Berisha-Muharremi V. et al. - Photobiomodulation dans la thyroïdite auto-immune chronique : revue systématique

Cette revue systématique n’a identifié que six études cliniques humaines évaluant la photobiomodulation dans la thyroïdite auto-immune chronique, publiées entre 2010 et 2025. Les auteurs décrivent des signaux favorables mais concluent que des essais randomisés contre appareil inactif restent nécessaires avant toute application clinique.
Ce que cette étude a mesuré
Il s’agit d’une revue systématique narrative, conduite selon les principes de rapport PRISMA, et non d’un essai clinique. Les auteurs ont interrogé PubMed/MEDLINE, Google Scholar et d’autres bases afin de retrouver les études cliniques humaines originales évaluant la photobiomodulation, aussi appelée laser de faible intensité, dans la thyroïdite auto-immune chronique, y compris sous le terme de thyroïdite de Hashimoto.
Seules les études rapportant des critères liés à la thyroïde ont été retenues. En raison de l’hétérogénéité des schémas d’étude et des protocoles lumineux, aucune synthèse quantitative n’a été réalisée : les résultats sont présentés de façon narrative.
Les résultats principaux
La revue ne fournit aucun résultat regroupé chiffré. Les éléments ci-dessous sont ceux rapportés par les auteurs.
- 6 études cliniques éligibles, publiées entre 2010 et 2025
- Réductions des auto-anticorps thyroïdiens rapportées dans les études incluses
- Améliorations des indices hormonaux thyroïdiens
- Diminutions des besoins en lévothyroxine
- Modifications échographiques dans les études au suivi le plus long
- 1 essai contrôlé contre appareil inactif : amélioration des marqueurs de stress oxydatif et de la qualité de vie, sans modification endocrinienne à court terme
Aucune taille d’effet, aucun intervalle de confiance et aucune valeur de p ne figurent dans le résumé. Les paramètres lumineux employés ne sont pas détaillés.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Les mécanismes évoqués restent hypothétiques. La lumière rouge ou proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la production d’ATP dans les cellules exposées. Au niveau du tissu thyroïdien, ce mécanisme pourrait s’accompagner d’une modulation de la réponse inflammatoire, d’effets sur la vascularisation locale et sur le stress oxydatif. Ces pistes ne sont pas démontrées et ne permettent pas de conclure à un effet sur le processus auto-immun lui-même.
Les limites à connaître
Le socle de preuves est très mince. Six études humaines seulement ont été retenues sur quinze ans, avec des protocoles de photobiomodulation hétérogènes qui rendent les comparaisons difficiles. Les auteurs signalent l’usage fréquent de co-interventions comme le sélénium ou la vitamine D, ce qui empêche d’attribuer les changements observés à la seule lumière. Le seul essai contrôlé contre appareil inactif n’a pas mis en évidence de modification endocrinienne à court terme. Les auteurs indiquent eux-mêmes que des essais randomisés contrôlés sont requis avant toute application clinique.
Ce que cela change en pratique
Rien, à ce stade. La thyroïdite auto-immune chronique est une maladie qui relève d’un suivi endocrinologique régulier, avec des dosages biologiques et un ajustement médical du traitement. La lévothyroxine ne doit jamais être arrêtée, diminuée ni modifiée sans avis médical, quelle que soit l’impression ressentie. La photobiomodulation n’est pas un traitement validé de cette maladie et ne se substitue à aucun élément de la prise en charge. Toute démarche complémentaire doit être discutée au préalable avec l’endocrinologue ou le médecin traitant.
Questions fréquentes
La photobiomodulation peut-elle remplacer la lévothyroxine ?
Non. Aucune donnée de cette revue ne permet de l’envisager. La lévothyroxine est un traitement substitutif prescrit et surveillé par un médecin, et son arrêt ou sa réduction sans avis médical expose à des conséquences sérieuses. Seul le médecin qui suit vos bilans peut décider d’un ajustement de dose.
Pourquoi les auteurs parlent-ils de preuves limitées ?
Parce que six études cliniques humaines seulement ont pu être retenues, avec des protocoles très différents les uns des autres. Plusieurs comportaient aussi du sélénium ou de la vitamine D, ce qui rend impossible d’isoler l’effet propre de la lumière. Aucun résultat regroupé chiffré n’a pu être calculé.
Que signifie un essai contrôlé contre appareil inactif ?
C’est un essai dans lequel une partie des participants reçoit un appareil d’apparence identique mais qui n’émet pas de lumière active, sans le savoir. Cela permet de séparer l’effet propre du traitement de l’effet placebo et de l’évolution spontanée. Dans cette revue, un seul essai de ce type a été identifié, et il n’a pas montré de changement endocrinien à court terme.
Référence
Berisha-Muharremi V, Humolli A. Photobiomodulation Therapy in Chronic Autoimmune Thyroiditis: A Systematic Review of Molecular Mechanisms and Clinical Applications. Int J Mol Sci, 2026;27(7):3007. PMID 41977196. DOI 10.3390/ijms27073007. https://doi.org/10.3390/ijms27073007
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.