Zhai H. et al. - Photobiomodulation, force et endurance musculaires : revue systématique et méta-analyse

Dans cette méta-analyse de 23 essais randomisés chez des humains en bonne santé, la photobiomodulation est associée à de petits effets sur l’endurance et la force musculaires. Les analyses de sous-groupes sont surtout non significatives et les auteurs jugent les preuves insuffisantes pour définir un protocole optimal.
Ce que cette étude a mesuré
Cette revue systématique cherche à savoir si la photobiomodulation améliore la force et l’endurance musculaires, et si l’effet varie selon les caractéristiques des participants et les paramètres d’application. Six bases de données ont été interrogées, de leur création à novembre 2025.
Seuls des essais contrôlés randomisés menés chez des humains en bonne santé et comparant la photobiomodulation à un placebo, avec des mesures quantitatives, ont été retenus. La qualité méthodologique a été évaluée avec l’outil Cochrane de risque de biais 2. Au total, 23 essais ont été regroupés selon un modèle à effets aléatoires. L’abstract ne mentionne ni le nombre de participants ni un enregistrement PROSPERO.
Les résultats principaux
Les auteurs rapportent de petits effets sur les deux critères, avec des sous-groupes majoritairement non significatifs.
- Endurance musculaire : petit effet, p = 0,02.
- Force musculaire : petit effet, p = 0,04.
- Endurance chez les athlètes : p = 0,05, mais pas chez les personnes physiquement actives (p = 0,07).
- Endurance, paramètres favorables : au plus 100 mW par diode (p = 0,03), 31 à 100 J (p = 0,05), intervalle de 1 à 3 minutes avant l’exercice (p = 0,03), au plus 4 sites d’application (p = 0,007).
- Force, paramètres favorables : 151 à 300 J (p = 0,05) et intervalle supérieur à 3 minutes (p = 0,007).
L’abstract ne donne ni la taille des effets ni les intervalles de confiance.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le mécanisme n’a pas été testé dans cette revue et reste une hypothèse. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, un complexe de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la disponibilité en ATP dans le muscle. Une modulation du stress oxydatif et de l’inflammation liés à l’effort est aussi évoquée, ce qui irait plutôt dans le sens d’une résistance à la fatigue.
Les limites à connaître
Les effets sont petits, et plusieurs résultats se situent à la limite du seuil de significativité, avec des p de 0,04 ou 0,05. Les différences entre sous-groupes sont, pour la plupart, non significatives : l’effet chez les athlètes mais pas chez les personnes actives reste un résultat à interpréter prudemment, puisque p = 0,05 d’un côté et p = 0,07 de l’autre.
Les auteurs précisent eux-mêmes que les résultats par paramètres sont exploratoires et que les preuves actuelles ne suffisent pas à définir des protocoles optimaux. Les essais portent sur des personnes en bonne santé : ces données ne permettent aucune conclusion pour une population malade ou en rééducation. L’abstract ne détaille pas non plus la longueur d’onde, ni le résultat de l’évaluation du risque de biais.
Ce que cela change en pratique
Pour un sportif ou une personne active, cette synthèse suggère un intérêt possible mais modeste, surtout pour l’endurance musculaire. Elle ne permet pas de dire quelle dose, quel moment d’application ni quel nombre de sites sont les plus adaptés : les tendances observées sur ces paramètres servent à orienter de futurs essais, pas à écrire un protocole.
La photobiomodulation ne remplace ni l’entraînement progressif ni la récupération. Toute décision d’usage revient au professionnel qui accompagne la personne.
Questions fréquentes
La photobiomodulation améliore-t-elle la force musculaire ?
Dans cette méta-analyse de 23 essais, les auteurs rapportent un petit effet sur la force (p = 0,04). Ce résultat modeste reste proche du seuil de significativité.
Faut-il l’appliquer avant ou après l’effort ?
Cette revue ne compare que des applications avant l’exercice. Pour l’endurance, un intervalle de 1 à 3 minutes avant l’effort est associé à un résultat favorable (p = 0,03), et pour la force un intervalle de plus de 3 minutes (p = 0,007). Ces résultats de sous-groupes sont exploratoires et ne constituent pas une recommandation.
Les athlètes et les personnes actives réagissent-ils de la même façon ?
Pas clairement. Un bénéfice sur l’endurance est rapporté chez les athlètes (p = 0,05) mais pas chez les personnes physiquement actives (p = 0,07).
Référence
Zhai H, Wang T, Yan H, Xu N, Zhai H, Wei H. Effects of Photobiomodulation Therapy on Muscle Strength and Muscle Endurance: A Systematic Review and Meta-Analysis. Journal of Integrative and Complementary Medicine, 2026. PMID 42757739. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.