Oncologie et soins de support
Publié le
25 février 2014

Lalla R.V. et al. - Photobiomodulation et mucite liée aux traitements du cancer : recommandations de pratique clinique MASCC/ISOO

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Il ne s’agit pas d’une étude mais de recommandations de pratique clinique internationales, publiées par le MASCC et l’ISOO pour la prise en charge de la mucite liée aux traitements du cancer. Elles réunissent 32 recommandations, dont 22 pour la mucite orale et 10 pour la mucite gastro-intestinale.

Ce que cette publication établit

La mucite est une toxicité majeure des traitements anticancéreux, parfois au point de limiter les doses administrées. Cette publication n’est ni un essai, ni une simple revue : c’est une mise à jour des recommandations de pratique clinique du Multinational Association of Supportive Care in Cancer et de l’International Society of Oral Oncology, deux sociétés savantes internationales.

Une recommandation de pratique clinique occupe une place particulière dans la hiérarchie des documents scientifiques. Elle ne produit pas de données nouvelles : elle évalue les données existantes, leur attribue un niveau de preuve, puis en tire une conduite à tenir. Son poids vient de ce qu’elle engage des sociétés savantes et sert de référence aux équipes soignantes dans de nombreux pays. Figurer dans un tel référentiel fait passer une approche du statut de piste discutée à celui d’option examinée selon une méthode explicite.

La photobiomodulation intervient ici en soin de support, c’est-à-dire pour limiter les effets indésirables des traitements. Elle n’est en aucun cas un traitement du cancer.

Les résultats principaux

La méthode suit une revue systématique complète, chaque article étant évalué indépendamment par deux relecteurs, avec une cotation des défauts majeurs et mineurs et l’attribution d’un niveau de preuve par intervention et par contexte de traitement.

  • 8 279 articles identifiés par la recherche documentaire
  • 1 032 articles récupérés pour évaluation détaillée à partir des titres et des résumés
  • 570 articles retenus au final dans les revues systématiques
  • 16 nouvelles recommandations élaborées, pour ou contre l’usage de diverses interventions dans des contextes de traitement précis
  • 32 recommandations au total, dont 22 pour la mucite orale et 10 pour la mucite gastro-intestinale
  • Trois issues possibles par intervention : recommandation, suggestion, ou aucune recommandation possible

Le résumé ne détaille pas intervention par intervention le contenu des 32 recommandations. Les paramètres retenus pour la photobiomodulation figurent dans la revue systématique dédiée publiée séparément par le même groupe.

Comment la photobiomodulation intervient dans cette indication

La logique est préventive avant d’être curative : limiter la sévérité des lésions muqueuses induites par la chimiothérapie ou la radiothérapie, afin de préserver l’alimentation, la parole et le confort du patient. L’enjeu est aussi d’éviter de réduire les doses de traitement anticancéreux à cause de la toxicité muqueuse. Ce document classe les interventions par contexte, car ce qui vaut après une greffe de cellules souches ne vaut pas nécessairement en radiothérapie.

Les limites à connaître

Une recommandation est indissociable de son contexte : elle s’applique à une population et à un schéma thérapeutique donnés, et ne se transpose pas automatiquement à d’autres situations. Le document précise d’ailleurs que, pour certaines interventions et certains contextes, aucune recommandation n’a pu être formulée faute de preuves suffisantes.

Cette mise à jour date de 2014, soit plus de dix ans. Les recommandations MASCC/ISOO ont fait l’objet de travaux ultérieurs et les paramètres retenus ont pu évoluer. Il convient donc de vérifier l’existence d’une version plus récente avant toute application.

Ce que cela change en pratique

Pour un patient, l’intérêt est concret : la prise en charge de la mucite repose sur un référentiel construit à partir d’une revue de la littérature, pas sur des habitudes locales. Cela ne dispense d’aucune précaution. Toute utilisation de la photobiomodulation pendant un traitement anticancéreux se décide avec l’équipe d’oncologie, seule à connaître le protocole en cours et les contre-indications éventuelles.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une recommandation MASCC/ISOO ?

C’est une conduite à tenir formulée par deux sociétés savantes internationales à partir d’une revue systématique de la littérature, avec attribution d’un niveau de preuve. Selon la solidité des données, la conclusion peut être une recommandation, une suggestion, ou l’absence de recommandation possible.

La photobiomodulation soigne-t-elle le cancer ?

Non. Dans ce cadre, elle relève exclusivement du soin de support : elle vise à limiter une toxicité du traitement, en l’occurrence la mucite. Aucune action sur la tumeur elle-même n’est revendiquée dans ce référentiel.

Ces recommandations sont-elles toujours d’actualité ?

Cette version date de 2014. Des travaux plus récents ont paru depuis et les paramètres retenus ont pu changer. Il faut se référer à la version la plus récente et à l’équipe soignante.

Référence

Lalla RV, Bowen J, Barasch A, et al. MASCC/ISOO clinical practice guidelines for the management of mucositis secondary to cancer therapy. Cancer, 2014. PMID 24615748. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.