Santamarina L. et al. - Influence de la photobiomodulation sur les symptômes et la fonction dans la neuropathie périphérique chimio-induite

Dans une étude clinique prospective menée chez 47 patients souffrant d’une neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie, la photobiomodulation appliquée sur le trajet nerveux des membres inférieurs a été associée à une amélioration des symptômes sensitifs, de l’équilibre et de la vitesse de marche. L’étude ne comportait aucun groupe témoin et l’échelle fonctionnelle utilisée n’a pas bougé de façon significative.
Ce que cette étude a mesuré
La neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie associe fourmillements, engourdissements et douleurs des extrémités, avec un retentissement sur la marche. Les auteurs ont conduit une étude clinique prospective auprès de 47 patients présentant cette atteinte aux membres inférieurs.
Le protocole prévoyait des séances de photobiomodulation à 630 et 850 nm sur le trajet nerveux, deux fois par semaine pendant deux semaines, avec mesures au début et à la fin. Les symptômes ont été évalués par le questionnaire DN-4 et l’outil FANPIQ, la fonction par la Lower Extremity Functional Scale (LEFS), l’équilibre sur plateforme de force (surface rigide puis déformable) et la vitesse de marche par le test de 10 mètres. La photobiomodulation intervient ici en soin de support, jamais comme traitement du cancer.
Les résultats principaux
L’amélioration est significative sur la plupart des critères sensitifs et posturaux, mais pas sur l’échelle fonctionnelle.
- Symptômes neuropathiques au DN-4 : p < 0,0001
- Symptômes évalués par le FANPIQ : p = 0,0031
- Fonction des membres inférieurs (LEFS) : non significatif, p = 0,2379
- Surface rigide, amplitude des déplacements antéropostérieur et médiolatéral : p = 0,0001 et p < 0,0001
- Surface rigide, vitesse de ces mêmes déplacements : p = 0,0431 et p = 0,0016 ; aire de déplacement : p = 0,0001
- Surface déformable, amplitude des déplacements antéropostérieur et médiolatéral : p = 0,0314 et p = 0,0008
- Surface déformable, vitesse du déplacement médiolatéral : p = 0,0091 ; aire de déplacement : p = 0,0029
- Vitesse de marche au test de 10 mètres : p = 0,0315
Aucune moyenne, aucun intervalle de confiance et aucune taille d’effet ne sont rapportés.
Comment la photobiomodulation agit sur les nerfs périphériques
Les mécanismes avancés restent hypothétiques. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui favoriserait la production d’ATP. Une réduction du stress oxydatif et une modulation des voies inflammatoires sont également évoquées, avec l’hypothèse de conditions plus favorables à la régénération axonale. Aucun de ces mécanismes n’a été mesuré ici.
Les limites à connaître
La limite principale tient au plan expérimental : étude à un seul bras, sans groupe témoin ni insu. L’effet placebo, l’évolution spontanée des symptômes après la chimiothérapie et l’apprentissage des tests d’équilibre ne peuvent pas être distingués d’un effet propre du traitement. Le niveau de preuve reste très inférieur à celui d’un essai randomisé.
Un résultat est négatif : la fonction des membres inférieurs mesurée par la LEFS ne s’est pas améliorée (p = 0,2379). L’amélioration des symptômes déclarés ne s’est donc pas traduite par un gain sur cette échelle. L’effectif est modeste, le suivi s’arrête à la fin des deux semaines, et ni la puissance ni la dose ne sont précisées.
Ce que cela change en pratique
Ces données ne permettent pas d’affirmer une efficacité : elles décrivent une piste à évaluer dans des essais contrôlés. La photobiomodulation n’est pas un traitement du cancer et ne remplace aucune prise en charge prescrite. Chez une personne suivie pour un cancer, toute utilisation doit être discutée avec l’équipe soignante, l’application de lumière sur une zone tumorale connue restant une question ouverte.
Questions fréquentes
La photobiomodulation soulage-t-elle la neuropathie due à la chimiothérapie ?
Dans cette étude, les symptômes sensitifs rapportés par les patients se sont améliorés significativement sur deux questionnaires. L’absence de groupe témoin empêche d’attribuer cette amélioration à la lumière plutôt qu’au temps écoulé. La réponse reste incertaine et demande des essais randomisés.
Combien de séances comportait le protocole de cette étude ?
Deux séances par semaine pendant deux semaines, soit quatre séances au total, sur le trajet nerveux des membres inférieurs. Le résumé ne précise ni la durée de chaque séance, ni l’énergie délivrée.
La photobiomodulation améliore-t-elle l’équilibre et la marche ?
Les mesures sur plateforme de force montrent une réduction significative des oscillations posturales, et la vitesse de marche s’est améliorée (p = 0,0315). En revanche l’échelle fonctionnelle LEFS n’a pas évolué significativement. Ces résultats sont partiels et attendent confirmation.
Référence
Santamarina L, de Souza MO, Sassaron LA, Dos Santos Ezequiel T, Carvalho RL, Vilas Boas VF, de Rezende LF. Influence of photobiomodulation on sensory symptoms, balance, and gait speed in chemotherapy-induced peripheral neuropathy. Supportive Care in Cancer, 2025. PMID 40186772. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.