Oncologie et soins de support
Publié le
22 septembre 2012

Migliorati C. et al. - Photobiomodulation et mucite orale en oncologie : revue systématique MASCC/ISOO

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Cette revue systématique du groupe Mucite du MASCC/ISOO a évalué le laser et les autres thérapies par la lumière dans la mucite orale. Elle a débouché sur une recommandation et une suggestion, ensuite intégrées aux recommandations de pratique clinique MASCC/ISOO.

Ce que cette publication a évalué

L’objectif annoncé est de passer en revue la littérature disponible et de définir des recommandations de pratique clinique pour l’usage du laser et des autres thérapies par la lumière dans la prévention et le traitement de la mucite orale. Le travail a été conduit par le groupe d’étude Mucite du MASCC et de l’ISOO, deux sociétés savantes internationales.

C’est cette revue qui a fourni la base factuelle du volet lumière des recommandations MASCC/ISOO publiées ensuite dans la revue Cancer. Le lien entre les deux documents est direct : ici sont analysées les données et fixés les paramètres, là ils sont intégrés au référentiel général sur la mucite.

Comme dans l’ensemble de ce champ, la photobiomodulation intervient en soin de support des effets indésirables du traitement anticancéreux, jamais comme traitement du cancer.

Les résultats principaux

Le niveau de preuve a été attribué par intervention et par contexte de traitement, avec trois issues possibles : recommandation, suggestion, ou aucune recommandation possible. Deux nouvelles conclusions en sont sorties.

  • Recommandation : laser de faible intensité, 650 nm, 40 mW, chaque centimètre carré traité pendant le temps nécessaire pour atteindre une dose d’énergie tissulaire de 2 J/cm², soit 2 secondes par point
  • Population visée par cette recommandation : adultes recevant une greffe de cellules souches hématopoïétiques après conditionnement par chimiothérapie à haute dose, avec ou sans irradiation corporelle totale
  • Objectif de cette recommandation : prévention de la mucite orale
  • Suggestion : laser de faible intensité, longueur d’onde autour de 632,8 nm, pour la prévention de la mucite orale chez les patients recevant une radiothérapie sans chimiothérapie concomitante pour un cancer de la tête et du cou
  • Autres populations et autres sources lumineuses : aucune recommandation possible, faute de preuves suffisantes

Les données concernant d’autres populations sont décrites comme globalement encourageantes sur une gamme de longueurs d’onde et d’intensités, sans atteindre le seuil d’une recommandation.

Comment la photobiomodulation intervient dans cette indication

L’usage retenu est préventif : l’irradiation est appliquée sur la muqueuse buccale avant l’apparition des lésions, pour en limiter la survenue et la sévérité pendant la phase à risque. Cela explique la précision des paramètres, exprimés en longueur d’onde, en puissance et en dose d’énergie par unité de surface. La revue ne décrit pas de mécanisme biologique.

Les limites à connaître

Le champ d’application est étroit. La recommandation ne vaut que pour les adultes greffés de cellules souches hématopoïétiques dans les conditions décrites, et la suggestion, plus faible par définition, pour une population de radiothérapie de la tête et du cou sans chimiothérapie associée. Partout ailleurs, aucune recommandation n’a pu être formulée. Les auteurs appellent eux-mêmes à des recherches supplémentaires bien construites dans les différents contextes de traitement du cancer.

Cette revue a plus de dix ans. Le référentiel MASCC/ISOO a connu des mises à jour ultérieures et les paramètres ont pu évoluer depuis. Il faut se reporter à la version la plus récente.

Ce que cela change en pratique

C’est l’un des rares cas où la photobiomodulation dispose de paramètres chiffrés adossés à un référentiel international. Cette précision est un atout, mais ces valeurs valent pour la situation décrite et ne se transposent pas telles quelles à d’autres indications ni à d’autres appareils. Toute utilisation pendant un traitement anticancéreux relève de l’équipe d’oncologie.

Questions fréquentes

Quels paramètres cette revue recommande-t-elle ?

Pour la prévention de la mucite orale après greffe de cellules souches hématopoïétiques, elle recommande un laser de faible intensité à 650 nm et 40 mW, chaque centimètre carré recevant une dose de 2 J/cm², soit 2 secondes par point.

Cette recommandation s’applique-t-elle à tous les patients en oncologie ?

Non. Elle concerne les adultes greffés de cellules souches hématopoïétiques après chimiothérapie à haute dose. Une suggestion distincte existe autour de 632,8 nm en radiothérapie de la tête et du cou sans chimiothérapie concomitante. Ailleurs, aucune recommandation n’a pu être formulée.

Quel est le lien avec les recommandations MASCC/ISOO parues dans Cancer ?

Cette revue systématique constitue la base factuelle du volet lumière de ces recommandations. Ses conclusions ont ensuite été intégrées au référentiel global sur la mucite secondaire aux traitements du cancer.

Référence

Migliorati C, Hewson I, Lalla RV, et al. Systematic review of laser and other light therapy for the management of oral mucositis in cancer patients. Supportive Care in Cancer, 2013 (publication en ligne le 22 septembre 2012). PMID 23001179. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.