Taddeucci P.D.C. et al. - Photobiomodulation dans la névralgie du trijumeau : revue systématique et méta-analyse

Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2026 a réuni neuf essais contrôlés randomisés portant sur 387 patients atteints de névralgie du trijumeau. La photobiomodulation laser y était associée à une réduction moyenne des scores de douleur de 2,17 points, mais l’hétérogénéité entre les études était très élevée.
Ce que cette étude a mesuré
La névralgie du trijumeau est une douleur faciale intense, souvent difficile à soulager durablement par les seuls médicaments. Les auteurs, rattachés à la division de médecine orale de l’Université pontificale catholique du Rio Grande do Sul, ont voulu savoir si la photobiomodulation laser réduit la douleur dans cette indication et dans la névralgie post-herpétique.
La recherche a couvert PubMed, Web of Science, LILACS, EMBASE, Scopus et la Cochrane Library, et n’a retenu que des essais contrôlés randomisés. Aucune étude sur la névralgie post-herpétique ne remplissait les critères d’inclusion : ce volet a été abandonné. Neuf essais ont été inclus, totalisant 387 patients. Dans sept d’entre eux, les patients recevaient aussi un traitement médicamenteux, initié avant ou pendant la photobiomodulation. Six essais utilisaient un laser factice comme comparateur. Le résumé ne mentionne pas d’enregistrement PROSPERO.
Les résultats principaux
Analyse qualitative et analyse quantitative vont dans le même sens, avec des niveaux de confiance différents.
- Huit essais sur neuf rapportaient une réduction des scores de douleur significativement plus importante dans les groupes photobiomodulation que dans les groupes contrôles.
- Méta-analyse de cinq essais : différence moyenne de -2,17 points (IC à 95 % : -3,30 à -1,04 ; p = 0,0002).
- Hétérogénéité statistique : I² = 92 %, valeur considérée comme très élevée.
- Risque de biais faible à modéré dans deux tiers des études incluses.
Les auteurs concluent que la photobiomodulation apparaît comme une thérapie adjuvante efficace, avec un profil de sécurité favorable et un potentiel de réduction de la dépendance aux médicaments. Le mot adjuvante compte : dans la majorité des essais, elle s’ajoutait au traitement sans le remplacer.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le mécanisme reste hypothétique et n’a pas été exploré dans cette revue. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait la production d’ATP dans les tissus nerveux irradiés. Sur une douleur neuropathique, une modulation de l’inflammation locale, une baisse du stress oxydatif et une action sur la conduction nerveuse sont également évoquées. Ces hypothèses restent à confirmer dans cette indication.
Les limites à connaître
Elles sont importantes et les auteurs ne les masquent pas. Une hétérogénéité de 92 % signifie que les résultats varient considérablement d’un essai à l’autre, ce qui fragilise l’estimation moyenne de 2,17 points. Les paramètres de photobiomodulation variaient largement et étaient souvent incomplètement rapportés, empêchant toute comparaison rigoureuse entre protocoles. La méta-analyse ne repose que sur cinq des neuf essais et un tiers des études dépassait un risque de biais modéré. Les données de suivi à long terme sont limitées. Enfin, l’effet propre de la photobiomodulation est difficile à isoler, la plupart des patients prenant un traitement en parallèle. Aucune évaluation GRADE n’est rapportée.
Ce que cela change en pratique
Le signal est cohérent, huit essais sur neuf allant dans le même sens, mais la qualité des preuves ne permet pas d’en faire une recommandation ferme. La photobiomodulation se positionne ici comme un complément possible à la prise en charge médicamenteuse, pas comme une alternative. Ce résumé ne permet d’indiquer ni longueur d’onde, ni puissance, ni nombre de séances de référence, précisément parce que ces paramètres étaient trop variables et mal documentés.
Questions fréquentes
La photobiomodulation est-elle efficace contre la névralgie du trijumeau ?
Dans cette méta-analyse, elle était associée à une réduction moyenne des scores de douleur de 2,17 points par rapport aux contrôles, un résultat statistiquement significatif, et huit essais sur neuf allaient dans le même sens. L’hétérogénéité très élevée impose toutefois d’interpréter ce chiffre avec prudence.
Combien de séances faut-il ?
Cette revue ne permet pas de répondre. Les auteurs signalent que les paramètres, dont le nombre et la fréquence des séances, variaient largement d’un essai à l’autre et étaient souvent incomplètement rapportés. Aucun protocole standardisé ne se dégage à ce jour.
Peut-elle remplacer un traitement médicamenteux ?
Non, et l’étude ne le suggère pas. Dans sept des neuf essais inclus, les patients recevaient un traitement médicamenteux en plus de la photobiomodulation. Les auteurs la décrivent comme une thérapie adjuvante. Toute modification de traitement doit être discutée avec votre médecin.
Référence
Taddeucci PDC, Louzeiro GC, Cherubini K, Spanemberg JC, Salum FG. Effectiveness of laser photobiomodulation in the management of trigeminal neuralgia: a systematic review and meta-analysis. Lasers in Medical Science, 2026. PMID 41629512. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.