Scontri C.M.C.B. et al. - Photobiomodulation et contrôle glycémique dans le diabète de type 2

Cet essai randomisé croisé en double insu, mené chez 10 patients diabétiques de type 2, rapporte une baisse de la glycémie capillaire après photobiomodulation musculaire, la dose de 100 J par site étant la plus efficace. L’effectif est très faible et, chez les patients traités, la glycémie ne différait pas entre 100 J et le placebo associé au médicament.
Ce que cette étude a mesuré
Clara Scontri et ses collègues ont publié en 2023, dans le Journal of Biophotonics, un essai randomisé croisé en double insu contre sham. Dix patients diabétiques de type 2 ont été évalués six fois : trois avec leur traitement hypoglycémiant oral habituel, trois sans.
Le protocole utilisait 830 nm, 25 réseaux de diodes électroluminescentes à 80 mW par réseau, et comparait trois doses par site : 0 J (sham), 100 J et 240 J, appliquées bilatéralement sur les quadriceps, ischio-jambiers, triceps suraux, bras et avant-bras. La glycémie capillaire était mesurée à jeun, une heure après un repas standardisé de 338 kcal, puis 30 minutes, 3 h, 6 h et 12 h après la séance. La variabilité de la fréquence cardiaque évaluait le contrôle autonome. Le résumé ne mentionne aucun exercice physique associé : la lumière était appliquée sur les muscles au repos.
Les résultats principaux
Les données du résumé sont les suivantes.
- Sans traitement hypoglycémiant : baisse de la glycémie après toutes les doses
- 100 J par site : meilleure dose, effet persistant jusqu’à 12 heures, aire sous la courbe la plus basse
- Avec traitement : baisse similaire entre les doses
- Aucune différence de glycémie entre 100 J seuls et sham associé au médicament
- Aire sous la courbe significativement plus basse après 100 J, interprétée comme un meilleur contrôle glycémique
- Composante basse fréquence de la variabilité cardiaque augmentée après sham + médicament et après 100 J, suggérant une activation sympathique
Ni valeurs absolues, ni intervalles de confiance, ni valeurs de p ne figurent.
Comment la photobiomodulation agit sur le métabolisme
L’explication proposée reste hypothétique. La lumière proche infrarouge à 830 nm serait absorbée par la cytochrome c oxydase, dernier complexe de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la production d’adénosine triphosphate et la fonction mitochondriale du muscle. Le muscle étant le principal site de captation du glucose après un repas, irradier de grands groupes musculaires s’inscrit dans cette logique. Une réduction du stress oxydatif et de l’inflammation de bas grade est aussi évoquée, sans qu’aucun de ces marqueurs ait été mesuré.
Les limites à connaître
Dix patients : l’effectif est très faible. Il s’agit d’un essai unique et non d’une méta-analyse, ce qui interdit toute généralisation, et le design croisé n’efface pas le manque de puissance. Résultat le plus nuancé : chez les patients traités, la glycémie ne différait pas entre 100 J et le sham associé au médicament, seule l’aire sous la courbe séparant les deux conditions. Le suivi ne dépasse pas 12 heures et ne dit rien du long cours. Enfin, la hausse de la composante basse fréquence mérite surveillance plutôt qu’enthousiasme.
Ce que cela change en pratique
Ces résultats exploratoires ne modifient aucune conduite thérapeutique. La photobiomodulation ne remplace en aucun cas un traitement antidiabétique et il ne faut jamais réduire ni interrompre un traitement en raison de tels résultats : toute modification relève exclusivement du médecin. Un point de vigilance en découle : si une baisse de glycémie peut survenir après exposition, l’association à un traitement hypoglycémiant impose une autosurveillance glycémique attentive dans les heures qui suivent, en particulier sous insuline ou sulfamides hypoglycémiants. Toute utilisation doit être signalée à l’équipe soignante.
Questions fréquentes
Quelle dose a été la plus efficace dans cette étude ?
La dose de 100 J par site, et non 240 J. Les auteurs y rapportent l’effet le plus durable, jusqu’à 12 heures, et l’aire sous la courbe glycémique la plus basse. Ce résultat illustre la relation dose-réponse non linéaire décrite en photobiomodulation.
La photobiomodulation était-elle associée à de l’exercice physique ?
Le résumé ne mentionne aucune séance d’exercice : la lumière était appliquée directement sur de grands groupes musculaires, au repos. L’effet observé n’est donc pas attribuable à une activité physique concomitante, contrairement à d’autres travaux combinant les deux.
Peut-on en déduire un effet sur l’hémoglobine glyquée ?
Non. Le suivi s’arrête à 12 heures et l’étude n’a mesuré que la glycémie capillaire. L’hémoglobine glyquée reflète l’équilibre glycémique sur environ trois mois et n’a pas été évaluée ici.
Référence
Scontri CMCB, de Castro Magalhães F, Damiani APM, Hamblin MR, Zamunér AR, Ferraresi C. Dose and time-response effect of photobiomodulation therapy on glycemic control in type 2 diabetic patients combined or not with hypoglycemic medicine: A randomized, crossover, double-blind, sham-controlled trial. Journal of Biophotonics, 2023;16(10):e202300083. PMID 37171054. DOI 10.1002/jbio.202300083. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37171054/
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.