Oncologie et soins de support
Publié le
2 mai 2025

Lavaee F. et al. - Photobiomodulation pour la prévention et le traitement de la mucosite orale chez des enfants atteints de cancers hématologiques

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Dans un essai clinique mené chez des enfants traités pour un cancer hématologique, la photobiomodulation appliquée en prévention a fait passer l’incidence de la mucite orale induite par le méthotrexate de 66,67 % à 6,67 %. La photobiomodulation y est utilisée en soin de support des effets indésirables de la chimiothérapie, jamais comme traitement du cancer, et le volet consacré aux lésions déjà installées reposait sur un protocole différent.

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’un essai clinique à deux bras publié dans BMC Cancer en 2025, portant sur des patients pédiatriques sous chimiothérapie pour un cancer hématologique. La mucite orale est une complication invalidante qui touche la majorité des enfants sous chimiothérapie.

Dans le bras prévention, les patients ont d’abord été assignés à un groupe contrôle sans laser, puis réassignés au groupe photobiomodulation lors du cycle suivant. Cette organisation permet une comparaison intra-patient sous des protocoles de chimiothérapie similaires. Dans le bras traitement, les patients chez qui une mucite était diagnostiquée ont été répartis au hasard entre un groupe contrôle recevant un laser factice et un groupe thérapie photodynamique associant du vert d’indocyanine et un laser de faible puissance. Les critères retenus étaient l’incidence de la mucite et les scores OMS, NCI et WCCNR. L’essai est enregistré sous le numéro IRCT20120101008585N16.

Les résultats principaux

Les auteurs rapportent les données suivantes, telles que publiées dans le résumé de l’article.

  • Bras prévention : incidence de la mucite orale de 66,67 % sans photobiomodulation contre 6,67 % avec photobiomodulation (p < 0,05).
  • Bras traitement : baisse significative des scores OMS, NCI et WCCNR à 3 jours et à 5 jours après le début du traitement dans le groupe thérapie photodynamique par rapport au groupe contrôle (p < 0,05).
  • Baisse du score NCI entre le troisième et le cinquième jour plus marquée dans le groupe thérapie photodynamique que dans le groupe contrôle (p < 0,05).
  • Aucun intervalle de confiance ni taille d’effet ajustée n’est rapporté dans le résumé publié.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

La photobiomodulation consiste à appliquer sur les tissus une lumière de faible puissance, sans effet thermique. Dans cet essai, elle est employée en prophylaxie, c’est-à-dire avant l’apparition des lésions, pendant les cycles de chimiothérapie par méthotrexate.

Une distinction est essentielle à la lecture de ce travail : le bras prévention évalue la photobiomodulation seule, tandis que le bras traitement évalue une thérapie photodynamique, qui ajoute un agent photosensibilisant, le vert d’indocyanine. Ce sont deux approches distinctes et les résultats de l’une ne se transposent pas à l’autre.

Les limites à connaître

Le bras prévention n’est pas randomisé : la comparaison est séquentielle et intra-patient, ce qui l’expose à un effet d’ordre entre les cycles. Le résumé ne fournit ni intervalle de confiance ni analyse ajustée.

Le volet consacré aux mucites déjà constituées ne teste pas la photobiomodulation seule mais la thérapie photodynamique : cette étude n’apporte donc pas de preuve directe en faveur de la photobiomodulation sur une mucite installée. Le travail porte par ailleurs sur un seul agent, le méthotrexate. Les recommandations internationales existantes restent prudentes sur la mucite chimio-induite.

Ce que cela change en pratique

Ce travail apporte un signal favorable pour l’usage préventif de la photobiomodulation chez l’enfant en oncologie hématologique, qui demande confirmation par des essais randomisés de plus grande taille. La photobiomodulation s’inscrit en soin de support : elle vise les effets indésirables du traitement anticancéreux et ne se substitue ni à la chimiothérapie ni aux soins bucco-dentaires. Les paramètres d’application relèvent d’une décision médicale, au sein de l’équipe d’oncologie.

Questions fréquentes

La photobiomodulation soigne-t-elle le cancer ?

Non. Dans cette étude, la photobiomodulation est un soin de support : elle cible un effet indésirable du traitement, la mucite buccale. Elle n’a pas d’effet documenté sur la tumeur et ne remplace aucun traitement prescrit.

La photobiomodulation peut-elle être utilisée chez l’enfant contre la mucite ?

Cet essai a porté sur des patients pédiatriques traités pour un cancer hématologique et rapporte un bénéfice préventif dans ce cadre. Le résumé ne définit pas d’âge minimal. La décision relève de l’équipe d’oncologie pédiatrique, qui fixe les modalités d’application.

Faut-il commencer avant ou après l’apparition des lésions buccales ?

Dans cet essai, le résultat le plus net concerne l’usage préventif, engagé avant l’apparition des lésions. Le volet portant sur les lésions déjà installées reposait sur la thérapie photodynamique, un protocole différent.

Référence

Lavaee F, Rezazadeh F, Amanati A, Sookhakian A, Amiri MA, Dehghani N, Fereidouni K. Efficacy of photobiomodulation for the prevention and treatment of chemotherapy-induced oral mucositis in pediatric patients with hematologic cancers: a randomized clinical trial. BMC Cancer, 2025. PMID 40316940. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40316940/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.