Oncologie et soins de support
Publié le
7 mai 2026

Rojas G. et al. - Photobiomodulation et mucite orale induite par les traitements du cancer : revue systématique et méta-analyse

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Dans 7 essais randomisés publiés depuis 2020 et regroupant 329 patients sous chimiothérapie ou radiothérapie, la photobiomodulation est associée à une réduction du risque de mucite orale (RR 0,50, IC 95 % 0,35 à 0,73). Elle intervient ici en soin de support et n’agit en aucun cas sur le cancer lui-même.

Ce que cette étude a mesuré

La mucite orale est l’une des complications les plus redoutées des traitements anticancéreux. Elle se traduit par une inflammation et des ulcérations de la muqueuse buccale qui peuvent rendre l’alimentation difficile, imposer des antalgiques puissants et parfois conduire à interrompre le protocole oncologique.

Cette revue systématique et méta-analyse s’est volontairement restreinte aux essais cliniques randomisés publiés au cours des six dernières années, afin de refléter les protocoles de photobiomodulation actuellement utilisés. Sept essais ont été retenus, totalisant 329 patients recevant une chimiothérapie, une radiothérapie ou les deux. Le critère principal était la survenue ou la sévérité de la mucite orale, en prévention comme en traitement.

Les résultats principaux

Le bénéfice rapporté est net et l’hétérogénéité reste modérée, ce qui est rare dans ce champ.

  • Risque relatif de mucite orale : 0,50 (IC 95 % 0,35 à 0,73) en faveur de la photobiomodulation
  • Hétérogénéité entre études : I² = 40 %, qualifiée de modérée par les auteurs
  • Longueurs d’onde utilisées : de 635 à 980 nm
  • Longueur d’onde la plus fréquente en application intrabuccale : 660 nm
  • Durées d’application intrabuccale : de 3 à 20 secondes par point
  • Nombre d’essais et de patients : 7 essais randomisés, 329 patients

Les auteurs rapportent un faible risque de biais dans les essais inclus et ne détectent pas de biais de publication significatif.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

L’explication généralement avancée est double. D’une part, la lumière rouge et proche infrarouge de faible intensité est absorbée au niveau mitochondrial, ce qui soutiendrait l’activité métabolique des cellules épithéliales soumises au stress des traitements. D’autre part, un effet sur les médiateurs de l’inflammation locale réduirait l’intensité de la réaction muqueuse.

Il faut être clair sur le périmètre : la photobiomodulation est ici un soin de support. Elle vise à limiter un effet indésirable du traitement anticancéreux et ne constitue pas un traitement du cancer. La question d’une éventuelle stimulation de cellules tumorales résiduelles reste discutée dans la littérature et justifie que l’indication soit posée par l’équipe oncologique.

Les limites à connaître

Le nombre de patients reste modeste : 329 au total, répartis sur sept essais. Une estimation aussi favorable sur un effectif réduit demande confirmation sur des cohortes plus larges.

La variabilité des protocoles est la seconde limite explicitement soulignée par les auteurs. Longueur d’onde, site d’application intrabuccal ou extrabuccal, durée d’exposition et nombre de séances diffèrent d’un essai à l’autre. Le résultat groupé ne permet donc pas d’identifier le protocole optimal, ni de transposer directement les paramètres d’un essai à un autre contexte de soin. Enfin, les types de cancers et les schémas thérapeutiques ne sont pas homogènes entre les études.

Ce que cela change en pratique

La photobiomodulation figure déjà dans plusieurs recommandations internationales de soins de support en oncologie pour la prévention de la mucite orale. Cette synthèse récente va dans le même sens et actualise l’estimation du bénéfice avec les protocoles contemporains.

La mise en œuvre relève de l’équipe soignante : elle suppose un calendrier de séances coordonné avec les cures et un matériel adapté à l’application intrabuccale. Aucun patient ne doit modifier ou interrompre son traitement anticancéreux sur la base de ces résultats.

Questions fréquentes

La photobiomodulation soigne-t-elle le cancer ?

Non. Dans cette étude, elle est utilisée exclusivement en soin de support, pour limiter la mucite orale provoquée par la chimiothérapie ou la radiothérapie. Elle n’a aucune action établie sur la tumeur.

De combien la mucite orale est-elle réduite ?

Le risque relatif rapporté est de 0,50 (IC 95 % 0,35 à 0,73), soit une réduction de moitié du risque par rapport aux groupes témoins, sur 329 patients et 7 essais randomisés.

Quel protocole de photobiomodulation est recommandé ?

Les essais utilisent des longueurs d’onde de 635 à 980 nm, le plus souvent 660 nm en intrabuccal, avec des durées de 3 à 20 secondes. Cette variabilité empêche de désigner un protocole de référence, qui doit être défini par l’équipe oncologique.

Référence

Rojas G, Escalante-Parra R, Duarte A, Terán-Ángel G, Moreno-Garces P, Silveira FM, Sanchez-Ramirez C. Photobiomodulation for the treatment and prevention of chemotherapy- and/or radiotherapy-induced oral mucositis in cancer patients: a systematic review and meta-analysis of randomized clinical trials published in the last six years. Supportive Care in Cancer, 2026. PMID 42098536. Lien PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.