Cruz A.R. et al. - Photobiomodulation dans le traitement de la mucite orale : revue systématique et méta-analyse

Cette revue systématique avec méta-analyse a réuni 6 études et 299 patients pour évaluer la photobiomodulation dans la prise en charge de la mucite orale survenant sous traitement antinéoplasique. La réduction de la sévérité de la mucite y était plus fréquente dans le groupe photobiomodulation que dans le groupe témoin, mais la durée des lésions et la douleur n’ont pas pu être combinées statistiquement. La photobiomodulation intervient ici en soin de support, jamais comme traitement du cancer.
Ce que cette étude a mesuré
La question portait sur l’efficacité de la photobiomodulation dans le traitement de la mucite orale, une inflammation douloureuse de la muqueuse buccale fréquente sous chimiothérapie ou radiothérapie. Les auteurs ont interrogé les bases LILACS, MEDLINE, EMBASE, COCHRANE, SCOPUS, Web of Science et CINAHL, ainsi que le registre clinicaltrials.gov. Étaient éligibles les études randomisées, non randomisées et observationnelles. Trois critères de jugement étaient retenus : la sévérité de la mucite, la durée des lésions et la douleur. Les patients étaient répartis entre un groupe recevant la photobiomodulation, seule ou associée à d’autres soins, et un groupe témoin. Les analyses ont utilisé le logiciel Review Manager 5.4. Aucun numéro PROSPERO n’est mentionné dans le résumé.
Les résultats principaux
Sélection et résultats se résument ainsi.
- 316 études identifiées : 297 dans les bases électroniques, 19 sur clinicaltrials.gov
- 260 études lues en titre et résumé après retrait des doublons, 223 exclues
- 37 études lues en texte intégral, 6 finalement incluses
- 299 patients au total dans les études incluses
- Sévérité de la mucite orale : réduction plus probable dans le groupe photobiomodulation que dans le groupe témoin
- Durée des lésions et réduction de la douleur : méta-analyse impossible en raison d’une hétérogénéité élevée entre les études
Le résumé ne donne ni rapport de cotes, ni intervalle de confiance, ni valeur de p. Aucune donnée chiffrée n’est disponible pour la douleur ni pour la durée des lésions.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le mécanisme proposé reste hypothétique et n’est pas testé ici. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale. Cette absorption pourrait modifier la production d’ATP et l’équilibre du stress oxydatif dans les cellules de la muqueuse buccale. On en attend une modulation de la réponse inflammatoire et un possible soutien à la cicatrisation muqueuse, deux étapes centrales dans l’évolution d’une mucite. Ces hypothèses expliqueraient l’intérêt de cette approche en soin de support, c’est-à-dire en accompagnement des traitements du cancer et non à leur place.
Les limites à connaître
Six études seulement, pour 299 patients : l’effectif reste modeste. Deux des trois critères, la durée des lésions et la douleur, n’ont pas pu faire l’objet d’une méta-analyse, du fait d’une hétérogénéité élevée. C’est un résultat négatif à part entière, qui limite fortement la portée de la synthèse. Les études incluses n’étaient pas toutes randomisées, et l’intervention pouvait être associée à d’autres soins, ce qui rend l’effet propre de la lumière difficile à isoler. Le résumé ne précise ni les longueurs d’onde, ni les doses, ni le rythme des séances.
Ce que cela change en pratique
Cette synthèse va dans le sens d’un intérêt sur la sévérité de la mucite orale, sans chiffrer le bénéfice ni trancher sur la douleur et la durée des lésions. La mucite orale se prend en charge à l’hôpital, dans le parcours de soins oncologique. Toute utilisation de la photobiomodulation doit être décidée et encadrée par l’équipe soignante, en soin de support. Elle ne se substitue à aucun traitement anticancéreux prescrit.
Questions fréquentes
La photobiomodulation aide-t-elle contre la mucite orale sous chimiothérapie ?
Dans cette revue de 6 études et 299 patients, la réduction de la sévérité était plus fréquente dans le groupe photobiomodulation. Le résumé ne fournit toutefois aucune valeur chiffrée. Il s’agit d’un soin de support, décidé par l’équipe soignante.
La photobiomodulation réduit-elle la douleur de la mucite orale ?
Cette question n’a pas pu être tranchée. La douleur et la durée des lésions figuraient parmi les critères prévus, mais l’hétérogénéité entre les études était trop forte pour permettre une méta-analyse. Aucun chiffre n’est donc disponible sur ces deux points.
La photobiomodulation agit-elle sur le cancer lui-même ?
Non. Dans ce contexte, la photobiomodulation est étudiée uniquement comme soin de support, c’est-à-dire pour limiter un effet indésirable des traitements. Elle n’agit pas sur la maladie cancéreuse et ne remplace ni chimiothérapie, ni radiothérapie, ni chirurgie.
Référence
Cruz AR, Minicucci EM, Betini M, Almeida-Lopes L, Tieghi Neto V, Cataneo AJM. Efficacy of photobiomodulation in the treatment of oral mucositis in patients undergoing antineoplastic therapy: systematic review and meta-analysis. Supportive Care in Cancer, 2023. PMID 37853254. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.