Mester E. et al. - Vingt ans d’effets biomédicaux du laser : revue de synthèse

En 1985, Endre Mester et ses deux fils publient la synthèse de vingt années de travaux sur le laser, portant sur quinze systèmes biologiques. Ils y énoncent la règle qui structure encore la discipline : une faible énergie stimule les cellules, une forte énergie les inhibe.
Le contexte de l’époque
Au milieu des années 1980, le laser médical est devenu un outil banal en chirurgie, mais surtout pour couper et coaguler. L’idée qu’une lumière de faible intensité puisse modifier le comportement des cellules sans les détruire reste marginale et controversée. Publier cette synthèse dans Lasers in Surgery and Medicine, revue de référence du domaine, revient à porter le sujet devant la communauté qui compte.
C’est aussi un texte de transmission. L’article est signé par Endre Mester ainsi que par A. F. Mester et A. Mester, ses fils, qui ont prolongé ses travaux.
Ce que rapporte cette publication
Il s’agit d’une revue des travaux expérimentaux et cliniques des auteurs, et non d’une étude nouvelle. Les éléments donnés dans le résumé sont les suivants.
- La publication passe brièvement en revue l’usage expérimental et clinique du laser par les auteurs sur une période de vingt ans.
- Les effets du laser ont été étudiés sur quinze systèmes biologiques.
- Un rayonnement laser de faible énergie exerce un effet stimulant sur les cellules.
- Un rayonnement de forte énergie exerce à l’inverse un effet inhibiteur.
- Les auteurs recommandent l’application du laser pour stimuler la cicatrisation dans les cas d’ulcères qui ne guérissent pas.
Le résumé ne précise ni les seuils d’énergie séparant les deux régimes, ni les longueurs d’onde, ni la nature des quinze systèmes étudiés. Ces informations ne sont donc pas reprises ici.
Ce que l’on sait aujourd’hui du mécanisme
L’opposition entre stimulation à faible dose et inhibition à forte dose a été reprise plus tard sous le nom d’hormèse, ou courbe de Arndt-Schulz : la réponse biologique n’augmente pas indéfiniment avec la dose, elle passe par un optimum puis décline. C’est aujourd’hui l’une des raisons avancées pour expliquer les résultats contradictoires observés d’une étude à l’autre.
Sur le plan cellulaire, l’explication dominante fait intervenir l’absorption de la lumière rouge et proche infrarouge par la cytochrome c oxydase mitochondriale et par des canaux ioniques photosensibles, avec des conséquences sur la production d’énergie et la signalisation cellulaire. Là encore, ces modèles sont postérieurs au texte de 1985.
Les limites à connaître
Cette publication est une revue rédigée par les auteurs sur leurs propres travaux, sans méthodologie de sélection des études ni évaluation indépendante. Ce format, courant à l’époque, expose à une présentation favorable des résultats. Le résumé ne donne aucun chiffre, aucun effectif et aucun paramètre technique, ce qui rend la règle énoncée invérifiable en l’état.
Enfin, quarante ans se sont écoulés. La recommandation d’utiliser le laser sur les ulcères qui ne guérissent pas doit être lue comme l’opinion argumentée d’une équipe pionnière en 1985, et non comme une indication validée par les standards actuels de preuve.
Sa place dans l’histoire de la photobiomodulation
C’est le texte de Mester le plus cité et le plus citable. La formule « faible énergie stimule, forte énergie inhibe » est devenue le principe organisateur de la photobiomodulation, celui qui justifie qu’on parle de fenêtre thérapeutique plutôt que de puissance maximale. Toute la démarche moderne de dosimétrie, exprimée en joules par centimètre carré, descend directement de cette intuition formulée en 1985.
Questions fréquentes
Qui a signé cet article ?
Trois auteurs, tels qu’ils figurent dans PubMed : Mester E, Mester A. F. et Mester A. Il s’agit du découvreur de l’effet et de ses fils, qui ont prolongé son travail.
Que signifie « faible énergie » concrètement ?
Le résumé ne donne aucune valeur numérique. Les seuils utilisés aujourd’hui proviennent de travaux ultérieurs, et non de cet article. Toute valeur chiffrée attribuée à ce texte serait une extrapolation.
Pourquoi une forte énergie inhibe-t-elle les cellules ?
Les auteurs constatent le phénomène sans l’expliquer. Les hypothèses actuelles évoquent un stress oxydatif excessif et un échauffement des tissus au-delà d’un certain seuil, mais elles sont postérieures à cette publication.
Référence
Mester E, Mester AF, Mester A. The biomedical effects of laser application. Lasers Surg Med, 1985. PMID 3982191. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.