Fondamentaux et mécanismes
Publié le
2 novembre 2011

Chung H. et al. - Photobiomodulation, mécanismes et dosimétrie : revue de référence

Partager l’article :

Cette revue publiée en 2011 réunit dans un seul texte les mécanismes cellulaires et tissulaires de la photobiomodulation, les sources lumineuses disponibles et les principes de dosimétrie utilisés en pratique clinique. Elle décrit un domaine longtemps dispersé, sans démontrer l’efficacité d’un protocole particulier.

Ce que cette publication a apporté

Signée par une équipe du Wellman Center for Photomedicine du Massachusetts General Hospital, cette revue est parue dans Annals of Biomedical Engineering. Elle part d’un constat historique : dès l’invention des lasers dans les années 1960, on a supposé que la lumière pouvait améliorer la cicatrisation et réduire la douleur, l’inflammation et le gonflement. Quarante ans plus tard, les connaissances restaient réparties entre la physique des sources, la biologie cellulaire et les essais cliniques, sans texte unique pour les relier.

L’apport principal de l’article est là : proposer une vue d’ensemble ordonnée, du photon absorbé par la cellule jusqu’aux paramètres qu’un praticien doit choisir. Les auteurs actent aussi un élargissement du champ. Initialement centré sur le laser, il intègre désormais les diodes électroluminescentes et d’autres sources, dans une gamme de longueurs d’onde qui couvre largement le rouge et le proche infrarouge. Le terme photobiomodulation y figure déjà, en parallèle de l’appellation alors dominante de « low level laser therapy », abrégée en LLLT.

Les points clés

Le résumé de l’article met en avant plusieurs éléments structurants pour le domaine.

  • Le champ ne se limite plus au laser : les diodes électroluminescentes et d’autres sources y sont intégrées.
  • Les longueurs d’onde employées se situent en grande partie dans le rouge et le proche infrarouge.
  • Les mécanismes sont traités à deux échelles, celle de la cellule et celle du tissu.
  • Les sources lumineuses et les principes de dosimétrie utilisés en clinique sont recensés.
  • L’appellation LLLT implique une réponse biphasique à la dose, décrite par la courbe d’Arndt-Schulz.
  • Le panorama des indications privilégie celles ayant fait l’objet d’essais contrôlés randomisés.
  • Des perspectives sont évoquées dans des pathologies graves : accident vasculaire cérébral, infarctus, lésion de la moelle épinière, traumatisme crânien.

Comment la photobiomodulation agit au niveau cellulaire

La revue annonce couvrir les mécanismes d’action au niveau cellulaire puis tissulaire, mais son résumé public n’en énumère pas le détail. Aucune voie moléculaire précise ne sera donc citée ici au nom de cet article. Ce que l’on peut dire, c’est que ces mécanismes reposaient alors en grande partie sur des travaux menés sur cellules en culture et sur modèles animaux, et que leur traduction en effet clinique reproductible reste la question centrale du domaine.

Le second niveau est celui de la dose. En posant la dosimétrie comme un chapitre à part entière, les auteurs rappellent qu’une même longueur d’onde peut produire des résultats opposés selon l’énergie délivrée et la durée d’exposition. C’est cette idée, formalisée par la courbe d’Arndt-Schulz, qui explique pourquoi des études rigoureuses aboutissent parfois à des conclusions contradictoires.

Les limites à connaître

Il s’agit d’une revue narrative et non d’une revue systématique avec méta-analyse : les auteurs sélectionnent et commentent la littérature, sans quantifier un effet global. Le résumé ne rapporte aucun chiffre d’efficacité, aucune longueur d’onde et aucune dose recommandée.

La mention des pathologies graves relève d’une perspective de recherche formulée en 2011, pas d’un résultat acquis. Enfin, l’article a plus de dix ans et la littérature s’est considérablement étoffée depuis, notamment sur les protocoles et les indications.

Pourquoi cet article fait encore référence

Sa valeur tient à sa fonction de porte d’entrée. Un lecteur qui découvre le sujet y trouve, dans un ordre logique, l’histoire du domaine, ses mécanismes supposés, ses instruments et ses paramètres. L’article a aussi contribué à installer deux idées durables : la photobiomodulation ne dépend pas du caractère laser de la lumière, et la dose est un déterminant aussi important que la longueur d’onde.

Questions fréquentes

Que veut dire « low level laser therapy » ?

C’est l’appellation historique de la photobiomodulation, largement utilisée jusqu’aux années 2010. Les auteurs rappellent qu’elle sous-entend une réponse biphasique à la dose : au-delà d’un certain niveau, augmenter l’énergie ne renforce pas l’effet.

Cette revue prouve-t-elle que la photobiomodulation soigne ?

Non. Elle décrit des mécanismes et recense des indications étudiées, en signalant celles qui ont fait l’objet d’essais contrôlés randomisés. Une revue narrative ne constitue pas une preuve d’efficacité clinique.

Faut-il un laser ou une LED suffit-elle ?

L’article acte précisément l’élargissement du champ aux diodes électroluminescentes et à d’autres sources. Le résumé ne compare pas leurs performances respectives.

Référence

Chung H, Dai T, Sharma SK, Huang YY, Carroll JD, Hamblin MR. The nuts and bolts of low-level laser (light) therapy. Annals of Biomedical Engineering, 2011. PMID 22045511. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.