Mateus O.T.M.V. et al. - Photobiomodulation en chirurgie implantaire dentaire : revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés

Dans cette méta-analyse de 32 essais randomisés (829 patients, 1278 implants), la photobiomodulation est associée à moins de douleur postopératoire et à une meilleure stabilité implantaire précoce. Les effets sur l’os restent modestes, et la certitude des preuves est faible à très faible.
Ce que cette étude a mesuré
Les auteurs ont voulu savoir si la photobiomodulation, utilisée en complément de la pose d’implants dentaires, améliore la stabilité de l’implant, l’os autour de lui et la douleur après l’intervention. Les résultats des essais publiés étaient jusqu’ici hétérogènes.
Olívia Mateus et ses collègues ont réalisé une revue systématique avec méta-analyse selon les recommandations PRISMA, enregistrée sur PROSPERO (CRD420251041607). Six bases de données et la littérature grise ont été interrogées entre juin 2024 et mai 2025. Seuls des essais randomisés chez l’adulte comparant la photobiomodulation à un placebo ou à l’absence de photobiomodulation ont été retenus. Le risque de biais a été évalué avec l’outil RoB 2 et la certitude des preuves avec GRADE.
Les résultats principaux
Trente-deux essais ont été inclus, soit 829 patients et 1278 implants. Les analyses à effets aléatoires donnent les résultats suivants.
- Douleur postopératoire : différence moyenne -0,27 (IC 95 % -0,35 à -0,19) en faveur de la photobiomodulation
- Stabilité mesurée au Periotest : différence moyenne -0,55 (IC 95 % -0,84 à -0,27), avec une amélioration transitoire et précoce
- Stabilité par analyse de la fréquence de résonance (ISQ) : différence moyenne 1,26 (IC 95 % 0,61 à 1,91)
- Perte osseuse marginale : différence moyenne -0,09 mm (IC 95 % -0,16 à -0,01), soit un effet statistiquement significatif mais cliniquement faible
- Densité osseuse en tomographie 3D : bénéfice initial de 114,07 unités Hounsfield, mais différence globale de 86,02 non significative (p = 0,14)
- Densité osseuse sur radiographie 2D : différence globale de 9,82 (p = 0,03), avec une tendance positive jusqu’à 6 mois (24,19 ; p = 0,04)
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le résumé de l’étude ne détaille pas de mécanisme. De façon générale, on propose que la lumière rouge ou proche infrarouge soit absorbée par la cytochrome c oxydase des mitochondries, ce qui pourrait stimuler l’énergie cellulaire, moduler l’inflammation et favoriser l’activité des cellules osseuses. Ces pistes restent des hypothèses : cette méta-analyse mesure des résultats cliniques et radiologiques, et ne teste pas le mécanisme.
Les limites à connaître
Selon les auteurs, la certitude des preuves selon GRADE va de faible à très faible. Les protocoles varient fortement d’un essai à l’autre, notamment pour le calendrier des séances et les méthodes de mesure, ce qui rend les comparaisons délicates. Les gains de stabilité sont décrits comme précoces et transitoires. L’effet sur la perte osseuse marginale est très petit, et la densité osseuse en 3D n’est pas significative sur l’ensemble de la période. Le résumé ne précise pas les paramètres d’irradiation à retenir.
Ce que cela change en pratique
Pour les patients et les professionnels de santé, ces données suggèrent que la photobiomodulation pourrait être un soutien complémentaire à la chirurgie implantaire, surtout pour la douleur et la stabilité des premières semaines. Elle ne remplace ni la planification chirurgicale, ni le suivi, ni les consignes d’hygiène données par l’équipe dentaire. Les auteurs appellent à des essais standardisés pour définir des protocoles reproductibles.
Questions fréquentes
La photobiomodulation réduit-elle la douleur après la pose d’un implant dentaire ?
Dans cette méta-analyse, elle est associée à une baisse de la douleur postopératoire (différence moyenne -0,27 ; IC 95 % -0,35 à -0,19). La certitude des preuves reste toutefois faible à très faible.
Améliore-t-elle la stabilité de l’implant ?
Les mesures Periotest et ISQ vont dans le sens d’une amélioration de la stabilité précoce. Les auteurs la décrivent comme transitoire, et son effet à long terme n’est pas établi par cette étude.
Existe-t-il un protocole recommandé ?
Non. L’hétérogénéité des protocoles est importante et les auteurs soulignent la nécessité d’essais standardisés avant toute recommandation clinique précise.
Référence
Mateus OTMV, Czermainski FR, Mateus THA, Souza AS. Photobiomodulation in Dental Implant Surgery: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Dentistry Journal, 2026. PMID 42782986. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.