Zeng J. et al. - Photobiomodulation transcrânienne et fonctions cognitives après traumatisme crânien : revue systématique

Cette revue systématique a retenu 6 études sur 131 articles identifiés et rapporte des améliorations cognitives chez des patients atteints de traumatisme crânien chronique après photobiomodulation transcrânienne. Les auteurs soulignent l’absence d’essais contrôlés randomisés dans ce champ et une hétérogénéité telle qu’aucun paramètre optimal ne peut être défini.
Ce que cette étude a mesuré
Les auteurs ont conduit une revue systématique de la littérature selon les recommandations PRISMA. Les bases PubMed, Web of Science, Scopus, EMBASE et Cochrane Library ont été interrogées jusqu’au 31 octobre 2023. L’objectif était de rassembler les résultats cognitifs des essais cliniques évaluant la photobiomodulation transcrânienne dans le traumatisme crânien.
Il s’agit d’une revue systématique et non d’une méta-analyse : aucun effet global chiffré, aucune différence moyenne standardisée ni intervalle de confiance ne sont calculés. La synthèse est qualitative, ce qui place le niveau de preuve en dessous de celui d’une synthèse quantitative.
Les résultats principaux
Les éléments chiffrés fournis par cette revue sont peu nombreux.
- 131 articles retrouvés lors de la recherche initiale.
- 6 études finalement incluses après application des critères d’inclusion et d’exclusion.
- Amélioration cognitive rapportée chez des patients atteints de traumatisme crânien chronique après photobiomodulation transcrânienne.
- Aucun paramètre optimal de traitement ne peut être dégagé, en raison d’une hétérogénéité importante entre les protocoles.
- Absence d’essais contrôlés randomisés dans ce champ, signalée par les auteurs.
La revue ne fournit ni taille d’effet, ni nombre total de participants, ni durée de suivi agrégée. Ces données ne peuvent donc pas être rapportées ici.
Comment la photobiomodulation transcrânienne agit
Les auteurs avancent plusieurs mécanismes, qui restent hypothétiques. La photobiomodulation transcrânienne augmenterait le volume de substance grise corticale totale, de substance grise sous-corticale et du thalamus. Elle améliorerait aussi le débit sanguin cérébral, la connectivité fonctionnelle et l’oxygénation cérébrale. En amont, l’absorption de la lumière rouge et proche infrarouge par la cytochrome c oxydase mitochondriale augmenterait la production d’ATP, une action à laquelle s’ajouterait une modulation du stress oxydatif. Ces pistes sont proposées comme explications, elles ne sont pas démontrées par la revue.
Les limites à connaître
Six études seulement ont été retenues, ce qui est très peu. Les auteurs indiquent explicitement qu’il manque des essais contrôlés randomisés dans ce domaine : les données disponibles reposent donc sur des devis exposés à l’effet placebo et aux biais d’attente.
L’hétérogénéité des applications est telle qu’aucun paramètre optimal, ni longueur d’onde, ni dose, ni nombre de séances, ne peut être proposé. Les auteurs qualifient eux-mêmes leur conclusion d’encourageante mais incertaine, et appellent des essais randomisés pour trancher.
Enfin, les résultats concernent le traumatisme crânien chronique. Ils ne se transposent ni à la phase aiguë, ni aux autres causes de troubles cognitifs.
Ce que cela change en pratique
Cette revue ne permet pas de recommander la photobiomodulation transcrânienne dans la rééducation cognitive après traumatisme crânien. Elle indique que la question mérite d’être testée dans des essais randomisés, ce que les auteurs demandent explicitement. Une personne concernée par des séquelles cognitives d’un traumatisme crânien relève d’un suivi neurologique et d’une rééducation encadrée par des professionnels.
Questions fréquentes
Combien d’études existe-t-il sur la photobiomodulation après un traumatisme crânien ?
Cette revue publiée en 2024 a retrouvé 131 articles et n’en a retenu que 6 après application de ses critères. Ce très petit nombre traduit le caractère récent et fragmentaire du champ. Les auteurs signalent en outre qu’aucun essai contrôlé randomisé n’était disponible.
Existe-t-il un protocole recommandé ?
Non. Les auteurs indiquent que l’hétérogénéité des applications les empêche de résumer des paramètres optimaux. Longueur d’onde, puissance, durée et nombre de séances varient d’une étude à l’autre. Aucune recommandation de dose ne peut donc être tirée de cette revue.
Quels effets cérébraux sont évoqués par les auteurs ?
Ils citent une augmentation du volume de substance grise corticale et sous-corticale ainsi que du thalamus, et une amélioration du débit sanguin cérébral, de la connectivité fonctionnelle et de l’oxygénation cérébrale. Ces observations sont présentées comme des mécanismes possibles, issus des études incluses. Elles n’ont pas été confirmées dans un essai randomisé.
Référence
Zeng J, Wang C, Chai Y, Lei D, Wang Q. Can transcranial photobiomodulation improve cognitive function in TBI patients? A systematic review. Frontiers in Psychology, 2024. PMID 38952831. DOI 10.3389/fpsyg.2024.1378570. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38952831/
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.