Fondamentaux et mécanismes
Publié le
1er janvier 1982

Mester E. - Effet biostimulant du laser chez 259 patients : série clinique

Partager l’article :

En 1982, Endre Mester publie la seule de ses publications anciennes qui donne des chiffres cliniques : une série de 259 patients présentant une cicatrisation perturbée. Il rapporte un succès thérapeutique chez plus de 90 % d’entre eux, pour une durée moyenne de traitement de 10 à 12 semaines.

Le contexte de l’époque

Quinze ans après sa découverte de 1967, Endre Mester avait accumulé à Budapest une expérience clinique considérable sur les plaies qui ne se referment pas : ulcères de jambe, escarres, zones de nécrose, troubles cutanés divers. Ce texte, publié en allemand dans une revue de chirurgie expérimentale, résume cette expérience.

Il faut se rappeler qu’à cette date, l’essai clinique randomisé en double insu n’était pas encore la norme absolue en chirurgie. Une série de cas rapportée par une équipe expérimentée constituait un mode de publication accepté. C’est exactement le format de cet article.

Ce que rapporte cette publication

Le résumé disponible sur PubMed est bref et ne livre qu’un petit nombre de données chiffrées, reprises ici telles quelles.

  • L’effet biostimulant du rayonnement laser a d’abord été établi lors d’investigations menées chez l’animal.
  • Il a ensuite été observé chez 259 patients présentant une cicatrisation perturbée.
  • Le traitement a été considéré comme un succès chez plus de 90 % des patients.
  • La durée du traitement s’élevait en moyenne à 10 à 12 semaines.
  • L’auteur indique que le rayonnement laser peut être appliqué chez les patients sans risque.

Aucune longueur d’onde, aucune puissance, aucune dose et aucune fréquence de séance ne figurent dans le résumé. Aucun groupe témoin n’y est mentionné non plus. Ces éléments ne peuvent donc pas être précisés ici.

Ce que l’on sait aujourd’hui du mécanisme

La cicatrisation retardée associe une inflammation qui s’installe, une microcirculation insuffisante et une activité réduite des fibroblastes. La lecture actuelle de la photobiomodulation repose sur l’absorption de la lumière rouge et proche infrarouge par des chromophores cellulaires, notamment la cytochrome c oxydase mitochondriale, avec des effets sur la production d’énergie cellulaire, la signalisation par espèces réactives de l’oxygène et la migration des fibroblastes.

Ces pistes mécanistiques sont cohérentes avec ce que Mester décrivait, mais elles ont été formalisées bien après lui, à partir des années 1990 et 2000.

Les limites à connaître

Ce chiffre de plus de 90 % est le plus cité et le plus mal compris des travaux de Mester. Il provient d’une série de patients traités par une seule équipe, sans randomisation, sans insu, et sans groupe témoin documenté dans le résumé. Les critères définissant un succès ne sont pas explicités. La sélection des patients n’est pas décrite. Dans ces conditions, un taux de réponse élevé peut refléter autant l’évolution naturelle de certaines plaies, la qualité des soins associés ou l’attente du patient que l’effet propre de la lumière.

S’ajoute l’absence complète de paramètres d’irradiation, qui rend l’expérience non reproductible. Ce résultat de 1982 n’est donc pas une preuve d’efficacité au sens où on l’entend aujourd’hui, et l’affirmation d’une absence de risque relève du constat d’une équipe, non d’une évaluation de sécurité structurée.

Sa place dans l’histoire de la photobiomodulation

Cet article a joué un rôle de repère : il a donné aux cliniciens des années 1980 un ordre de grandeur et une durée de traitement plausible, sur une indication précise. Il a contribué à orienter la recherche vers les plaies chroniques, qui restent aujourd’hui l’un des domaines les mieux étudiés de la discipline. Sa valeur est historique et directionnelle plus que probante.

Questions fréquentes

Que veut dire « cicatrisation perturbée » dans cet article ?

Le résumé ne définit pas le terme. Les mots-clés associés à la publication évoquent des plaies, des nécroses, des affections cutanées et le psoriasis. Il s’agit donc vraisemblablement de situations variées, ce qui rend la série difficile à interpréter globalement.

Le taux de plus de 90 % est-il transposable aujourd’hui ?

Non. Il provient d’une série non contrôlée de 1982 et ne peut pas servir à prédire un résultat individuel. Les évaluations modernes de la photobiomodulation sur les plaies chroniques rapportent des effets plus mesurés et très dépendants des paramètres.

Pourquoi 10 à 12 semaines de traitement ?

C’est la durée moyenne rapportée par l’auteur pour cette série. Elle reflète des plaies difficiles, suivies sur plusieurs mois, et non un protocole standardisé qui aurait été validé par ailleurs.

Référence

Mester E. [Biostimulating effect of laser beams]. Z Exp Chir, 1982. PMID 7090465. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.