Santé bucco-dentaire
Publié le
17 avril 2026

Creazzo G. et al. - Photobiomodulation en complément du traitement endodontique des lésions périapicales : revue systématique et méta-analyse

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Dans 6 études évaluant le laser ajouté au traitement endodontique des lésions périapicales, la méta-analyse ne retrouve aucune différence de cicatrisation radiographique par rapport au traitement conventionnel seul (différence moyenne 0,17 ; IC 95 % -0,14 à 0,47 ; p = 0,28). La certitude des preuves est jugée faible.

Ce que cette étude a mesuré

Une lésion périapicale est une zone de destruction osseuse à l’extrémité de la racine dentaire, consécutive à une infection du canal. Le traitement endodontique conventionnel, qui consiste à nettoyer et obturer le réseau canalaire, permet généralement à l’os de se reconstituer. La question posée ici est de savoir si l’ajout d’un laser améliore ce résultat.

Les auteurs ont retenu 6 études, randomisées et non randomisées. Le critère de jugement était le Periapical Index, un score radiographique standardisé qui apprécie l’étendue de la lésion. Les effets recherchés combinaient une action photobiomodulatrice sur la cicatrisation et une action antimicrobienne dans le canal. La certitude des résultats a été appréciée avec la méthode GRADE.

Les résultats principaux

Le résultat est nul : aucune supériorité du laser adjuvant n’est mise en évidence.

  • Différence moyenne sur le Periapical Index : 0,17 (IC 95 % -0,14 à 0,47)
  • Seuil de significativité non atteint : p = 0,28
  • Hétérogénéité entre études : I² = 52 %, qualifiée de modérée
  • Nombre d’études incluses : 6
  • Certitude GRADE : faible

L’intervalle de confiance encadre la valeur zéro, ce qui signifie que les données sont compatibles avec un léger avantage comme avec un léger désavantage du laser adjuvant.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Deux mécanismes étaient attendus. Le premier est antimicrobien : la lumière, seule ou associée à un photosensibilisant, viserait les bactéries résiduelles des tubuli dentinaires que l’instrumentation mécanique n’atteint pas. Le second est photobiomodulateur au sens strict : soutenir l’activité des cellules osseuses périapicales pour accélérer la reconstruction.

Aucun de ces effets ne se traduit ici par un gain radiographique mesurable. Une explication plausible, non testée par les auteurs, est que le traitement endodontique conventionnel est déjà très performant dans cette indication, ce qui laisse peu de marge à une intervention additionnelle pour démontrer un bénéfice.

Les limites à connaître

Six études seulement ont pu être incluses, et leur qualité méthodologique est limitée. Les auteurs signalent que tous les essais randomisés présentent des réserves méthodologiques et que l’unique étude non randomisée est à risque critique de biais. La certitude GRADE est faible.

Comme pour tout résultat négatif fondé sur un petit nombre d’études, l’absence de différence significative ne prouve pas l’absence d’effet. Un bénéfice modéré pourrait échapper à une analyse de cette taille. Enfin, l’hétérogénéité de 52 % et la diversité des dispositifs regroupés sous le terme de laser compliquent l’interprétation.

Ce que cela change en pratique

En l’état des données, rien ne justifie de proposer un laser adjuvant dans le seul but d’accélérer la cicatrisation d’une lésion périapicale. Le traitement endodontique bien conduit reste le déterminant principal du résultat.

Ce constat ne dit rien des autres indications de la photobiomodulation en odontologie, où des données plus favorables existent, notamment sur la douleur. Il illustre surtout que le bénéfice n’est pas transposable d’une indication à l’autre. La décision revient au chirurgien-dentiste.

Questions fréquentes

Le laser améliore-t-il le résultat d’une dévitalisation ?

Pas sur la cicatrisation radiographique des lésions périapicales dans cette méta-analyse. La différence moyenne est de 0,17 sur le Periapical Index, avec p = 0,28, soit un résultat non significatif.

Ce résultat négatif est-il fiable ?

Il repose sur 6 études de qualité méthodologique limitée et une certitude GRADE faible. Il doit donc être lu comme une absence de preuve de bénéfice, et non comme une preuve d’absence de bénéfice.

La photobiomodulation est-elle inutile en dentisterie ?

Non, ce travail porte sur une indication précise. D’autres synthèses rapportent des résultats favorables sur la douleur postopératoire ou la mucite orale, ce qui ne préjuge pas de la cicatrisation osseuse périapicale.

Référence

Creazzo G, Salmon B, Almeida J, Faria-E-Silva AL, Lopes-Olhê FC, Souza-Gabriel AE, Sousa-Neto MD, Candemil AP. Does the use of laser therapy enhance healing and reduce the size of periapical lesions? A systematic review and meta-analysis. Photodiagnosis and Photodynamic Therapy, 2026. PMID 42001923. Lien PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.