Montazeri K. et al. - Photobiomodulation pour les troubles de l’humeur : revue systématique

Cette revue systématique rassemble 16 études sur la photobiomodulation appliquée aux troubles de l’humeur, dont 4 essais randomisés contrôlés seulement. Les auteurs retiennent un niveau de recommandation fort pour la dépression majeure d’intensité modérée, mais estiment les données insuffisantes pour le trouble bipolaire.
Ce que cette étude a mesuré
Katayoon Montazeri et ses coauteurs ont interrogé Google Scholar, PubMed, Scopus et ScienceDirect en suivant la méthodologie PRISMA. Ils ont retenu les travaux humains ou animaux publiés en anglais entre janvier 2009 et août 2021. L’objectif était triple : recenser les paramètres de photobiomodulation réellement employés, apprécier le niveau de preuve de leur efficacité et en déduire un degré de recommandation pratique. Il s’agit d’une revue systématique et non d’une méta-analyse. Aucun effet global n’a donc été calculé en regroupant statistiquement les données des essais.
Les résultats principaux
Seize études répondaient aux critères d’inclusion, dont quatre essais randomisés contrôlés dont la qualité méthodologique a été évaluée.
- 16 études incluses, dont 4 essais randomisés contrôlés.
- Période couverte : janvier 2009 à août 2021, quatre bases de données interrogées.
- Longueurs d’onde infrarouges les plus employées : 800 à 830 nm.
- Densité de puissance la plus employée : 250 mW/cm².
- Densité d’énergie la plus employée : 60 à 120 J/cm².
- 2 des 4 essais randomisés ont été jugés de bonne qualité après évaluation du risque de biais.
- Selon la grille de recommandation retenue par les auteurs, la photobiomodulation est classée fortement recommandée pour la dépression majeure d’intensité modérée et recommandée pour les troubles anxieux.
- Pour le trouble bipolaire, les auteurs concluent que d’autres études sont nécessaires avant toute recommandation.
Comment la photobiomodulation transcrânienne agit
Les hypothèses mécanistiques retenues dans ce champ restent à confirmer. La lumière proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, enzyme de la chaîne respiratoire mitochondriale, avec pour conséquence supposée une hausse de la production d’ATP dans les tissus cibles. D’autres voies sont discutées : une modulation de la perfusion cérébrale, une baisse du stress oxydatif et une atténuation de la neuroinflammation. Cette revue recense des paramètres d’irradiation et des résultats cliniques, elle ne mesure pas directement ces mécanismes.
Les limites à connaître
La principale limite tient au corpus : seize études dont quatre essais randomisés, et deux seulement de bonne qualité méthodologique. La revue mélange travaux humains et animaux, ce qui rend la transposition clinique délicate. Aucun effet groupé n’étant calculé, l’ampleur du bénéfice reste inconnue. La recherche s’arrête en août 2021 et n’intègre donc pas les publications ultérieures. Enfin, l’hétérogénéité des paramètres empêche de désigner un protocole unique, et le niveau de recommandation proposé reflète l’appréciation des auteurs plus qu’une preuve d’efficacité solidement établie.
Ce que cela change en pratique
Cette synthèse cartographie les paramètres publiés et signale un intérêt de recherche pour la dépression et l’anxiété, sans fournir de protocole validé. La photobiomodulation ne remplace ni un suivi psychiatrique ni un traitement en cours : un trouble de l’humeur nécessite un accompagnement professionnel. La démarche la plus prudente consiste à en parler au médecin traitant ou au psychiatre, qui connaît le dossier et la prise en charge déjà engagée.
Questions fréquentes
Quelles longueurs d’onde sont utilisées pour les troubles de l’humeur ?
Dans les études recensées, les longueurs d’onde infrarouges de 800 à 830 nm sont les plus fréquentes. Les auteurs relèvent aussi une densité de puissance de 250 mW/cm² et une densité d’énergie de 60 à 120 J/cm². Ces valeurs décrivent l’existant publié, elles ne constituent pas une prescription.
Cette revue est-elle une méta-analyse ?
Non. Il s’agit d’une revue systématique conduite selon PRISMA, sans regroupement statistique des résultats. Aucune taille d’effet globale n’est donc disponible. C’est une différence importante : la revue décrit et évalue les études, elle ne quantifie pas un bénéfice moyen.
Que sait-on pour le trouble bipolaire ?
Très peu de choses. Les auteurs indiquent explicitement que les données disponibles ne permettent pas de formuler une recommandation dans cette indication. D’autres études sont nécessaires. Un trouble bipolaire relève d’une prise en charge psychiatrique spécialisée.
Référence
Montazeri K, Farhadi M, Fekrazad R, Chaibakhsh S, Mahmoudian S. Photobiomodulation therapy in mood disorders: a systematic review. Lasers in Medical Science, 2022 ; 37 (9) : 3343-3351. PMID 36404359. DOI 10.1007/s10103-022-03641-w. https://doi.org/10.1007/s10103-022-03641-w
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit ni un suivi psychiatrique. Parlez-en à un professionnel de santé.