Douleur et inflammation
Publié le
2 août 2024

Oliveira S et al. - Photobiomodulation et arthrose du genou

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Chez des personnes souffrant d’arthrose du genou, la photobiomodulation réduit la douleur au repos par rapport à un placebo, avec un effet qualifié de modéré mais une certitude de preuve très faible. Aucun effet significatif n’a été détecté sur le test Timed Up and Go, et les auteurs ne recommandent pas son usage isolé.

Ce que cette étude a mesuré

Cette publication est une revue systématique avec méta-analyse, et non un essai clinique unique. Les auteurs ont interrogé PubMed, EMBASE, Web of Science et les bases Cochrane jusqu’en octobre 2023, en ne retenant que des essais randomisés comparant la photobiomodulation à un placebo chez des patients atteints d’arthrose du genou. Ont été extraits les caractéristiques des études, les paramètres d’intervention et les critères de résultat. Le risque de biais a été jugé avec l’outil Cochrane pour essais randomisés, version 2, et la certitude des résultats avec l’approche GRADE. Dix études, totalisant 542 participants, ont été incluses.

Les résultats principaux

Les valeurs ci-dessous sont celles publiées dans le résumé. L’échelle de douleur utilisée pour la différence groupée n’y est pas précisée.

  • Douleur au repos, 6 études : différence de -0,7 (IC 95 % : -1,1 à -0,2) en faveur de la photobiomodulation, effet qualifié de modéré
  • Certitude de la preuve pour ce résultat : très faible selon GRADE
  • Test Timed Up and Go, 3 études : aucun effet significatif détecté
  • Amélioration intragroupe statistiquement significative sous photobiomodulation pour la douleur, l’indice de Lequesne et les performances de marche
  • Ces améliorations intragroupes ne sont pas toujours cliniquement pertinentes ni significatives une fois comparées au placebo
  • Toutes les études incluses présentent un risque de biais jugé incertain à élevé

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Les mécanismes proposés relèvent d’hypothèses issues de la recherche fondamentale et ne sont pas évalués dans cette revue. Les longueurs d’onde rouges et proche infrarouges seraient absorbées par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la synthèse d’ATP dans les tissus périarticulaires exposés. Cette relance métabolique s’accompagnerait d’une modulation de l’inflammation locale, composante reconnue de la physiopathologie arthrosique. Une action sur les voies de transmission de la douleur pourrait enfin contribuer à la baisse d’intensité douloureuse au repos observée. Aucun de ces mécanismes n’a été mesuré ici : ils sont rapportés au conditionnel.

Les limites à connaître

La principale réserve tient à la qualité des preuves. Toutes les études incluses présentent un risque de biais incertain à élevé, et la certitude pour la douleur au repos est très faible selon GRADE. Le résultat sur le test Timed Up and Go est négatif : aucun effet significatif n’a été détecté sur ce critère fonctionnel, sur la base de trois études seulement. Les améliorations observées à l’intérieur du groupe traité ne se traduisent pas systématiquement par une différence cliniquement pertinente face au placebo. Les auteurs concluent que ce niveau de certitude ne permet pas de recommander la photobiomodulation en usage isolé et appellent à des essais plus rigoureux ainsi qu’à une révision des recommandations de dosimétrie.

Ce que cela change en pratique

Les auteurs positionnent la photobiomodulation comme un complément possible des thérapies déjà largement recommandées dans l’arthrose du genou, et non comme une alternative. L’exercice adapté, la gestion du poids et le suivi médical restent les axes établis. Toute personne concernée devrait faire poser un diagnostic et discuter des options avec un professionnel de santé.

Questions fréquentes

La photobiomodulation peut-elle remplacer mon traitement de l’arthrose ?

Non. Les auteurs indiquent que la très faible certitude des preuves ne permet pas de recommander la photobiomodulation en usage isolé. Ils la présentent comme un complément éventuel aux thérapies déjà recommandées. Toute modification de traitement doit être discutée avec un professionnel de santé.

Améliore-t-elle la mobilité et la marche ?

Les résultats sont contrastés. Aucun effet significatif n’a été détecté sur le test Timed Up and Go dans les trois études analysées. Des améliorations des performances de marche ont bien été observées à l’intérieur du groupe traité, mais elles ne sont pas toujours cliniquement pertinentes une fois comparées au placebo.

Quels réglages d’appareil ont été utilisés dans ces essais ?

Le résumé mentionne que les paramètres d’intervention ont été collectés, mais il ne détaille ni les longueurs d’onde, ni les doses, ni le nombre de séances. Les auteurs soulignent d’ailleurs la nécessité de réviser les recommandations de dosimétrie. Aucun protocole précis ne peut donc en être déduit.

Référence

Oliveira S, Andrade R, Valente C, Espregueira-Mendes J, Silva FS, Hinckel BB, Carvalho Ó, Leal A. Effectiveness of Photobiomodulation in Reducing Pain and Disability in Patients With Knee Osteoarthritis: A Systematic Review With Meta-Analysis. Physical Therapy, 2024. PMID 38775202. DOI 10.1093/ptj/pzae073. https://doi.org/10.1093/ptj/pzae073

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.