Dermatologie et cicatrisation
Publié le
12 octobre 2026

Ramalho K.M. et al. - Photobiomodulation et récidives d’herpès labial : revue systématique

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Cette revue systématique n’a retenu que 3 essais randomisés sur la prévention des récidives d’herpès labial par photobiomodulation. Deux essais rapportent moins de récidives, un ne trouve aucune différence, et la certitude des preuves est jugée faible.

Ce que cette étude a mesuré

L’herpès labial, ou bouton de fièvre, revient chez de nombreuses personnes à intervalles variables. Cette revue cherche à savoir si la photobiomodulation, c’est-à-dire l’application de lumière de faible intensité, peut réduire ces récidives.

Karen Müller Ramalho et ses collègues ont conduit une revue systématique selon le cadre PICOS, limitée aux essais cliniques randomisés. PubMed, Embase, Scopus, la Cochrane Library, la Bibliothèque virtuelle en santé et la littérature grise ont été interrogés. Neuf publications ont été examinées en texte intégral, et trois études répondaient aux critères d’éligibilité. Il s’agit d’une revue qualitative : aucune méta-analyse chiffrée n’est rapportée dans le résumé.

Les résultats principaux

Les trois essais ne vont pas tous dans le même sens, et les auteurs le soulignent.

  • Fréquence des récidives : deux essais rapportent une baisse après photobiomodulation par rapport aux traitements de comparaison
  • Un essai ne trouve aucune différence sur la fréquence des récidives
  • Sévérité et durée des épisodes : résultats incohérents d’une étude à l’autre
  • Sécurité : aucun événement indésirable rapporté dans les études qui fournissaient des données de sécurité
  • Certitude des preuves : faible

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le résumé de la revue ne décrit pas de mécanisme. De façon générale, on suppose que la lumière rouge ou proche infrarouge agit sur les mitochondries des cellules et sur la signalisation de l’inflammation, ce qui pourrait influencer la réponse de la peau et des muqueuses. Pour l’herpès labial, ces pistes restent des hypothèses : la revue évalue la fréquence des récidives et non le mécanisme.

Les limites à connaître

Les limites sont importantes. Seuls trois essais sont inclus, avec de petits effectifs, et le caractère aveugle de l’évaluation est incomplet. Les paramètres du laser et les traitements de comparaison varient d’un essai à l’autre. Un des trois essais ne montre aucun bénéfice. Les auteurs jugent la certitude des preuves faible et estiment que ces limites empêchent toute recommandation clinique définitive. Le résumé ne donne pas de chiffres sur l’ampleur de la réduction des récidives, ni sur la durée du suivi, ni sur les paramètres de lumière à privilégier. Il est donc impossible de savoir quelle longueur d’onde, quelle dose ou quel rythme de séances serait le plus pertinent.

Ce que cela change en pratique

Concrètement, une personne sujette aux récidives ne doit pas considérer cette revue comme une preuve d’efficacité. Elle montre surtout que le sujet est étudié et que les résultats disponibles sont encourageants mais fragiles. Toute décision de traitement doit se prendre avec un médecin ou un dentiste, qui pourra proposer les options reconnues.

Ces données suggèrent que la photobiomodulation pourrait être étudiée comme piste complémentaire pour limiter les récidives d’herpès labial, sans qu’on puisse la recommander à ce stade. Elle ne remplace pas les traitements antiviraux prescrits par un médecin ou un dentiste. Les auteurs plaident pour des essais mieux conçus, avec des protocoles et des critères de jugement standardisés.

Questions fréquentes

La photobiomodulation empêche-t-elle les récidives d’herpès labial ?

Les résultats sont partagés. Sur trois essais, deux rapportent moins de récidives et un ne trouve aucune différence. Les auteurs parlent d’une possible réduction, avec une certitude des preuves faible.

La photobiomodulation est-elle sûre dans cette indication ?

Aucun événement indésirable n’a été rapporté dans les études qui fournissaient des données de sécurité. Le nombre d’essais et de participants reste toutefois très limité.

Peut-elle remplacer un traitement antiviral ?

Non. Cette revue ne compare pas la photobiomodulation aux antiviraux et ne permet pas de la substituer à un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.

Référence

Ramalho KM, Santos NDD, Siqueira JM, Horliana ACRT, Eduardo CP, Bezinelli LM, Eduardo FP, Araújo ALD. Can photobiomodulation prevent herpes labialis recurrences? A systematic review. Einstein (São Paulo), 2026. PMID 42752735. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.