José Alves A. et al. - Photobiomodulation versus TENS dans les troubles temporo-mandibulaires : revue systématique

Cette revue systématique de 14 études (620 patients) compare la photobiomodulation et la neurostimulation électrique transcutanée (TENS) dans les troubles temporo-mandibulaires. Plus d’études rapportent de meilleurs résultats numériques avec la photobiomodulation, mais la qualité de rapport est limitée et aucune conclusion de supériorité n’est possible.
Ce que cette étude a mesuré
Les troubles temporo-mandibulaires comptent parmi les causes les plus fréquentes de douleur chronique de la face. La photobiomodulation et la TENS sont deux approches conservatrices très utilisées, mais on ignore laquelle est la plus efficace. Cette revue compare directement les deux et évalue la qualité méthodologique des études.
Augusto José Alves et ses collègues ont réalisé une revue systématique selon PRISMA, avec protocole enregistré sur PROSPERO. Cinq bases de données ont été interrogées (Medline, Web of Science, Scopus, Cochrane, Embase), sans restriction de date ni de langue. Sur 402 références, 14 études ont été retenues, regroupant 620 patients atteints de douleur articulaire, musculaire ou de déplacement du disque. La qualité de rapport a été évaluée avec une grille adaptée de CONSORT.
Les résultats principaux
Les auteurs n’ont pas pu regrouper les données dans une méta-analyse. Le résumé décrit les tendances suivantes.
- Douleur : un plus grand nombre d’études rapportent une amélioration numériquement plus forte avec la photobiomodulation qu’avec la TENS
- Ouverture maximale de la bouche : même tendance en faveur de la photobiomodulation
- Qualité de rapport : 12 études sur 14 sont classées niveau III, soit une qualité de rapport limitée
- Conclusion des auteurs : les deux approches pourraient améliorer la douleur et la fonction mandibulaire
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le résumé ne détaille pas de mécanisme. De façon générale, on propose que la lumière rouge ou proche infrarouge, absorbée par la cytochrome c oxydase des mitochondries, puisse moduler l’inflammation et la perception de la douleur dans les muscles et les articulations de la mâchoire. La TENS agit, elle, par stimulation électrique des nerfs. Ces explications restent des hypothèses, que cette revue ne teste pas.
Les limites à connaître
Les auteurs insistent sur la prudence. Les diagnostics, les protocoles de traitement et les critères de mesure varient fortement entre les études. Il n’y a pas de synthèse quantitative, donc pas d’estimation chiffrée de la différence entre les deux approches. Une majorité d’études présente une qualité de rapport limitée. Les différences observées sont décrites comme numériques : elles ne prouvent ni supériorité ni équivalence. Le résumé ne donne pas non plus de données sur les effets indésirables ni sur le suivi à long terme.
Ce que cela change en pratique
Pour les personnes concernées et les professionnels de santé, cette revue indique que la photobiomodulation et la TENS sont deux options conservatrices plausibles, sans qu’on puisse désigner la meilleure. Le choix dépend du diagnostic posé, de la disponibilité et de l’avis du praticien. Aucune de ces approches ne remplace une évaluation et un suivi par un professionnel de santé. Des essais mieux rapportés sont nécessaires, avec des critères de diagnostic communs, des protocoles de photobiomodulation décrits en détail et une comparaison directe entre les deux approches sur un suivi suffisamment long.
Questions fréquentes
La photobiomodulation est-elle meilleure que la TENS pour les douleurs de la mâchoire ?
Plus d’études rapportent un meilleur résultat numérique avec la photobiomodulation sur la douleur et l’ouverture de la bouche. Les auteurs refusent toutefois de conclure à une supériorité, faute de synthèse quantitative et en raison de l’hétérogénéité des études.
Combien d’études et de patients ont été analysés ?
La revue inclut 14 études et 620 patients, sélectionnés parmi 402 références. Douze études sur quatorze sont classées niveau III pour la qualité de rapport.
Ces deux méthodes améliorent-elles la fonction de la mâchoire ?
Selon les auteurs, les deux pourraient améliorer la douleur et la fonction mandibulaire, avec la réserve que ces résultats doivent être interprétés avec prudence.
Référence
Alves AJ, Braz CDV, Mourão ELS, Oliveira JEM, Souza NR, Paiva PCP, Flecha OD, Leonan-Silva B. Comparative efficacy of photobiomodulation therapy and transcutaneous electrical nerve stimulation for temporomandibular disorders: a CONSORT-based methodological appraisal. Swiss Dental Journal, 2026. PMID 42817778. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.