Zadik Y. et al. - Photobiomodulation pour la prévention de la mucosite orale chez des patients atteints de cancer

La revue systématique MASCC/ISOO publiée en 2019 recommande la photobiomodulation pour prévenir la mucite orale et la douleur associée dans trois situations précises de traitement anticancéreux. Elle conclut en revanche qu’aucune recommandation n’est possible pour le traitement d’une mucite déjà constituée ni pour la mucite liée à la chimiothérapie, faute de preuves suffisantes.
Ce que cette étude a mesuré
Ce travail n’est pas un essai clinique mais une revue systématique assortie de recommandations de bonne pratique. Il a été conduit par le groupe d’étude sur la mucite de la Multinational Association of Supportive Care in Cancer et de l’International Society of Oral Oncology, à partir de PubMed et de Web of Science, selon la méthodologie MASCC de revue et d’élaboration de recommandations.
Chaque intervention a été évaluée dans chaque contexte de traitement anticancéreux, puis s’est vu attribuer un niveau de preuve. De ce niveau de preuve découle l’une des trois conclusions possibles : recommandation, suggestion, ou absence de recommandation possible. L’objectif était de mettre à jour les recommandations sur l’usage de la photobiomodulation, laser et autres thérapies lumineuses, pour la prévention et le traitement de la mucite orale.
Les résultats principaux
Les conclusions du panel, telles que publiées, sont les suivantes.
- Recommandation en faveur de la photobiomodulation pour la prévention de la mucite orale et de la douleur associée chez les patients traités par greffe de cellules souches hématopoïétiques.
- Recommandation pour la prévention chez les patients traités par radiothérapie de la sphère ORL sans chimiothérapie.
- Recommandation pour la prévention chez les patients traités par radiothérapie de la sphère ORL associée à une chimiothérapie.
- Pour chacune de ces trois situations, un à deux protocoles cliniquement efficaces sont proposés, et le clinicien doit respecter l’ensemble des paramètres du protocole retenu.
- Absence de recommandation possible pour le traitement d’une mucite orale déjà constituée et pour la mucite liée à la chimiothérapie, en raison de preuves insuffisantes.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
La photobiomodulation consiste à appliquer une lumière de faible puissance, laser ou diode électroluminescente, sur la muqueuse buccale. Dans les recommandations MASCC/ISOO, elle est positionnée en soin de support et non comme traitement du cancer : elle vise à limiter une complication du traitement anticancéreux.
Le texte insiste sur un point opérationnel : ce sont des protocoles complets qui sont recommandés, et non la photobiomodulation en général. Le respect intégral des paramètres du protocole choisi conditionne la validité de la recommandation.
Les limites à connaître
Il s’agit d’une revue systématique assortie de recommandations d’experts, et non d’une mesure d’effet unique : le document ne fournit pas d’estimation chiffrée globale du bénéfice.
Les auteurs signalent que les paramètres cliniques rapportés dans la littérature étaient extrêmement variables, ce qui a limité l’intégration des données. Deux conclusions négatives doivent être retenues : aucune recommandation n’est possible pour traiter une mucite déjà installée, ni pour la mucite induite par la chimiothérapie. Enfin, ces recommandations datent de 2019 et sont présentées par leurs auteurs comme susceptibles d’être mises à jour au fil des publications.
Ce que cela change en pratique
Ce document sert de référence internationale pour l’intégration de la photobiomodulation dans les protocoles de soin de support en oncologie. Il délimite précisément les situations où elle est recommandée et celles où les données manquent. La mise en oeuvre relève d’une équipe soignante, qui définit le protocole et en respecte tous les paramètres. La photobiomodulation ne remplace ni le traitement anticancéreux ni les mesures d’hygiène bucco-dentaire.
Questions fréquentes
La photobiomodulation est-elle un traitement du cancer ?
Non. Dans les recommandations MASCC/ISOO, la photobiomodulation appartient au soin de support : elle vise une complication du traitement anticancéreux, la mucite orale. Elle n’agit pas sur la tumeur et ne se substitue à aucun traitement prescrit.
Dans quels cas la photobiomodulation est-elle recommandée contre la mucite orale ?
Le document recommande son usage préventif dans trois situations : greffe de cellules souches hématopoïétiques, radiothérapie ORL sans chimiothérapie, et radiothérapie ORL avec chimiothérapie. Pour chacune, un à deux protocoles précis sont proposés, dont tous les paramètres doivent être suivis.
La photobiomodulation fonctionne-t-elle sur une mucite déjà installée ?
Les auteurs concluent qu’aucune recommandation n’est possible dans cette situation, faute de preuves suffisantes au moment de la publication. La même conclusion s’applique à la mucite liée à la chimiothérapie. Cela signifie une incertitude, non une preuve d’inefficacité.
Référence
Zadik Y, Arany PR, Fregnani ER, Bossi P, Antunes HS, Bensadoun RJ, et al. Systematic review of photobiomodulation for the management of oral mucositis in cancer patients and clinical practice guidelines. Supportive Care in Cancer, 2019. PMID 31286228. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31286228/
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.