Douleur et inflammation
Publié le
18 juillet 2023

Ferlito JV et al. - Photobiomodulation et douleur dans la fasciite plantaire

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La photobiomodulation réduit l’intensité de la douleur dans la fasciite plantaire à court terme, seule ou associée à l’exercice, d’après une méta-analyse de 19 essais randomisés. Son effet sur l’incapacité fonctionnelle reste incertain et elle n’améliore pas les résultats lorsqu’elle est ajoutée à d’autres modalités d’électrothérapie.

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’une revue systématique avec méta-analyse, et non d’un essai clinique unique. Les auteurs ont interrogé cinq bases de données pour identifier des essais contrôlés randomisés menés chez des adultes souffrant de fasciite plantaire. Trois situations étaient comparées : la photobiomodulation face à un placebo, face à d’autres interventions, et en complément d’autres thérapies. Les critères retenus étaient l’intensité de la douleur et l’incapacité fonctionnelle. La qualité méthodologique a été évaluée avec l’échelle PEDro et le niveau de certitude avec l’approche GRADE. Dix-neuf essais contrôlés randomisés totalisant 1 089 participants ont été inclus.

Les résultats principaux

Les résultats sont exprimés en différence moyenne (DM) accompagnée de son intervalle de confiance à 95 %. Le résumé ne précise pas l’échelle de douleur sur laquelle ces différences sont calculées.

  • Photobiomodulation seule, douleur à court terme : DM = -22,02 (IC 95 % : -35,21 à -8,83)
  • Photobiomodulation associée à l’exercice, douleur à court terme : DM = -21,84 (IC 95 % : -26,14 à -17,54)
  • Photobiomodulation contre ondes de choc extracorporelles, soulagement de la douleur : DM = -20,94 (IC 95 % : -32,74 à -9,13)
  • Photobiomodulation avec exercice contre exercice seul, au suivi : DM = -18,42 (IC 95 % : -26,48 à -10,36)
  • Incapacité fonctionnelle : supériorité possible sur les ultrasons thérapeutiques à moyen et long terme, mais un effet qui peut ne pas être cliniquement pertinent
  • Ajout de la photobiomodulation à d’autres modalités électrothérapeutiques : aucun bénéfice supplémentaire sur les critères étudiés

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Les mécanismes avancés dans la littérature restent hypothétiques et n’ont pas été testés dans cette revue. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, accepteur de photons de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait favoriser la production d’ATP dans les cellules exposées. Une modulation de l’inflammation locale du fascia en découlerait. Une action sur la conduction nociceptive et sur les seuils de sensibilité pourrait également contribuer à la baisse de l’intensité douloureuse rapportée. Ces explications sont formulées au conditionnel : elles n’ont pas été mesurées ici.

Les limites à connaître

Plusieurs réserves accompagnent ces résultats. La supériorité observée ne concerne que la comparaison avec les ondes de choc extracorporelles : la photobiomodulation ne s’est pas montrée supérieure aux autres interventions, ni sur la douleur ni sur l’incapacité. Les auteurs signalent explicitement une incertitude quant à sa capacité à améliorer l’incapacité fonctionnelle. Utilisée en complément d’autres modalités électrothérapeutiques, elle n’a pas amélioré les résultats, un constat négatif qui limite l’intérêt des protocoles combinés. Enfin, les paramètres de dose, de longueur d’onde et de nombre de séances ne figurent pas dans le résumé : aucun protocole optimal ne peut en être déduit.

Ce que cela change en pratique

Ces données situent la photobiomodulation comme une option non pharmacologique pour la douleur de la fasciite plantaire à court terme, surtout associée à un programme d’exercices. Elles ne justifient pas de l’empiler sur d’autres électrothérapies. Le suivi par un professionnel de santé reste indispensable pour poser le diagnostic et écarter les autres causes de douleur du talon.

Questions fréquentes

La photobiomodulation remplace-t-elle les exercices de rééducation ?

Non. Dans cette revue, les meilleurs résultats sur la douleur au suivi proviennent de l’association photobiomodulation et exercice, comparée à l’exercice seul. L’exercice reste le socle de la prise en charge, la photobiomodulation y étant étudiée comme adjuvant.

Combien de temps les effets durent-ils ?

La revue rapporte une amélioration de la douleur à court terme et un avantage maintenu au suivi pour l’association avec l’exercice. La durée exacte de ce suivi n’est pas précisée dans le résumé de l’étude. La persistance de l’effet ne peut donc pas être chiffrée.

La photobiomodulation est-elle plus efficace que les ondes de choc ?

Sur le seul critère du soulagement de la douleur, la méta-analyse rapporte un avantage en faveur de la photobiomodulation face aux ondes de choc extracorporelles. Ce constat porte sur des données groupées et ne préjuge pas d’une réponse individuelle. Le choix de la modalité relève d’un avis professionnel.

Référence

Ferlito JV, Silva CF, Almeida JC, da Silva Lopes IA, da Silva Almeida R, Leal-Junior ECP, De Marchi T. Effects of photobiomodulation therapy (PBMT) on the management of pain intensity and disability in plantar fasciitis: systematic review and meta-analysis. Lasers in Medical Science, 2023. PMID 37464155. DOI 10.1007/s10103-023-03823-0. https://doi.org/10.1007/s10103-023-03823-0

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.