les études disponibles sont exploratoires, de qualité inégale, avec des effectifs réduits et des paramètres d’exposition hétérogènes. Les auteurs identifient deux manques à combler, des essais randomisés en double aveugle contre placebo lumineux avec davantage de patients et un suivi plus long, ainsi que des travaux de dosimétrie destinés à déterminer les paramètres optimaux.

Ce constat doit être lu comme une absence de conclusion, et non comme une preuve d’efficacité. Rien dans ce travail n’établit un effet de la photobiomodulation sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer ou de la maladie de Parkinson. Les mécanismes avancés sont précliniques et restent exploratoires. Enfin, le premier auteur est affilié à une société qui développe des dispositifs de photobiomodulation, ce qui appelle une lecture prudente des conclusions favorables.

Ce que cela change en pratique

Rien ne change à court terme pour un patient ou pour un aidant. La photobiomodulation cérébrale demeure un objet de recherche dans ces deux maladies, et non une option validée. Elle ne se substitue à aucun traitement prescrit ni à aucun suivi neurologique. Toute démarche personnelle doit être discutée avec le neurologue ou le médecin traitant.

Questions fréquentes

La photobiomodulation cérébrale est-elle un traitement de la maladie d’Alzheimer ?

Non. Les auteurs de cette revue concluent que le niveau de preuve actuel est faible et qu’il ne soutient pas un usage répandu en pratique clinique. Les travaux cliniques existants sont de nature exploratoire. La photobiomodulation ne remplace aucun traitement ni aucun suivi prescrit.

Est-elle bien tolérée par les patients ?

Les auteurs rapportent que l’ensemble des études cliniques recensées démontrent la sécurité de la photobiomodulation cérébrale. Le résumé ne fournit toutefois ni taux d’effets indésirables ni durée de suivi. Une bonne tolérance observée dans des études courtes n’équivaut pas à une garantie de sécurité au long cours.

Que manque-t-il pour trancher ?

Les auteurs citent deux besoins précis. D’abord des essais randomisés en double aveugle contre placebo lumineux, avec un plus grand nombre de patients et un suivi plus long. Ensuite des recherches de dosimétrie destinées à identifier les paramètres lumineux optimaux, aujourd’hui très variables d’une étude à l’autre.

Référence

Blivet G, Touchon B, Cavadore H, Guillemin S, Pain F, et al. Brain photobiomodulation: a potential treatment in Alzheimer’s and Parkinson’s diseases. The Journal of Prevention of Alzheimer’s Disease, 2025;12(7):100185. PMID 40287365. DOI 10.1016/j.tjpad.2025.100185. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40287365/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.