Endocrinologie et métabolisme
Publié le
25 novembre 2025

De Nardi M. et al. - Photobiomodulation et métabolisme énergétique chez des femmes obèses

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Dans un essai randomisé croisé, une séance unique de 12 minutes de photobiomodulation a été suivie d’une hausse de 9,3 % de la dépense énergétique de repos chez 16 femmes en situation d’obésité. L’effet est aigu, mesuré juste après l’exposition sur un très petit effectif, et aucune donnée de poids corporel n’est rapportée.

Ce que cette étude a mesuré

Massimo De Nardi et ses collègues ont conduit un essai randomisé en crossover intra-sujet, publié dans Nutrients en 2025. Deux groupes ont été comparés : 16 femmes en situation d’obésité (43 ± 5 ans, indice de masse corporelle 36 ± 4 kg/m²) et 16 femmes sédentaires de poids normal (43 ± 5 ans, indice de masse corporelle 22,7 ± 2 kg/m²). Chacune a reçu une exposition de photobiomodulation et une exposition sham.

L’exposition durait 12 minutes et couvrait la face avant puis la face arrière du corps, en lumière rouge (633-660 nm) et proche infrarouge (850-940 nm). Le critère principal était la dépense énergétique de repos, mesurée par calorimétrie indirecte avant et après. L’alimentation et l’activité physique étaient contrôlées. Point important : la lumière a été appliquée au repos, sans exercice physique associé, ce qui rattache l’effet observé à la seule exposition lumineuse.

Les résultats principaux

Les valeurs rapportées dans le résumé sont les suivantes.

  • Interaction groupe × temps : F = 3,054, p = 0,03
  • Effet principal du temps : F = 10,88, p = 0,001
  • Dépense énergétique de repos chez les femmes en situation d’obésité : +9,3 %, soit 1624 ± 314 kcal/jour après photobiomodulation contre 1486 ± 327 kcal/jour avant (p < 0,001)
  • Quotient respiratoire : aucune modification, donc pas de changement du substrat oxydé
  • Perception de l’effort : diminution dans les deux groupes
  • Souplesse : amélioration dans les deux groupes
  • Températures cutanées : augmentation significative, plus marquée au dos qu’à l’avant

Le résumé ne fournit pas d’intervalles de confiance, ni de valeur chiffrée pour le groupe de poids normal.

Comment la photobiomodulation agit sur le métabolisme

Le mécanisme avancé reste hypothétique. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, dernier complexe de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait faciliter la production d’adénosine triphosphate. Dans le muscle squelettique, riche en mitochondries, une meilleure fonction mitochondriale pourrait modifier la dépense énergétique au repos. Une action sur le stress oxydatif et sur l’inflammation de bas grade associée à l’obésité est également évoquée. L’étude a mesuré une conséquence métabolique globale, pas les étapes biochimiques intermédiaires.

Les limites à connaître

L’effectif est très faible : 32 femmes, dont 16 dans le groupe obésité. Il s’agit d’un essai unique et non d’une méta-analyse, ce qui interdit toute généralisation ; les auteurs qualifient leurs résultats de préliminaires. L’effet est aigu, mesuré après une séance unique : rien n’indique qu’il se maintienne. Ni le poids, ni la masse grasse, ni la composition corporelle n’ont été suivis dans la durée. La hausse des températures cutanées pose la question d’une contribution thermique que le résumé ne permet pas de départager. Enfin, la population se limite à des femmes d’âge moyen.

Ce que cela change en pratique

Peu de choses à ce stade. Une hausse ponctuelle de la dépense énergétique de repos, mesurée juste après une séance, ne constitue pas une méthode de gestion du poids. La photobiomodulation ne remplace ni une prise en charge nutritionnelle, ni une activité physique adaptée, ni un traitement prescrit. Elle ne remplace en aucun cas un traitement antidiabétique : toute modification relève exclusivement du médecin. Chez une personne diabétique, une autosurveillance glycémique reste nécessaire, des variations glycémiques ayant été rapportées ailleurs après exposition.

Questions fréquentes

La photobiomodulation fait-elle perdre du poids ?

Cette étude ne permet pas de l’affirmer. Elle a mesuré une hausse de la dépense énergétique de repos juste après une séance, pas une variation de poids ou de masse grasse. Aucune donnée pondérale ne figure dans le résumé. Extrapoler vers une perte de poids serait une lecture abusive des résultats publiés.

Quelles longueurs d’onde et quelle durée ont été utilisées ?

La séance durait 12 minutes, en une exposition unique couvrant la face avant puis la face arrière du corps. Les longueurs d’onde étaient le rouge, entre 633 et 660 nm, et le proche infrarouge, entre 850 et 940 nm. Aucun exercice physique n’était associé au protocole.

Pourquoi l’effet n’apparaît-il que chez les femmes en situation d’obésité ?

Le résumé rapporte une interaction groupe × temps significative, signe d’une réponse différente selon le groupe, sans en donner l’explication. L’hypothèse d’une efficacité mitochondriale initialement plus dégradée est plausible, sans être démontrée ici.

Référence

De Nardi M, Allemano S, Buratti M, Conti E, Filipas L, Gotti D, Luzi L, Codella R. Photobiomodulation Acutely Augments Resting Metabolism in Women with Obesity. Nutrients, 2025;17(21):3357. PMID 41228430. DOI 10.3390/nu17213357. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41228430/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.