De La Hoz T.Q. et al. - Photobiomodulation et xérostomie après radiothérapie de la tête et du cou : revue systématique et méta-analyse

Dans cette méta-analyse de 7 essais randomisés, la photobiomodulation est associée à une réduction de la douleur orale chez des adultes irradiés pour un cancer de la tête et du cou. Pour le flux salivaire, les estimations vont dans le même sens mais n’atteignent pas la significativité statistique.
Ce que cette étude a mesuré
La xérostomie induite par la radiothérapie est une complication fréquente et invalidante chez les personnes traitées pour un cancer de la tête et du cou. Les auteurs ont voulu préciser l’efficacité clinique de la photobiomodulation, utilisée ici comme soin de support et non comme traitement du cancer.
Il s’agit d’une revue systématique avec méta-analyse d’essais contrôlés randomisés menés chez des adultes. Quatre bases de données (MEDLINE via PubMed, Embase, Scopus et Web of Science) ont été interrogées depuis leur création jusqu’en octobre 2025. Les études retenues évaluaient une photobiomodulation intra-orale et/ou extra-orale, avec des paramètres laser définis à l’avance, et rapportaient la douleur orale, le flux salivaire ou la qualité de vie liée à la xérostomie. Le risque de biais a été apprécié avec l’outil Cochrane RoB 2.0, les données ont été combinées par un modèle à effets aléatoires (estimateur de Paule-Mandel) et la certitude des preuves a été évaluée selon la méthode GRADE.
Les résultats principaux
Sept essais randomisés ont été inclus. Par rapport aux interventions de comparaison, la photobiomodulation a réduit de façon significative la douleur orale, avec une hétérogénéité modérée entre les études. Pour le flux salivaire, stimulé comme non stimulé, les estimations regroupées penchent en faveur de la photobiomodulation sans atteindre la significativité statistique, avec une hétérogénéité considérable.
- Douleur orale : différence moyenne -0,76 (IC 95 % -1,33 à -0,20), en faveur de la photobiomodulation.
- Flux salivaire stimulé et non stimulé : résultats non significatifs.
- Hétérogénéité du flux salivaire : I² supérieur à 90 %.
- Certitude des preuves (GRADE) : modérée pour la douleur, faible à très faible pour le flux salivaire.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
La photobiomodulation consiste à appliquer une lumière de faible intensité sur les tissus. Les auteurs la décrivent comme une stratégie de soutien aux effets potentiellement anti-inflammatoires, antalgiques et protecteurs des tissus. Cette étude compare des résultats cliniques et ne démontre aucun mécanisme.
Les protocoles inclus variaient beaucoup. Les auteurs citent des différences de longueur d’onde, de densité d’énergie, de fréquence des séances, de zone anatomique ciblée et d’exposition des glandes salivaires aux rayonnements. Ces écarts contribuent, selon eux, à des effets incohérents d’une étude à l’autre.
Les limites à connaître
Le résultat sur le flux salivaire n’est pas significatif, et l’hétérogénéité très élevée (I² supérieur à 90 %) empêche de conclure. La certitude des preuves est faible à très faible pour ces critères. Le nombre d’essais est limité (7) et les protocoles sont très disparates. L’abstract ne précise pas la taille totale des échantillons ni l’échelle de mesure de la douleur, ces éléments ne sont donc pas rapportés ici. Les auteurs soulignent le besoin de protocoles standardisés, d’une meilleure rigueur méthodologique et d’essais disposant d’une puissance suffisante.
Ce que cela change en pratique
Les auteurs concluent que la photobiomodulation procure une réduction cliniquement significative de la douleur orale liée à la radiothérapie et pourrait apporter un bénéfice sur les symptômes de la xérostomie. En revanche, son effet sur la restauration du flux salivaire reste incertain. La photobiomodulation se place ici en soin de support, pour le confort buccal, et n’a pas vocation à agir sur le cancer lui-même. Elle ne remplace ni le suivi oncologique ni les soins prescrits.
Questions fréquentes
La photobiomodulation rétablit-elle la production de salive ?
Ce n’est pas démontré. Dans cette méta-analyse, les estimations du flux salivaire vont dans le sens de la photobiomodulation, mais elles ne sont pas statistiquement significatives et la certitude des preuves est faible à très faible.
Quel effet a été observé sur la douleur orale ?
Les auteurs rapportent une réduction significative de la douleur orale par rapport aux interventions de comparaison, avec une différence moyenne de -0,76 (IC 95 % -1,33 à -0,20) et une certitude des preuves jugée modérée.
Existe-t-il un protocole standard recommandé ?
Non. Les paramètres variaient fortement d’un essai à l’autre (longueur d’onde, énergie, fréquence des séances, zone ciblée). Les auteurs appellent à des protocoles standardisés et à des essais mieux conçus.
Référence
De La Hoz TQ, Peña YS, Ramírez FQ, Rivera-Lozada O, Barboza JJ. Effectiveness of Photobiomodulation as a Treatment for Xerostomia in Patients with Head and Neck Cancer Undergoing Radiotherapy: A Systematic Review and Meta-Analysis. Dent J (Basel), 2026. PMID 42782929. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42782929/
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.