Santé bucco-dentaire
Publié le
1er novembre 2025

Marques M.T. et al. - Photobiomodulation en prévention de la mucosite orale chez les patients pédiatriques sous chimiothérapie

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Cette revue systématique avec méta-analyse a réuni 5 essais randomisés évaluant la photobiomodulation en prévention de la mucite orale chez des enfants et jeunes adultes traités par chimiothérapie pour une hémopathie maligne. Les 3 essais combinés statistiquement montrent un bénéfice significatif, avec p = 0,04 et un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,01 à 0,84. La photobiomodulation intervient ici en soin de support, jamais comme traitement du cancer.

Ce que cette étude a mesuré

La mucite orale est l’une des complications les plus fréquentes et les plus invalidantes chez les enfants traités pour une hémopathie maligne. La question, formulée selon le cadre PICOS : la photobiomodulation réduit-elle l’incidence et la sévérité de la mucite orale chez ces enfants et adolescents sous chimiothérapie ? Les auteurs ont interrogé PubMed, Scopus, Web of Science, Embase et les bases Cochrane, avec une recherche menée jusqu’en février 2025. Seuls les essais cliniques randomisés étaient éligibles, chez des patients âgés de 0 à 22 ans recevant une photobiomodulation à visée préventive. Aucun numéro PROSPERO n’est mentionné dans le résumé.

Les résultats principaux

Les données rapportées sont les suivantes.

  • 5 essais cliniques randomisés inclus
  • Patients âgés de 4 mois à 22 ans
  • 97 patients ayant reçu un laser de faible puissance
  • 80 patients ayant reçu une diode électroluminescente
  • 3 essais éligibles à la méta-analyse
  • Bénéfice significatif de la photobiomodulation : p = 0,04, IC 95 % de 0,01 à 0,84

Les essais inclus décrivent de façon constante un effet préventif sur l’apparition de la mucite orale et une réduction de sa sévérité. Le résumé ne précise ni la nature exacte de la mesure d’effet associée à cet intervalle de confiance, ni les paramètres d’irradiation de chaque essai.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme avancé reste hypothétique et n’est pas mesuré ici. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale. Cette absorption pourrait modifier la production d’ATP et le stress oxydatif dans les cellules de la muqueuse buccale exposées à la chimiothérapie. On en attendrait une modulation de l’inflammation et un soutien possible de la cicatrisation muqueuse, ce qui justifierait une application avant l’apparition des lésions. Ce raisonnement explique la place de l’approche en soin de support, en accompagnement des traitements et non à leur place.

Les limites à connaître

Le nombre d’essais est faible : 5 au total, et 3 seulement ont pu être combinés statistiquement. Les effectifs restent modestes, avec 97 patients sous laser de faible puissance et 80 sous diode électroluminescente. L’intervalle de confiance rapporté, de 0,01 à 0,84, est large, ce qui traduit une précision limitée de l’estimation. Deux technologies lumineuses coexistent dans les essais inclus, ce qui complique l’interprétation. Les auteurs appellent à des essais de plus grande envergure pour établir des protocoles standardisés. Enfin, la population est spécifique et les résultats ne peuvent pas être transposés à d’autres situations.

Ce que cela change en pratique

Ce travail conforte l’intérêt d’une stratégie préventive en oncologie pédiatrique, en soin de support. Les auteurs la présentent comme une intervention non invasive susceptible d’améliorer le confort du patient et l’observance du traitement. L’absence de protocole standardisé reste le principal frein à une généralisation. Toute mise en place relève de l’équipe hospitalière qui suit l’enfant, et ne se substitue à aucun traitement anticancéreux prescrit.

Questions fréquentes

La photobiomodulation peut-elle prévenir la mucite orale chez l’enfant sous chimiothérapie ?

Cette revue de 5 essais randomisés va dans ce sens, avec un bénéfice significatif sur les 3 essais combinés en méta-analyse (p = 0,04). Les effectifs restent limités et les auteurs demandent des essais plus larges. La décision revient à l’équipe hospitalière, dans le cadre du soin de support.

À partir de quel âge cette approche a-t-elle été étudiée ?

Les essais inclus portaient sur des patients de 4 mois à 22 ans, atteints d’hémopathie maligne et traités par chimiothérapie. Le critère d’éligibilité couvrait la tranche 0 à 22 ans. Aucune donnée du résumé ne permet de détailler les résultats par tranche d’âge.

Laser ou diode électroluminescente, quelle différence dans ces essais ?

Les deux technologies étaient représentées : 97 patients ont reçu un laser de faible puissance et 80 une diode électroluminescente. Le résumé ne rapporte pas de comparaison directe entre les deux, ni de paramètres d’irradiation détaillés. Aucune conclusion ne peut donc être tirée en faveur de l’une ou de l’autre.

Référence

Marques MT, Arêde LT, Rodrigues JVS, Takeshita WM, Garcia VG, de Molon RS, Theodoro LH. Photobiomodulation as a preventive strategy for oral mucositis in pediatric oncology: a systematic review and meta-analysis. Journal of Dentistry, 2025. PMID 40889543. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.