Santé bucco-dentaire
Publié le
14 novembre 2024

Arshad M. et al. - Photobiomodulation et stabilité implantaire chez l’humain : méta-analyse

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La photobiomodulation est associée à une meilleure stabilité de l’implant dentaire à certains temps de mesure, surtout pendant les phases précoces de cicatrisation. Cette revue systématique avec méta-analyse retient 17 études cliniques humaines, dont 14 analysées quantitativement.

Ce que cette étude a mesuré

La question portait sur l’effet propre de la photobiomodulation sur la stabilité des implants dentaires, indépendamment d’autres interventions. Les auteurs ont interrogé PubMed/MEDLINE, la Cochrane Library, Embase, Scopus et Google Scholar pour les articles publiés jusqu’en juin 2024. Étaient éligibles tous les essais contrôlés randomisés et les essais cliniques contrôlés menés chez l’humain rapportant l’effet isolé de la photobiomodulation sur la stabilité implantaire. Les moyennes, écarts-types et effectifs ont été extraits pour la méta-analyse. Après lecture des textes intégraux, 17 articles ont été retenus pour la revue systématique et 14 pour la méta-analyse. L’analyse statistique a été menée sous Stata 17 avec des modèles à effets aléatoires, l’hétérogénéité étant estimée par la statistique I2. Le résumé ne mentionne ni enregistrement PROSPERO ni nombre total de participants.

Les résultats principaux

La stabilité implantaire était mesurée par deux méthodes distinctes, le quotient de stabilité implantaire ou ISQ et la valeur Periotest ou PTV, ce qui a conduit à des analyses séparées.

  • 17 études incluses dans la revue systématique, dont 14 dans la méta-analyse.
  • Groupes rapportant l’ISQ : différence statistiquement significative entre laser et contrôle à la semaine 2 (p = 0,01, IC 95 %).
  • Groupes rapportant le PTV : différences statistiquement significatives aux semaines 4 et 8 (p inférieur à 0,001, IC 95 %).
  • Le bénéfice décrit par les auteurs concerne surtout les phases précoces de cicatrisation.
  • Aucune amplitude d’effet chiffrée, en points d’ISQ ou de PTV, n’est rapportée dans le résumé de l’étude.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Les mécanismes avancés restent hypothétiques et ne sont pas mesurés dans ce travail. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, dans la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait accroître la production d’ATP disponible pour les cellules osseuses péri-implantaires. Cette énergie soutiendrait l’activité des ostéoblastes et le remodelage osseux au contact de la surface implantaire, deux processus qui déterminent l’ostéointégration. Une modulation du stress oxydatif et des médiateurs de l’inflammation postopératoire est également évoquée. Le fait que les différences apparaissent tôt, dès la deuxième semaine, est cohérent avec une action sur la cicatrisation initiale, sans que cela le démontre.

Les limites à connaître

Les auteurs reconnaissent eux-mêmes des limites à leur travail. Les différences rapportées le sont sous forme de valeurs p, sans amplitude d’effet exploitable : on ne sait donc pas de combien la stabilité varie. Les résultats ne sont pas significatifs à tous les temps de mesure ni avec les deux méthodes, ce qui rend le tableau hétérogène. La revue mêle essais randomisés et essais cliniques contrôlés, plus exposés aux biais. Les paramètres de photobiomodulation employés ne sont pas détaillés dans le résumé, si bien qu’aucun protocole ne peut en être déduit.

Ce que cela change en pratique

Ce travail décrit un effet mesurable sur des indicateurs de stabilité implantaire, surtout au cours des premières semaines de cicatrisation. Il ne dit pas si cet écart se traduit par un meilleur taux de survie des implants à long terme, critère qui n’est pas abordé. Le choix d’associer une photobiomodulation à une pose d’implant relève du praticien, selon le protocole opératoire et le profil du patient.

Questions fréquentes

À quel moment la photobiomodulation semble-t-elle influencer la stabilité de l’implant ?

Les différences significatives apparaissent à la semaine 2 dans les groupes évalués par ISQ et aux semaines 4 et 8 dans ceux évalués par Periotest. Les auteurs situent le bénéfice surtout dans les phases précoces de cicatrisation. Aucune donnée à long terme n’est présentée dans le résumé.

Combien d’études cliniques humaines cette méta-analyse regroupe-t-elle ?

Dix-sept articles ont passé le filtre de la revue systématique et quatorze ont pu être intégrés à la méta-analyse. Il s’agit d’essais contrôlés randomisés et d’essais cliniques contrôlés menés chez l’humain. Seules les études rapportant l’effet isolé de la photobiomodulation ont été retenues.

De combien la stabilité implantaire augmente-t-elle avec la photobiomodulation ?

Le résumé de l’étude ne fournit pas cette information. Il rapporte des différences statistiquement significatives entre groupes laser et groupes contrôle, exprimées par des valeurs p, mais aucune amplitude d’effet en points d’ISQ ou de PTV. Il n’est donc pas possible de chiffrer le gain.

Référence

Arshad M, Mazidi Y, Chiniforush N, Shirvani A, Bassir SH. The effect of photobiomodulation therapy on implant stability: A systematic review and meta-analysis. Photochemistry and Photobiology, 2024. PMID 39400334. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.