Psychiatrie et santé mentale
Publié le
28 février 2025

Noda Y. et al. - Photobiomodulation par lumière violette dans la dépression légère : essai randomisé contrôlé

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Cet essai croisé randomisé en double aveugle a testé des lunettes à lumière violette pulsée à 40 Hz chez 57 patients atteints de dépression légère. Les scores MADRS s’améliorent significativement avec le dispositif actif par rapport au dispositif factice, mais l’intervalle de confiance frôle le seuil de significativité (IC 95 % -2,5 à -0,1 ; p = 0,042).

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’un essai randomisé unique, en double aveugle contre placebo, avec plan croisé, et non d’une méta-analyse. Il a été conduit dans une clinique de Tokyo entre juin 2021 et décembre 2023 chez 57 patients japonais ambulatoires âgés de 20 à 74 ans, avec un diagnostic de dépression majeure d’intensité légère. Chaque participant a porté quatre semaines des lunettes actives puis, après quatre semaines de sevrage, quatre semaines de lunettes factices, ou l’inverse. Les traitements antidépresseurs en cours étaient maintenus inchangés. Le critère principal était la variation du score MADRS après quatre semaines.

Les résultats principaux

Le dispositif actif fait mieux que le dispositif factice sur le critère principal, avec une marge étroite. La tolérance rapportée est bonne.

  • 57 patients japonais ambulatoires, âgés de 20 à 74 ans, atteints de dépression majeure légère.
  • Amélioration significative du score MADRS avec les lunettes actives contre les lunettes factices : IC 95 % -2,5 à -0,1 ; p = 0,042.
  • Durée de port : 4 semaines par phase, avec un intervalle de sevrage de 4 semaines entre les deux phases.
  • Lumière violette pulsée à 40 Hz, délivrée par des lunettes d’irradiation.
  • Aucun événement indésirable lié au port des lunettes n’a été observé.
  • Recrutement mené entre juin 2021 et décembre 2023 dans un centre unique.
  • Enregistrement de l’essai : jRCTs032210260.

Comment la photobiomodulation transcrânienne agit

L’hypothèse retenue ici diffère de celle de la photobiomodulation transcrânienne classique. Les auteurs évoquent une neuromodulation du réseau de la dépression par l’intermédiaire d’OPN5, une opsine sensible à la lumière violette, la voie d’entrée étant oculaire et non crânienne. Dans la photobiomodulation transcrânienne au rouge et au proche infrarouge, les mécanismes avancés, eux aussi hypothétiques, font intervenir la cytochrome c oxydase mitochondriale et la production d’ATP, une modulation de la perfusion cérébrale, une baisse du stress oxydatif et de la neuroinflammation. Aucun de ces mécanismes n’a été mesuré dans cet essai.

Les limites à connaître

L’ampleur du bénéfice est modeste et l’intervalle de confiance s’approche de zéro à sa borne supérieure (-0,1), ce qui traduit un résultat fragile, tout juste significatif. L’effectif de 57 patients et le caractère monocentrique limitent la portée des conclusions, tout comme le recrutement exclusivement japonais. Seule la dépression majeure d’intensité légère a été étudiée : rien ne permet d’extrapoler aux formes modérées ou sévères. Enfin, il s’agit de lumière violette délivrée par voie oculaire, une modalité distincte de la photobiomodulation transcrânienne au proche infrarouge, dont les résultats ne sont pas interchangeables.

Ce que cela change en pratique

Le signal est réel mais faible, et issu d’un essai unique qui demande réplication. À noter que les traitements antidépresseurs des participants ont été maintenus pendant toute l’étude : le dispositif a été testé en complément, jamais en remplacement. La photobiomodulation ne remplace ni un suivi psychiatrique ni un traitement en cours, et un trouble de l’humeur nécessite un accompagnement professionnel. Le sujet peut être abordé avec le médecin qui assure le suivi, lui seul disposant des éléments du dossier.

Questions fréquentes

Les lunettes à lumière violette sont-elles efficaces contre la dépression ?

Cet essai rapporte une amélioration significative mais modeste des scores MADRS dans la dépression légère, avec un intervalle de confiance proche de zéro. Il s’agit d’un seul essai, mené sur 57 personnes. On ne peut pas en tirer une efficacité établie ni une garantie de bénéfice individuel.

La lumière violette, est-ce la même chose que la photobiomodulation transcrânienne ?

Non. Ici la lumière violette est délivrée aux yeux par des lunettes et l’hypothèse mécanistique repose sur l’opsine OPN5. La photobiomodulation transcrânienne utilise du rouge ou du proche infrarouge appliqué sur le crâne. Les deux approches ne sont pas interchangeables.

Le dispositif a-t-il provoqué des effets indésirables ?

Les auteurs indiquent qu’aucun événement indésirable lié au port des lunettes n’a été observé pendant l’essai. Cette observation porte sur 57 participants et sur des périodes de quatre semaines. Elle ne dit rien d’une utilisation prolongée au-delà de cette durée.

Référence

Noda Y, Taniguchi K, Takano M, et al. Violet light photobiomodulation therapy for depression: A double-blind randomized crossover trial. Journal of Affective Disorders, 2025 ; 376 : 325-332. PMID 39961441. DOI 10.1016/j.jad.2025.02.031. https://doi.org/10.1016/j.jad.2025.02.031

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit ni un suivi psychiatrique. Parlez-en à un professionnel de santé.