Neurologie centrale et cognition
Publié le
1er octobre 2016

Hamblin M.R. - Photobiomodulation transcrânienne appliquée aux troubles cérébraux : revue de la littérature

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Cette publication de 2016 est une revue de la littérature, et non un essai clinique. Elle décrit les mécanismes proposés de la photobiomodulation transcrânienne et recense les travaux précliniques et les essais cliniques menés dans différents troubles cérébraux.

Ce que cette publication passe en revue

La photobiomodulation désigne l’usage d’une lumière rouge ou proche infrarouge pour stimuler, réparer, régénérer et protéger un tissu lésé, en cours de dégénérescence ou menacé. L’auteur, rattaché au Wellman Center for Photomedicine du Massachusetts General Hospital, applique cette définition au cerveau et propose un état des lieux du domaine.

Il s’agit d’une revue, référencée comme telle dans PubMed. Elle ne comporte ni méta-analyse, ni recherche systématique décrite dans le résumé, ni chiffre agrégé. Les troubles cérébraux y sont classés en trois groupes : les événements traumatiques, qui réunissent l’accident vasculaire cérébral, le traumatisme crânien et l’ischémie globale ; les maladies dégénératives, dont les démences, la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson ; les troubles psychiatriques, dont la dépression, l’anxiété et l’état de stress post-traumatique.

Les éléments rapportés

Le résumé ne contient aucune donnée chiffrée. Voici les constats qualitatifs formulés par l’auteur.

  • Il existe, selon la revue, « quelques éléments » indiquant que ces conditions très diverses peuvent être influencées favorablement par l’application de lumière sur la tête.
  • L’auteur évoque la possibilité d’un usage d’amélioration cognitive chez des personnes en bonne santé, présentée comme une éventualité et non comme un résultat établi.
  • En application transcrânienne, la lumière proche infrarouge est souvent dirigée vers le front, en raison d’une meilleure pénétration : absence de cheveux et longueur d’onde plus élevée.
  • Certaines équipes ont utilisé des lasers ; l’arrivée de matrices de diodes électroluminescentes peu coûteuses a permis le développement de casques lumineux.
  • Aucun effectif, aucune longueur d’onde chiffrée et aucune dose ne figurent dans le résumé.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

La revue annonce couvrir les mécanismes d’action de la photobiomodulation appliquée au cerveau, sans les détailler dans son résumé. Le principe généralement avancé dans ce champ reste hypothétique : la lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par des chromophores mitochondriaux, ce qui modifierait le métabolisme énergétique cellulaire. La question propre au cerveau est celle de la pénétration à travers le cuir chevelu et l’os, que l’auteur relie au choix du front comme zone d’application et à l’usage de longueurs d’onde plus longues.

Les limites à connaître

La limite principale est le type de publication. Une revue narrative sélectionne et commente des travaux ; elle ne mesure rien et ne permet aucune estimation d’effet. Les formulations prudentes employées par l’auteur, notamment l’existence de « quelques éléments », doivent être lues comme telles.

Le regroupement de pathologies aussi différentes que l’accident vasculaire cérébral, la maladie d’Alzheimer et la dépression sous une même bannière technologique ne signifie pas que le niveau de preuve soit comparable d’une indication à l’autre. Sur les maladies neurodégénératives en particulier, rien dans ce texte ne permet d’affirmer un effet quelconque sur l’évolution de la maladie. Enfin, cette revue date de 2016 : des essais et des synthèses postérieurs existent, y compris des résultats négatifs, et doivent être consultés pour se faire une idée à jour.

Ce que cela change en pratique

Ce texte sert de point d’entrée dans le domaine et de cadre de classification, pas de preuve d’efficacité. Il ne permet de recommander la photobiomodulation transcrânienne dans aucune des indications citées. Les paramètres d’usage, longueur d’onde, puissance, durée et nombre de séances, ne sont pas précisés dans le résumé. Toute question portant sur un trouble neurologique ou psychiatrique relève d’une prise en charge médicale.

Questions fréquentes

Cette publication prouve-t-elle que la lumière soigne le cerveau ?

Non. Il s’agit d’une revue de la littérature, un format qui rassemble et commente des travaux existants sans produire de résultat propre. L’auteur indique qu’il existe « quelques éléments » en faveur d’un effet, ce qui reste une formulation prudente et non une démonstration.

Pourquoi la lumière est-elle appliquée sur le front ?

Parce que la pénétration y est meilleure, pour deux raisons citées par l’auteur : l’absence de cheveux et l’emploi d’une longueur d’onde plus élevée, dans le proche infrarouge. Le résumé ne donne aucune valeur chiffrée de profondeur atteinte.

Un casque lumineux vaut-il un appareil laser ?

La revue ne compare pas les deux. Elle indique seulement que des lasers ont d’abord été utilisés, puis que des matrices de diodes électroluminescentes peu coûteuses ont rendu possibles des casques lumineux. Aucune supériorité de l’un sur l’autre n’est établie ici.

Référence

Hamblin MR. Shining light on the head: Photobiomodulation for brain disorders. BBA Clinical, 2016. PMID 27752476. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.