Oncologie et soins de support
Publié le
1er juillet 2018

Bensadoun RJ - Photobiomodulation, mucite, dermite radio-induite et lymphœdème en oncologie : revue narrative

Partager l’article :

Cette revue fait le point sur la photobiomodulation appliquée aux effets indésirables des traitements du cancer : mucite buccale, dermite radio-induite et lymphœdème. L’auteur décrit un large corpus de données pour la mucite buccale et présente les deux autres indications comme des pistes.

Ce que cette publication passe en revue

Publiée en 2018 dans Current Opinion in Oncology, cette synthèse est signée par un auteur unique, René-Jean Bensadoun, depuis Nice. Son objectif est de dresser l’état de l’art de la photobiomodulation, également appelée thérapie laser de faible niveau, dans la prise en charge des complications des traitements anticancéreux. L’auteur rappelle d’emblée qu’il existe un large corpus de données soutenant l’efficacité de la technique pour la prévention et le traitement de la mucite buccale chez les patients recevant une radiothérapie pour un cancer de la tête et du cou, ou des protocoles de chimiothérapie à haute dose. Le texte élargit ensuite le champ à deux autres complications : la dermite radio-induite et le lymphœdème. Il aborde également les mécanismes d’action, la dosimétrie et la sécurité, et propose des paramètres pour chacune de ces indications. Point essentiel : dans toutes ces situations, la photobiomodulation intervient en soin de support, pour atténuer les effets indésirables d’un traitement, et jamais comme traitement du cancer lui-même.

Les résultats principaux

L’abstract de cette revue ne rapporte aucun chiffre, aucun effectif ni aucune mesure d’effet. Il faut donc s’en tenir aux constats qualitatifs formulés par l’auteur.

  • Mucite buccale : large corpus de données en faveur de l’efficacité, en prévention comme en traitement, après radiothérapie des cancers de la tête et du cou ou chimiothérapie à haute dose
  • Dermite radio-induite : identifiée comme une complication pour laquelle la technique pourrait se révéler efficace
  • Lymphœdème : identifié de la même manière comme une piste à explorer
  • Des paramètres de traitement sont proposés par l’auteur pour chacune de ces trois complications
  • Mécanismes d’action, dosimétrie et sécurité sont discutés, ainsi que les axes de recherche à venir

La formulation employée pour la dermite et le lymphœdème est prospective : il s’agit d’indications pour lesquelles la photobiomodulation pourrait s’avérer efficace, et non d’indications documentées au même niveau que la mucite buccale.

Comment la photobiomodulation agit dans ces indications

L’auteur indique que les progrès récents de la technologie, associés à une meilleure compréhension des mécanismes impliqués et des paramètres dosimétriques, pourraient permettre de prendre en charge une gamme plus large de complications liées aux traitements du cancer. L’abstract ne détaille pas ces mécanismes et signale seulement qu’ils sont discutés dans l’article. La logique avancée est donc double : mieux comprendre ce qui se passe dans le tissu éclairé, et mieux choisir les paramètres d’irradiation permettraient d’étendre le champ d’application au-delà de la seule muqueuse buccale.

Les limites à connaître

Il s’agit d’une revue narrative signée par un auteur unique, et non d’une revue systématique avec méta-analyse. Elle ne comporte ni protocole d’inclusion des études, ni évaluation formelle du risque de biais, ni estimation quantitative de l’effet. Les bénéfices annoncés en termes d’adhésion au traitement anticancéreux, de qualité de vie et de résultats thérapeutiques sont exprimés au conditionnel par l’auteur lui-même, comme des conséquences possibles et non démontrées. Enfin, le texte se conclut sur des directions de recherche futures, ce qui indique que le sujet n’était pas clos en 2018 pour la dermite et le lymphœdème.

Ce que cela change en pratique

Cette revue joue un rôle de passerelle : elle part d’une indication bien documentée, la mucite buccale, et propose d’étendre le raisonnement à des complications voisines. Elle est utile pour comprendre pourquoi la photobiomodulation est aujourd’hui discutée bien au-delà de la bouche en oncologie de support. Elle ne dispense en rien d’un avis spécialisé : toute utilisation chez une personne atteinte de cancer ou en rémission relève d’une décision prise et encadrée par l’équipe d’oncologie, qui en fixe les modalités et en assure le suivi.

Questions fréquentes

Quelles complications du cancer cette revue couvre-t-elle ?

Trois : la mucite buccale, la dermite radio-induite et le lymphœdème. Seule la première s’appuie, selon l’auteur, sur un large corpus de données ; les deux autres sont présentées comme des indications potentielles.

Cette revue apporte-t-elle des chiffres d’efficacité ?

Non. L’abstract ne contient ni effectif, ni pourcentage, ni intervalle de confiance. C’est une synthèse narrative de l’état des connaissances, pas une méta-analyse.

La photobiomodulation peut-elle remplacer un traitement du cancer ?

Non. Elle est présentée dans cette revue comme un soin de support, destiné à atténuer les effets indésirables des traitements. La décision de l’utiliser appartient à l’équipe d’oncologie.

Référence

Bensadoun RJ. Photobiomodulation or low-level laser therapy in the management of cancer therapy-induced mucositis, dermatitis and lymphedema. Current Opinion in Oncology, 2018. PMID 29794809. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.