Sport et récupération musculaire
Publié le
25 septembre 2025

Qiu D. et al. - Photobiomodulation et performance musculaire chez les volleyeurs et footballeurs : méta-analyse

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Une méta-analyse de 14 essais contrôlés randomisés rapporte que la photobiomodulation augmente le nombre de répétitions réalisées et abaisse les taux de créatine kinase chez des volleyeurs et footballeurs de haut niveau. En revanche, la force de contraction volontaire maximale n’est pas améliorée.

Ce que cette étude a mesuré

L’usage de la photobiomodulation comme adjuvant de la performance et de la récupération chez les sportifs de haut niveau reste débattu. L’équipe de Dayong Qiu, à l’université normale de Nanjing, a cherché à savoir si cette approche améliore la performance du muscle squelettique dans les sports de ballon, et si la réponse diffère entre volleyeurs et footballeurs. Web of Science, Medline, Scopus et PubMed ont été interrogées jusqu’au 10 avril 2025 ; seuls les essais contrôlés randomisés menés chez des volleyeurs ou footballeurs de haut niveau étaient éligibles, soit 14 études. Trois critères ont été analysés : la contraction volontaire maximale, le nombre de répétitions et le taux sanguin de créatine kinase, marqueur de dommage musculaire. Le résumé ne mentionne pas d’enregistrement PROSPERO et les auteurs qualifient l’ensemble de niveau de preuve 2.

Les résultats principaux

Le tableau est nuancé : le bénéfice porte sur l’endurance à l’effort répété et sur les marqueurs de dommage musculaire, pas sur la force maximale, et la réponse diffère selon la discipline.

  • Contraction volontaire maximale : pas d’effet significatif (différence moyenne 19,67 ; IC 95 % 7,36 à 31,72 ; p = 0,31)
  • Nombre de répétitions : augmentation significative (SMD 0,58 ; IC 95 % -0,05 à 1,21 ; p = 0,04)
  • Créatine kinase : diminution significative (différence moyenne -45,37 ; IC 95 % -55,52 à -35,22 ; p < 0,001)
  • Volleyeurs : hausse du nombre de répétitions significative dans ce sous-groupe
  • Footballeurs : baisse de la créatine kinase significative dans ce sous-groupe

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme évoqué reste une hypothèse de travail. La lumière rouge et proche infrarouge appliquée sur les masses musculaires serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait transitoirement la disponibilité en ATP. Une meilleure gestion du stress oxydatif produit par l’exercice et une modulation de l’inflammation locale pourraient retarder la fatigue musculaire, ce qui correspondrait au gain sur le nombre de répétitions plutôt que sur la force instantanée. La baisse de la créatine kinase irait dans le même sens. Ces explications n’ont pas été testées dans les essais analysés.

Les limites à connaître

Le nombre d’essais est faible : 14 études pour trois critères et deux disciplines, donc des sous-groupes très peu fournis. L’intervalle de confiance du nombre de répétitions franchit la valeur zéro (-0,05 à 1,21) alors que le résultat est présenté comme significatif, ce qui traduit une estimation fragile. À l’inverse, l’intervalle de la contraction volontaire maximale ne contient pas zéro alors que le résultat est déclaré non significatif : cette incohérence du résumé invite à consulter le texte intégral avant toute conclusion ferme. Les unités de la créatine kinase ne sont pas précisées. Enfin, les participants sont des athlètes de haut niveau, ce qui limite la transposition au sportif amateur.

Ce que cela change en pratique

Ces données suggèrent que la photobiomodulation relève davantage d’un outil de récupération que d’un moyen d’augmenter la force : attendre un gain de puissance maximale n’est pas soutenu par cette analyse. Le bénéfice plausible concerne la capacité à enchaîner les efforts et la baisse des marqueurs de dommage musculaire après une charge d’entraînement élevée. Le résumé ne détaille ni longueur d’onde, ni puissance, ni moment d’application, ni nombre de séances.

Questions fréquentes

La photobiomodulation améliore-t-elle la force musculaire ?

Pas dans cette méta-analyse : les auteurs ne retrouvent aucun effet significatif sur la force de contraction volontaire maximale. Le bénéfice observé porte sur le nombre de répétitions et sur la baisse de la créatine kinase, c’est-à-dire sur la résistance à la fatigue et sur les suites de l’effort.

Quand utiliser la photobiomodulation autour d’un entraînement ?

Le résumé ne précise ni le moment d’application retenu, ni les paramètres lumineux utilisés : aucune recommandation de timing ne peut en être tirée. L’application avant ou juste après l’effort est étudiée ailleurs, mais cette étude ne permet pas de trancher.

Qu’est-ce que la créatine kinase et pourquoi la mesurer ?

C’est une enzyme musculaire dont le taux sanguin augmente après un effort intense : elle sert de marqueur indirect de dommage musculaire. Ici, la photobiomodulation est associée à une baisse significative de ce marqueur, surtout chez les footballeurs, ce qui suggère une atteinte moindre sans garantir un retour plus rapide à la performance.

Référence

Qiu D, He J, Li B, Ni P, Zhao Z, Lv R, Li F. The Effect of Photobiomodulation Therapy on Muscle Performance in Volleyball and Football Players: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Sports Health, 2025. PMID 40995827. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.