Santé bucco-dentaire
Publié le
29 juillet 2026

Martins Aragão L.M. et al. - Photobiomodulation dans le traitement du lichen plan buccal : revue systématique et méta-analyse

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Une revue systématique de 15 essais cliniques rapporte que la photobiomodulation réduit légèrement la douleur du lichen plan buccal par rapport au traitement pharmacologique conventionnel. Les auteurs ne retrouvent en revanche aucun effet significatif sur la sévérité de la maladie ni sur les scores d’anxiété.

Ce que cette étude a mesuré

Le lichen plan buccal est une maladie inflammatoire chronique à composante auto-immune de la muqueuse de la bouche : douleurs, irritations, parfois saignements et ulcérations. La prise en charge de référence repose sur les corticoïdes locaux, souvent au long cours, ce qui expose à des effets indésirables. L’équipe de Lívia Maria Martins Aragão, à l’université fédérale du Ceará au Brésil, a évalué la photobiomodulation comme alternative non invasive. Sept bases ont été interrogées jusqu’au 1er mars 2025 : PubMed, LILACS, Livivo, Scopus, Embase, Web of Science et EBSCO. Étaient éligibles les essais cliniques chez l’humain, randomisés ou non, comparant la photobiomodulation à un traitement pharmacologique conventionnel. Sur 4 118 références identifiées, 15 études ont été retenues, avec évaluation du risque de biais par les outils Cochrane et de la certitude des preuves selon GRADE. Le résumé ne mentionne pas d’enregistrement PROSPERO.

Les résultats principaux

Le profil est contrasté : un bénéfice sur les symptômes et la cicatrisation, mais rien sur les marqueurs de sévérité ni sur le vécu émotionnel. Les auteurs qualifient eux-mêmes la réduction de la douleur de légère.

  • 4 118 références identifiées, 15 études incluses
  • Douleur : réduction légère face au traitement conventionnel
  • Sévérité de la maladie : aucune différence significative
  • Scores d’anxiété : aucune différence significative
  • Cicatrisation muqueuse complète : taux plus élevés avec la photobiomodulation
  • Récidive des lésions : taux plus faibles dans les formes érosives
  • Aucun effet indésirable rapporté dans les études incluses

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme proposé reste au conditionnel. La lumière rouge ou proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait transitoirement la production d’ATP dans les cellules de la muqueuse. Cette relance énergétique pourrait soutenir la prolifération des kératinocytes et des fibroblastes, donc la fermeture des zones érosives. Une modulation du stress oxydatif et des cytokines pro-inflammatoires est aussi évoquée pour la douleur, dans une maladie où un infiltrat lymphocytaire chronique entretient l’inflammation locale. Ces hypothèses n’ont pas été vérifiées dans les essais analysés.

Les limites à connaître

La revue accepte à la fois des essais randomisés et non randomisés, ce qui abaisse mécaniquement le niveau de preuve. Le résumé publié ne fournit ni tailles d’effet chiffrées ni intervalles de confiance : l’ampleur réelle du bénéfice sur la douleur ne peut pas être appréciée. La certitude GRADE a été évaluée, mais le niveau retenu par critère n’est pas détaillé. Avec 15 études et des protocoles qui varient beaucoup d’un centre à l’autre, l’hétérogénéité clinique est probablement importante. Les auteurs concluent eux-mêmes que des essais randomisés de meilleure qualité restent nécessaires.

Ce que cela change en pratique

Ces données situent la photobiomodulation comme une option complémentaire plausible, surtout dans les formes érosives où la cicatrisation et la récidive sont les enjeux principaux. Elle ne se substitue pas à la corticothérapie locale prescrite ni au suivi spécialisé, le lichen plan buccal imposant une surveillance régulière de la muqueuse. Le résumé ne précise ni longueurs d’onde, ni densités d’énergie, ni nombre de séances : aucun protocole ne peut être recommandé à partir de cette publication.

Questions fréquentes

La photobiomodulation peut-elle remplacer la cortisone dans le lichen plan buccal ?

Non, et cette revue ne le suggère pas. Elle montre une réduction légère de la douleur et davantage de cicatrisations complètes, mais aucun effet significatif sur la sévérité de la maladie. Le lichen plan buccal impose un suivi médical et un traitement décidé avec un professionnel de santé.

La photobiomodulation est-elle sans danger pour la muqueuse buccale ?

Dans les études rassemblées ici, aucun effet indésirable n’a été rapporté et les auteurs décrivent l’approche comme non invasive et bien tolérée. Cela ne porte que sur 15 études, ce qui reste insuffisant pour détecter des événements rares.

Combien de séances faut-il pour voir un effet ?

Le résumé ne détaille ni le nombre de séances, ni les longueurs d’onde, ni les doses des essais inclus. Aucun protocole ne peut en être déduit, faiblesse régulièrement soulignée dans la littérature sur la photobiomodulation.

Référence

Martins Aragão LM, Julião Costa GA, da Silva JF, Fontes Borges Franco MM, de Barros Silva PG, Lima Mota MR. Analysis of the efficacy of photobiomodulation therapy in the treatment of oral lichen planus: A systematic review and meta-analysis of randomized and non-randomized clinical trials. Journal of Clinical and Experimental Dentistry, 2026. PMID 42542826. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.