Miranda M.B. et al. - Photobiomodulation par LED et plaies chroniques des membres inférieurs : revue systématique

Cette revue systématique de 6 essais randomisés suggère que la photobiomodulation par LED, entre 620 et 950 nm, pourrait réduire la surface des plaies chroniques des membres inférieurs, notamment dans l’ulcère du pied diabétique. Un essai à forte dose (126 J/cm²) n’a montré aucun bénéfice et la certitude des preuves est jugée très faible.
Ce que cette étude a mesuré
L’équipe de Miranda, de l’université fédérale du delta du Parnaíba au Brésil, a interrogé PubMed, Scopus, Web of Science et Embase jusqu’en mai 2026. L’objectif était double : synthétiser les essais cliniques randomisés consacrés à la photobiomodulation par diodes électroluminescentes dans les plaies chroniques des membres inférieurs, et repérer les paramètres d’irradiation associés aux meilleurs résultats.
Les plaies chroniques de jambe et de pied constituent un fardeau clinique et économique important, avec des cicatrisations lentes et des récidives fréquentes. La LED est présentée par les auteurs comme une option non invasive et peu coûteuse, mais dont les preuves cliniques restent inconstantes.
Les résultats principaux
Le corpus est réduit, mais il apporte des données de dosimétrie rarement rassemblées.
- 6 essais cliniques randomisés inclus.
- Longueurs d’onde comprises entre 620 et 950 nm.
- Densités d’énergie comprises entre 2,4 et 126 J/cm².
- Effets rapportés : réduction de la surface de la plaie, amélioration de la qualité du lit de la plaie et augmentation de la microcirculation, en particulier dans l’ulcère du pied diabétique.
- Un essai utilisant 126 J/cm² n’a montré aucun effet bénéfique, ce qui évoque une réponse dépendante de la dose.
- Certitude globale des preuves, évaluée par la méthode GRADE : très faible.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Dans les plaies chroniques, l’hypothèse mécanistique la plus citée est l’absorption de la lumière rouge et proche infrarouge par des chromophores mitochondriaux, suivie d’une modulation de l’inflammation et d’un soutien de l’angiogenèse et de l’activité des fibroblastes. L’augmentation de la microcirculation rapportée par certains essais va dans ce sens.
La revue met surtout en avant la notion de fenêtre de dose : les essais à densités d’énergie modérées rapportent des effets, tandis que l’essai à 126 J/cm² n’en montre aucun. Les auteurs y voient une possible réponse biphasique, sans pouvoir la démontrer avec 6 essais.
Les limites à connaître
La certitude très faible s’explique par l’inconsistance des résultats entre essais et par leur caractère indirect. Les paramètres d’irradiation sont très hétérogènes, les effectifs sont petits et des limites méthodologiques sont relevées. Aucun effet moyen chiffré n’est rapporté dans le résumé.
Le résultat négatif de l’essai à forte dose doit être retenu : il indique que l’effet de la LED ne se maintient pas à toutes les doses. Les auteurs concluent que ces limites empêchent toute conclusion définitive sur l’efficacité clinique, malgré une sécurité d’emploi qui paraît bonne.
Ce que cela change en pratique
Pour une personne vivant avec un ulcère de jambe ou un pied diabétique, la LED ne remplace ni le contrôle glycémique, ni la décharge, ni les soins locaux, ni la prise en charge vasculaire. Elle relève d’un complément dont l’intérêt reste à confirmer.
Pour les praticiens, l’apport utile de cette revue est la cartographie des paramètres : 620 à 950 nm et 2,4 à 126 J/cm², avec un signal défavorable à la dose la plus élevée. Des essais randomisés à protocoles standardisés et à comparaison de doses sont demandés par les auteurs avant toute recommandation.
Questions fréquentes
La lumière LED aide-t-elle à cicatriser un ulcère du pied diabétique ?
Selon cette revue de 6 essais randomisés, la LED pourrait réduire la surface de la plaie et améliorer la microcirculation, surtout dans l’ulcère du pied diabétique, mais la certitude des preuves est très faible. Le traitement du diabète et les soins de la plaie restent indispensables.
Quelle dose de lumière est utilisée dans les essais sur les plaies chroniques ?
Les essais inclus utilisent des longueurs d’onde de 620 à 950 nm et des densités d’énergie de 2,4 à 126 J/cm². L’essai à 126 J/cm² n’a montré aucun bénéfice.
La photobiomodulation par LED est-elle sûre sur une plaie chronique ?
Les auteurs indiquent que la LED apparaît sûre dans les essais analysés, tout en soulignant que les données restent limitées et hétérogènes.
Référence
Miranda MB, Barros ACS, de Paula AVL, Alves RF, da Rocha RB, Cardoso VS. Clinical dosimetry and efficacy of LED photobiomodulation for chronic lower-limb wound healing: a systematic review of randomized trials. Lasers Med Sci, 2026, 41(1). PMID 42315692. Consulter la notice sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.