Santé bucco-dentaire
Publié le
2 juillet 2025

Singhania A. et al. - Photobiomodulation et stabilité des implants dentaires : revue systématique et méta-analyse

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Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2025 a évalué l’effet de la photobiomodulation sur la stabilité des implants dentaires. Les résultats sont mitigés : selon le moment de la mesure, l’avantage va tantôt au groupe témoin, tantôt au groupe traité, et aucune différence n’apparaît à 6 et 12 semaines.

Ce que cette étude a mesuré

La question : la photobiomodulation améliore-t-elle la stabilité primaire et secondaire des implants dentaires ? Les auteurs ont suivi les recommandations PRISMA et les critères PICOS pour la sélection des travaux. Le risque de biais a été apprécié avec l’outil RoB 2 et les calculs ont été conduits sur le logiciel RevMan version 5.4. La stabilité implantaire était mesurée de deux façons, par un appareil de type Osstell et par des examens radiographiques. Les moyennes, écarts types et effectifs ont été combinés par la méthode de la variance inverse avec un modèle à effets aléatoires. Les graphiques en forêt ont été inspectés à chaque intervalle afin d’estimer l’hétérogénéité. Aucun numéro d’enregistrement PROSPERO n’est mentionné dans le résumé.

Les résultats principaux

La sélection bibliographique et les comparaisons par intervalle de temps donnent le tableau suivant.

  • 117 articles identifiés au départ, 62 conservés après retrait des doublons
  • 15 articles retenus pour l’analyse qualitative
  • 8 articles éligibles à l’analyse quantitative
  • À 2, 4 et 8 semaines, le groupe témoin obtient de meilleurs résultats que le groupe traité
  • À 3 semaines, la stabilité implantaire est en faveur du groupe traité
  • À 6 et 12 semaines, aucune différence entre groupe témoin et groupe traité

Le résumé ne fournit ni le nombre total de participants, ni les tailles d’effet, ni les intervalles de confiance. Les auteurs concluent eux-mêmes que les résultats sont mitigés et que des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme avancé dans la littérature reste hypothétique et n’est pas testé dans ce travail. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, une enzyme de la chaîne respiratoire mitochondriale. Cette absorption pourrait modifier la production d’ATP et le niveau de stress oxydatif des cellules exposées. Il en découlerait une modulation de la réponse inflammatoire locale et une influence possible sur la cicatrisation des tissus mous et sur les cellules osseuses de l’ostéo-intégration. Ces étapes sont décrites au conditionnel : la revue mesure un résultat clinique, la stabilité implantaire, et non les voies biologiques qui pourraient l’expliquer.

Les limites à connaître

La principale limite est le résultat lui-même : il est discordant selon le moment de la mesure et défavorable au groupe traité à trois des six intervalles étudiés. Seuls 8 articles ont pu être combinés statistiquement, ce qui est peu. Les auteurs signalent une hétérogénéité entre les travaux, ce qui limite la portée des comparaisons. Le résumé ne détaille pas les paramètres d’irradiation employés dans les études incluses, ni la longueur d’onde, ni la dose, ni le nombre de séances, alors que ces éléments conditionnent le résultat. Enfin, deux méthodes de mesure différentes coexistent, ce qui complique la lecture d’ensemble.

Ce que cela change en pratique

En l’état, cette synthèse ne soutient pas l’usage systématique de la photobiomodulation pour améliorer la stabilité des implants dentaires. Elle invite à la prudence face aux discours qui présentent ce bénéfice comme acquis. Pour un patient, la décision relève du chirurgien-dentiste ou du chirurgien implantologue, qui tiendra compte de la situation osseuse, du protocole chirurgical et du suivi. Les auteurs appellent à des essais de meilleure qualité et à des protocoles standardisés avant toute recommandation ferme.

Questions fréquentes

La photobiomodulation améliore-t-elle la prise d’un implant dentaire ?

Cette revue de 15 études ne permet pas de l’affirmer. Les mesures de stabilité implantaire vont dans des directions opposées selon la semaine considérée, et aucune différence n’est observée à 6 et 12 semaines. Les auteurs concluent que d’autres recherches sont nécessaires.

Combien d’études ont été analysées sur ce sujet ?

Sur 117 articles identifiés au départ, 62 restaient après retrait des doublons. 15 ont été retenus pour l’analyse qualitative et 8 seulement ont pu entrer dans la méta-analyse. Ce faible nombre explique en partie la prudence des conclusions.

Existe-t-il un protocole de photobiomodulation validé en implantologie ?

Le résumé de cette revue ne rapporte aucun protocole standardisé. Les paramètres d’irradiation varient d’une étude à l’autre et ne sont pas détaillés. Toute application relève d’un professionnel de santé formé, dans un cadre clinique.

Référence

Singhania A, Borle A, Godbole S, Sathe S. The effect of Photobiomodulation therapy on implant stability in patients receiving dental implants- a systematic review and meta-analysis. BMC Oral Health, 2025. PMID 40604734. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.