Douleur et inflammation
Publié le
19 octobre 2026

Song E. et al. - Photobiomodulation dans toutes les indications : revue parapluie de 100 revues systématiques

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Cette revue parapluie analyse 100 revues systématiques sur la photobiomodulation de faible intensité, toutes indications confondues. Soixante-deux revues concluent favorablement et 34 de façon neutre ou mixte, mais 90 % ont une confiance méthodologique faible ou critiquement faible : les auteurs ne concluent ni à une efficacité établie ni à une sécurité démontrée.

Ce que cette étude a mesuré

Les revues systématiques sur la photobiomodulation (PBM), aussi appelée thérapie par laser de faible intensité (LLLT), se multiplient, mais leurs conclusions sont dispersées et parfois contradictoires. Eunhye Song et ses collègues, de l’Institut coréen de médecine orientale, ont donc réalisé une revue de revues, c’est-à-dire une revue parapluie.

Ils ont interrogé PubMed, Embase, la Cochrane Library et Web of Science jusqu’au 24 février 2026, en retenant les revues systématiques et méta-analyses chez l’humain. Pour chacune, ils ont relevé la condition clinique, les caractéristiques du traitement, le sens général des conclusions et les effets indésirables, puis évalué la qualité méthodologique avec l’outil AMSTAR 2. Au total, 100 revues ont été incluses, soit 1 164 occurrences d’études primaires pour 790 études primaires distinctes.

Les résultats principaux

La répartition des domaines étudiés, le sens des conclusions et la qualité des revues se résument ainsi.

  • Domaines : 53 revues portent sur les affections bucco-dentaires, 22 sur les troubles musculo-squelettiques, 8 sur les complications liées à l’oncologie et 8 sur les plaies et affections lymphatiques
  • Conclusions : 62 revues sont favorables, 34 neutres ou mixtes et 4 peu claires
  • Domaine le plus favorable : les complications liées à l’oncologie, comme la mucite buccale
  • Effets indésirables : 11 revues en rapportent au moins un, 32 indiquent explicitement qu’il n’y en a pas et 57 ne fournissent aucune information
  • Qualité : 30,0 % des revues ont une confiance faible et 60,0 % une confiance critiquement faible selon AMSTAR 2

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Cette revue parapluie ne teste aucun mécanisme et son résumé n’en décrit pas. De façon générale, on propose que la lumière rouge ou proche infrarouge soit absorbée par les mitochondries, notamment par la cytochrome c oxydase, et puisse moduler l’inflammation, la douleur et la réparation des tissus. Il s’agit d’une hypothèse, dont la pertinence varie selon la pathologie, la profondeur du tissu visé et les paramètres de traitement. Les auteurs soulignent d’ailleurs que l’hétérogénéité de ces paramètres limite l’interprétation des résultats.

Les limites à connaître

Les auteurs précisent que ces tendances descriptives n’établissent ni l’efficacité du traitement ni la certitude des données sous-jacentes. Plusieurs éléments pèsent sur l’interprétation.

La qualité méthodologique des revues est majoritairement basse, puisque 90 % se situent à un niveau faible ou critiquement faible. Les paramètres de traitement sont très hétérogènes. Cinquante-sept revues sur 100 ne renseignent pas les effets indésirables, ce qui empêche toute conclusion ferme sur la sécurité. Enfin, 1 164 occurrences pour 790 études distinctes montrent que les mêmes études sont reprises dans plusieurs revues. Cette synthèse compte donc des conclusions de revues, pas des tailles d’effet cliniques, et ne dit rien de l’ampleur du bénéfice pour un patient.

Ce que cela change en pratique

Cette revue de revues suggère un intérêt potentiel dans certaines indications, surtout la mucite buccale liée aux traitements du cancer, où la photobiomodulation intervient en soin de support et jamais comme traitement du cancer. Elle ne permet pas d’affirmer que la photobiomodulation fonctionne pour toutes les pathologies.

Elle sert surtout de carte de la littérature : elle montre où les données sont abondantes, comme la bouche et les dents ou l’appareil locomoteur, et où elles restent fragiles. Pour une personne qui envisage ce type de soin, l’avis d’un professionnel de santé reste indispensable. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit ni un suivi médical.

Questions fréquentes

La photobiomodulation est-elle efficace pour toutes les pathologies ?

Non. Sur 100 revues, 62 concluent de façon favorable, 34 de façon neutre ou mixte et 4 de façon peu claire. Les auteurs rappellent que ces tendances n’établissent pas l’efficacité et que la confiance dans les revues est le plus souvent faible.

La photobiomodulation est-elle sûre ?

Les données sont insuffisantes pour trancher. Onze revues rapportent au moins un effet indésirable, 32 indiquent qu’il n’y en a pas et 57 ne disent rien. Les auteurs estiment que ce rapport incomplet empêche toute conclusion ferme sur la sécurité.

Dans quels domaines les données sont-elles les plus nombreuses ?

Dans le domaine bucco-dentaire avec 53 revues, puis les troubles musculo-squelettiques avec 22 revues, les complications liées à l’oncologie avec 8 revues et les plaies et affections lymphatiques avec 8 revues.

Référence

Song E, Ang L, Yim MH, Choi S, Kim J. Umbrella review of low-level light therapy: evidence across clinical conditions. Lasers in Medical Science, 2026. PMID 42878931. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.