Fondamentaux et mécanismes
Publié le
1er avril 2005

Karu T.I. et al. - Lumière rouge et proche infrarouge, le monoxyde d’azote comme médiateur : étude expérimentale in vitro

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Cette étude de 2005 montre que des donneurs de monoxyde d’azote ajoutés à une suspension de cellules HeLa suppriment l’augmentation d’adhésion cellulaire induite par la lumière, et déplacent le spectre d’action mesuré. Il s’agit d’un travail expérimental sur cellules en culture, et non d’un essai clinique.

Ce que cette publication a montré

L’objectif annoncé était de tester si le monoxyde d’azote, noté NO, intervient dans l’augmentation d’adhésion cellulaire provoquée par une irradiation lumineuse. Le NO est une petite molécule gazeuse qui sert de signal dans et entre les cellules. Il peut se fixer sur la cytochrome c oxydase et y freiner la respiration cellulaire.

Le protocole repose sur une mesure indirecte mais robuste : le nombre de cellules HeLa qui adhèrent à une matrice de verre après 30 minutes d’incubation à 37 degrés. En faisant varier la longueur d’onde, les auteurs construisent un spectre d’action, c’est-à-dire une courbe montrant à quelles longueurs d’onde l’effet est le plus marqué. Un spectre bien structuré est une signature : il renseigne sur la molécule qui absorbe la lumière.

Les résultats principaux

Les conditions et les valeurs rapportées sont les suivantes.

  • Rayonnement monochromatique visible à proche infrarouge : 600-860 nm, 52 J/m2.
  • Diode laser : 820 nm, 8-120 J/m2.
  • Lecture de l’effet : cellules HeLa en suspension adhérant à une matrice de verre, après 30 minutes à 37 degrés.
  • Maxima du spectre d’action pour l’augmentation de l’adhésion : 619, 657, 675, 740, 760 et 820 nm.
  • Donneurs de NO testés : nitroprussiate de sodium (SNP), trinitrate de glycéryle (GTN) et nitrite de sodium (NaNO2).
  • Gamme de concentrations explorée : 5 x 10-9 à 5 x 10-4 M.
  • Après traitement par SNP à 5 x 10-5 M avant irradiation, le spectre d’action est nettement modifié, avec des maxima à 642, 685, 700, 742, 842 et 856 nm.
  • Les donneurs de NO ajoutés avant l’irradiation éliminent l’augmentation du nombre de cellules adhérentes.
  • Ajouté après l’irradiation, le NO peut également inhiber en aval le signal induit par la lumière.
  • Les deux effets dépendent de la concentration des donneurs de NO et de la fluence.

Comment la lumière agit sur la mitochondrie

Le spectre d’action obtenu, bien structuré et à maxima multiples, pointe vers l’existence d’un photoaccepteur, supposé être la cytochrome c oxydase, enzyme terminale de la chaîne respiratoire. Il indique aussi l’existence de voies de signalisation reliant les mitochondries, la membrane plasmique et le noyau.

L’interprétation proposée est directe : en se liant à la cytochrome c oxydase, le NO occupe la place et empêche la réaction déclenchée par la lumière. Le déplacement des maxima après traitement par SNP est l’argument le plus parlant : la molécule absorbante n’est plus dans le même état. Les auteurs concluent que le NO peut contrôler les réactions activées par l’irradiation.

Les limites à connaître

Le travail porte sur une suspension de cellules HeLa en laboratoire. Aucun patient n’est concerné, et l’adhésion à une lame de verre est un critère expérimental, pas de santé. Les concentrations de donneurs de NO employées sont choisies par les expérimentateurs et ne reproduisent pas un tissu vivant.

Le rôle du NO est ici déduit d’expériences pharmacologiques, non observé directement. Aucun bénéfice thérapeutique n’est démontré. L’article date de 2005 : l’hypothèse du NO a été largement discutée et affinée depuis, et elle reste une hypothèse.

Pourquoi ce travail fait référence

Il a fait entrer le monoxyde d’azote dans le raisonnement sur la photobiomodulation, et cette idée est devenue l’hypothèse dominante encore aujourd’hui : la lumière déplacerait le NO fixé sur la cytochrome c oxydase, levant un frein sur la respiration cellulaire. Les spectres d’action détaillés publiés ici servent depuis de repère pour le choix des longueurs d’onde étudiées.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un spectre d’action ?

C’est une courbe qui indique l’intensité d’un effet biologique en fonction de la longueur d’onde utilisée. Ses pics renseignent sur la molécule qui absorbe la lumière, un peu comme une empreinte.

Le monoxyde d’azote est-il un polluant ou une molécule du corps ?

Les deux existent, mais il s’agit ici de la molécule signal produite naturellement par l’organisme. Elle intervient notamment dans la régulation du calibre des vaisseaux et dans la respiration cellulaire.

Ces longueurs d’onde définissent-elles un réglage optimal ?

Non. Ce sont les maxima mesurés sur un type cellulaire précis, pour un effet précis, en boîte de culture. Ils ne constituent pas un paramètre de traitement transposable à une personne.

Référence

Karu TI, Pyatibrat LV, Afanasyeva NI. Cellular effects of low power laser therapy can be mediated by nitric oxide. Lasers in Surgery and Medicine, 2005. PMID 15739174. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.