Alayat M.S. et al. - Photobiomodulation après épisiotomie : méta-analyse sur la douleur et la cicatrisation

Cette méta-analyse publiée en 2026 n’a pas retrouvé de bénéfice significatif de la photobiomodulation sur la douleur périnéale ni sur la cicatrisation après épisiotomie. Le niveau de preuve global a été jugé très faible et les auteurs appellent à des essais randomisés mieux standardisés avant toute recommandation clinique.
Ce que cette étude a mesuré
Il s’agit d’une revue systématique avec méta-analyse, et non d’un essai clinique unique. Les auteurs ont interrogé plusieurs bases électroniques pour repérer les essais contrôlés randomisés et les études non randomisées ayant évalué la photobiomodulation après épisiotomie. Deux critères de jugement étaient visés : la douleur périnéale et la cicatrisation de la plaie.
Le risque de biais a été évalué avec l’outil RoB 2 pour les essais randomisés et ROBINS-I pour les études non randomisées. La certitude des données a été notée selon l’approche GRADE. Les synthèses quantitatives ont utilisé des modèles à effets aléatoires.
Les résultats principaux
Huit études ont été retenues dans la revue systématique et six dans la méta-analyse. Les résultats regroupés ne montrent pas de différence significative entre la photobiomodulation et les interventions de comparaison.
- Douleur : différence moyenne standardisée de 0,04 (IC 95 % -0,60 à 0,68 ; p = 0,89)
- Hétérogénéité sur la douleur : I² = 91 %
- Cicatrisation : différence moyenne de 0,94 (IC 95 % -0,69 à 2,56 ; p = 0,26)
- Hétérogénéité sur la cicatrisation : I² = 94 %
- Risque de biais RoB 2 : 1 essai à faible risque, 2 essais avec réserves, 3 essais à risque élevé
- ROBINS-I : risque sérieux pour les 2 études non randomisées
- Niveau de preuve GRADE : très faible pour les deux critères
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Les mécanismes avancés dans la littérature restent hypothétiques. La lumière rouge ou proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la production d’ATP des cellules exposées. Sur une plaie, cela pourrait soutenir l’activité des fibroblastes, la synthèse de collagène et l’angiogenèse locale. Une modulation de la réponse inflammatoire est également évoquée pour expliquer un effet éventuel sur la douleur. Ces hypothèses ne sont pas confirmées par les résultats de cette méta-analyse.
Les limites à connaître
Le principal enseignement est négatif : aucun bénéfice statistiquement significatif n’a été observé, ni sur la douleur ni sur la cicatrisation. Le nombre d’études incluses est faible, l’hétérogénéité entre elles est considérable et la certitude GRADE est très faible pour les deux critères. Les auteurs indiquent n’avoir pu conduire ni analyse de sensibilité ni analyse en sous-groupes, ce qui empêche d’identifier un éventuel profil de patientes ou de protocole répondeur. Les paramètres d’irradiation utilisés dans les études primaires ne sont pas détaillés dans le résumé.
Ce que cela change en pratique
En l’état, ces données ne permettent pas de recommander la photobiomodulation en routine après une épisiotomie. Une cicatrice récente, une plaie périnéale et plus largement les suites de couches relèvent d’un suivi par la sage-femme ou le médecin. Aucune application lumineuse ne doit être entreprise sur une cicatrice récente sans avis médical préalable. Les auteurs concluent qu’il faut des essais randomisés de bonne qualité avec des protocoles standardisés avant toute recommandation clinique.
Questions fréquentes
La photobiomodulation soulage-t-elle la douleur après une épisiotomie ?
Cette méta-analyse ne le montre pas. La différence entre les groupes traités et les groupes de comparaison est proche de zéro et non significative. Le niveau de preuve étant jugé très faible, on ne peut ni affirmer un bénéfice ni exclure formellement un effet dans certaines conditions.
Peut-on utiliser un appareil lumineux sur une cicatrice périnéale récente ?
Une cicatrice récente est une zone fragile et le post-partum est une période de surveillance médicale. Toute application sur une plaie ou une cicatrice récente relève d’un avis médical préalable. Parlez-en à la sage-femme ou au médecin qui assure votre suivi avant d’envisager quoi que ce soit.
Pourquoi les résultats varient-ils autant d’une étude à l’autre ?
L’hétérogénéité rapportée est considérable, avec un I² de 91 % pour la douleur et de 94 % pour la cicatrisation. Cela signifie que les études ne mesurent pas la même chose de la même manière. Les protocoles lumineux, les échelles utilisées et les délais d’évaluation diffèrent, ce qui rend la synthèse difficile à interpréter.
Référence
Alayat MS, Sroge RA, Alshiakh FM, Abd El-Kafy EM, Fadil A, Awali A, Subahi MS, Almutairi AA. The Effectiveness of Photobiomodulation Therapy on Perineal Pain and Wound Healing After Episiotomy - A Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Med, 2026;15(3):964. PMID 41682644. DOI 10.3390/jcm15030964. https://doi.org/10.3390/jcm15030964
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.