Santé bucco-dentaire
Publié le
11 septembre 2026

Mauriello L et al. - Photobiomodulation et douleur après extraction de la troisième molaire mandibulaire incluse : revue systématique avec méta-analyse

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Dans cette revue systématique avec méta-analyse, la photobiomodulation intrabuccale est associée à une douleur postopératoire plus faible pendant les 72 premières heures après l’extraction d’une troisième molaire mandibulaire incluse. Les auteurs soulignent toutefois que les preuves restent limitées, car seules 2 études sur 8 ont fourni des données exploitables pour la méta-analyse.

Ce que cette étude a mesuré

La douleur après l’extraction d’une troisième molaire mandibulaire incluse est une complication fréquente, qui altère la qualité de vie des patients. Les auteurs ont voulu savoir si la photobiomodulation appliquée à l’intérieur de la bouche, proposée comme approche complémentaire non médicamenteuse, réduit cette douleur par rapport à un placebo, à un traitement simulé ou aux soins postopératoires habituels.

Il s’agit d’une revue systématique conduite selon les recommandations PRISMA 2020. Les bases PubMed et Embase ont été interrogées jusqu’en janvier 2025, à la recherche d’essais contrôlés randomisés. Seules les études rapportant la douleur postopératoire sur une échelle visuelle analogique (EVA) ont été retenues. Le risque de biais a été évalué avec l’outil Cochrane RoB 2 et la certitude des preuves avec l’approche GRADE.

Les résultats principaux

Huit essais randomisés ont été inclus dans la synthèse qualitative. Seuls deux d’entre eux fournissaient des données exploitables pour l’analyse quantitative. Les méta-analyses à effets aléatoires ont été réalisées à 24, 48 et 72 heures après l’intervention, à l’aide de différences moyennes standardisées (DMS). Une DMS négative indique une douleur plus faible dans le groupe photobiomodulation.

  • À 24 h : DMS = -0,64 (IC à 95 % : -0,90 à -0,38), p < 0,001.
  • À 48 h : DMS = -0,82 (IC à 95 % : -1,64 à -0,01), p = 0,047.
  • À 72 h : DMS = -1,11 (IC à 95 % : -1,38 à -0,84), p < 0,001.

L’intervalle de confiance à 48 heures est large et sa borne supérieure frôle zéro : ce résultat, à la limite de la significativité, est à interpréter avec prudence.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

La photobiomodulation consiste à appliquer une lumière rouge ou proche infrarouge sur les tissus. Dans cette revue, elle a été évaluée en application intrabuccale, c’est-à-dire directement au niveau du site opératoire, comme approche non médicamenteuse complémentaire. L’abstract ne détaille pas de mécanisme biologique précis : les auteurs se limitent à la décrire comme une approche adjuvante proposée pour réduire la douleur postopératoire.

Les protocoles utilisés dans les essais ne sont pas uniformes, et cette hétérogénéité est l’une des réserves des auteurs.

Les limites à connaître

Les auteurs concluent que la photobiomodulation intrabuccale « semble » réduire la douleur postopératoire pendant les 72 premières heures, mais ils détaillent plusieurs limites importantes.

  • Seuls 2 essais sur 8 ont fourni des données utilisables pour la méta-analyse, ce qui limite la solidité des estimations.
  • Les protocoles de photobiomodulation sont hétérogènes d’une étude à l’autre.
  • Le report des critères de jugement est inconsistant entre les essais.
  • Le résultat à 48 heures est à la limite de la significativité statistique (p = 0,047).

L’abstract ne précise pas le niveau de certitude GRADE obtenu ni le détail du risque de biais : ces informations ne peuvent donc pas être résumées ici. Les auteurs appellent à de nouveaux essais bien conçus.

Ce que cela change en pratique

Ces résultats suggèrent que la photobiomodulation intrabuccale peut être envisagée comme une approche complémentaire pour limiter la douleur après extraction d’une troisième molaire mandibulaire incluse. Ils ne permettent pas d’affirmer qu’elle remplace les consignes ou les traitements prescrits par le chirurgien-dentiste.

Toute décision se prend avec le professionnel de santé qui suit l’intervention.

Questions fréquentes

La photobiomodulation réduit-elle la douleur après une extraction de dent de sagesse ?

Dans cette méta-analyse, la douleur mesurée sur l’échelle visuelle analogique est plus faible dans le groupe photobiomodulation à 24, 48 et 72 heures. Les auteurs parlent d’une réduction apparente et insistent sur le nombre réduit d’études analysées.

Combien d’études ont été analysées ?

Huit essais randomisés ont été inclus dans la revue, mais seulement deux ont fourni des données extractibles pour l’analyse quantitative. Les résultats chiffrés reposent donc sur un petit nombre d’essais.

Cette approche remplace-t-elle les soins postopératoires habituels ?

Non. Elle est présentée comme une approche complémentaire non médicamenteuse. Les consignes et les prescriptions de l’équipe dentaire restent la référence, et la photobiomodulation ne les remplace pas.

Référence

Mauriello L, Pezzella V, Blasi A, Trapanese G, Ramaglia E, Iorio-Siciliano V, Ramaglia L. The Effect of Photobiomodulation Therapy in the Treatment of Postoperative Pain After Impacted Third Lower Molar Extraction: A Systematic Review with Meta-Analysis. Dent J (Basel), 2026;14(9). PMID 42782975. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42782975/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.