Sport et récupération musculaire
Publié le
20 juillet 2026

Chen H. et al. - Photobiomodulation en complément du renforcement musculaire chez le sujet âgé : revue systématique et méta-analyse

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Dans cette méta-analyse, la photobiomodulation ajoutée à un renforcement musculaire périodisé n’a pas amélioré de façon significative la force maximale de sujets âgés face à un placebo lumineux. Les auteurs rapportent un résultat négatif sur le critère principal, sans exclure un effet de faible ampleur.

Ce que cette étude a mesuré

Ajouter des séances de photobiomodulation à un programme de renforcement musculaire permet-il aux personnes âgées de gagner davantage de force maximale ? Sept bases de données ont été interrogées jusqu’à janvier 2026. Les essais éligibles utilisaient une photobiomodulation délivrée par laser de bas niveau ou par diodes électroluminescentes.

Onze essais contrôlés randomisés totalisant 456 participants ont été retenus. Cinq d’entre eux, combinant photobiomodulation et renforcement périodisé avec mesure de la charge maximale sur une répétition, ont pu être agrégés : 74 participants sous photobiomodulation, 72 témoins. Les autres ont fait l’objet d’une synthèse narrative. L’abstract ne mentionne pas d’enregistrement PROSPERO.

Les résultats principaux

Le critère principal, la force maximale mesurée par la charge maximale sur une répétition, n’a pas été amélioré de façon statistiquement significative.

  • Force maximale : différence moyenne standardisée de 0,26 (IC 95 % -0,08 à 0,59), p = 0,14, non significative face à une photobiomodulation simulée.
  • Hétérogénéité très faible entre les essais agrégés : I² = 4 %.
  • Périmètre : 11 essais et 456 participants dans la revue, 5 essais et 146 participants dans la méta-analyse.
  • Sous-groupes : tendance non significative sur les tests unilatéraux, aucun effet sur les tests bilatéraux, aucune différence entre sous-groupes.
  • Les analyses de sensibilité montrent que le signal unilatéral dépendait d’essais isolés.

Hors renforcement musculaire, certains essais rapportent des bénéfices possibles sur la fatigue ou la récupération chez des personnes fragiles, jugés inconstants par les auteurs.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme avancé reste hypothétique et n’est pas testé ici. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, complexe terminal de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la disponibilité en ATP du muscle. Une modulation du stress oxydatif et de l’inflammation locale après l’effort est aussi évoquée. Ces pistes expliqueraient plutôt des effets sur la récupération que sur la force maximale, cohérents avec le résultat négatif observé.

Les limites à connaître

La première limite est le résultat lui-même : l’effet sur la force maximale n’est pas significatif et l’intervalle de confiance inclut zéro. Ce résultat négatif doit être retenu tel quel.

Seuls 5 essais sur 11 ont pu être agrégés, pour 146 participants, ce qui reste faible pour détecter un effet modeste. Les paramètres d’irradiation, les longueurs d’onde et les protocoles varient d’un essai à l’autre, et l’abstract ne donne aucune dose optimale. Les analyses de sensibilité montrent une dépendance à des essais isolés, ce qui interdit toute conclusion sur les mouvements unilatéraux. Les signaux favorables chez les personnes fragiles proviennent d’une synthèse narrative, de niveau de preuve inférieur.

Ce que cela change en pratique

Pour une personne âgée qui cherche à gagner de la force, l’élément déterminant reste le renforcement musculaire progressif lui-même. Sur la base de ces données, la photobiomodulation ne peut pas être présentée comme un moyen d’augmenter les gains de force maximale. Les auteurs lui prêtent un intérêt possible sur la récupération chez des personnes vulnérables, hypothèse qui demande des essais plus larges.

Questions fréquentes

La photobiomodulation augmente-t-elle la force musculaire chez les personnes âgées ?

Dans cette méta-analyse portant sur 5 essais randomisés agrégés, non. La différence moyenne standardisée est de 0,26 (IC 95 % -0,08 à 0,59), avec un p de 0,14, sous le seuil de significativité. Les auteurs précisent qu’un effet de faible ampleur ne peut pas être exclu.

Combien d’études ont été analysées dans cette revue ?

Onze essais randomisés totalisant 456 participants ont été inclus. Cinq d’entre eux, réunissant 146 participants, remplissaient les critères de la méta-analyse quantitative sur la force maximale. Les six autres ont été décrits dans une synthèse narrative.

Faut-il renoncer à la photobiomodulation dans un programme de renforcement ?

Cette étude ne montre pas de bénéfice sur la force maximale, ce qui ne signifie pas que la modalité soit sans intérêt sur d’autres critères. Les auteurs évoquent des signaux sur la fatigue et la récupération chez des personnes fragiles, mais ces données restent inconstantes. La décision revient au professionnel qui suit la personne.

Référence

Chen H, Eungpinichpong W, Asawaphureekorn S, et al. Photobiomodulation as an Adjunct to Resistance Training in Older Adults: A Systematic Review and Meta-Analysis. Photobiomodulation, Photomedicine, and Laser Surgery, 2026. PMID 42473844. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.