Neurologie centrale et cognition
Publié le
10 janvier 2023

Cheung M.C. et al. - Photobiomodulation et fonctions cognitives chez des personnes âgées avec trouble cognitif léger

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Cette publication est une série de trois cas, et non un essai clinique : trois personnes âgées présentant un trouble cognitif léger de type non amnésique ont reçu 18 séances de photobiomodulation transcrânienne sur 9 semaines. Les trois ont vu leurs erreurs d’intrusion diminuer aux tests neuropsychologiques, mais l’absence de groupe placebo et de randomisation interdit d’attribuer ces changements à la lumière.

Ce que cette étude a mesuré

Les auteurs ont suivi trois personnes âgées présentant un trouble cognitif léger de type non amnésique, une forme qui touche d’abord les fonctions exécutives plutôt que la mémoire épisodique. Chacune a reçu 18 séances de photobiomodulation transcrânienne réparties sur 9 semaines.

Les évaluations ont eu lieu avant et après l’intervention : tests neuropsychologiques de mémoire et de fonctions exécutives, questionnaires standardisés sur les symptômes dépressifs et anxieux, la cognition globale et les capacités fonctionnelles quotidiennes. Les erreurs d’intrusion et de persévération, relevées lors d’un test de mémoire verbale et d’un test de fluence, servaient de marqueurs du lobe frontal.

Il s’agit d’une série de cas, pas d’un essai randomisé ni d’une méta-analyse. Le niveau de preuve associé est le plus bas de la hiérarchie des études cliniques.

Les résultats principaux

Avant l’intervention, les erreurs se situaient dans une plage allant de la limite de la normale à une atteinte sévère.

  • Premier participant : erreurs d’intrusion et de persévération passées d’un niveau situé sous le 1er percentile ou au 2e percentile, décrit comme une atteinte modérée à sévère, au 41e-69e percentile, décrit comme une plage moyenne.
  • Deuxième participant : erreurs d’intrusion passées du 11e percentile au 83e percentile.
  • Troisième participant : erreurs d’intrusion passées du 5e percentile au 56e percentile.
  • Un participant : symptômes dépressifs et anxieux passés d’une intensité sévère avant l’intervention à une intensité légère après.
  • Deux participants : symptômes dépressifs passés d’une intensité légère à une intensité normale.

Le résumé de l’étude ne précise ni la longueur d’onde, ni l’irradiance, ni la durée des séances. Ces paramètres ne peuvent donc pas être rapportés ici.

Comment la photobiomodulation transcrânienne agit

Le mécanisme reste hypothétique. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait la production d’ATP dans les neurones corticaux. Une modulation de la perfusion cérébrale et de l’oxygénation des tissus, ainsi qu’une action sur le stress oxydatif et l’inflammation locale, sont également évoquées dans la littérature. Cette série de cas ne mesure aucun de ces paramètres.

Les limites à connaître

Trois participants, aucun groupe placebo, aucune randomisation : les auteurs indiquent eux-mêmes que des études contrôlées randomisées de plus grande taille sont nécessaires. Un tel devis ne permet pas de distinguer un effet de la lumière d’un effet placebo, d’un effet d’apprentissage ou d’une fluctuation spontanée.

Aucun résultat négatif n’est rapporté, ce qui est en soi une limite : les séries de cas publiées décrivent surtout des évolutions favorables.

Les observations portent sur une forme non amnésique du trouble cognitif léger et ne se transposent ni aux formes amnésiques ni à la maladie d’Alzheimer. Les paramètres lumineux étant absents du résumé, aucun protocole ne peut en être déduit.

Ce que cela change en pratique

Cette publication ne modifie pas la prise en charge du trouble cognitif léger. Elle documente trois observations individuelles et sert surtout à justifier des essais de plus grande ampleur. Une amélioration des fonctions frontales ou de l’humeur ne peut pas être présentée comme acquise sur cette base. En cas de plainte cognitive, un bilan médical reste la démarche appropriée.

Questions fréquentes

Trois cas suffisent-ils à prouver un effet ?

Non. Une série de trois cas sans groupe témoin ne permet pas d’établir un lien de cause à effet. Les auteurs le reconnaissent et appellent des études contrôlées randomisées de plus grande taille.

Qu’est-ce qu’une erreur d’intrusion dans un test de mémoire ?

Une erreur d’intrusion consiste à rappeler un élément qui ne figurait pas dans la liste apprise. Avec les erreurs de persévération, qui consistent à répéter une réponse déjà donnée, elle sert d’indicateur du fonctionnement du lobe frontal. C’est ce type d’erreur que l’étude a suivi avant et après l’intervention.

Quels paramètres lumineux ont été utilisés ?

Le résumé de la publication n’indique ni la longueur d’onde, ni l’irradiance, ni la durée des séances. Seuls le nombre de séances, 18, et la durée totale, 9 semaines, sont précisés. Le protocole n’est donc pas reproductible à partir du résumé.

Référence

Cheung MC, Lee TL, Sze SL, Chan AS. Photobiomodulation improves frontal lobe cognitive functions and mental health of older adults with non-amnestic mild cognitive impairment: Case studies. Frontiers in Psychology, 2023. PMID 36704674. DOI 10.3389/fpsyg.2022.1095111. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36704674/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.