Oncologie et soins de support
Publié le
7 octobre 2024

Lin YT et al. - Photobiomodulation dans la prévention et le traitement de la dermite radiothérapie chez patients atteints de cancer

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Une méta-analyse publiée en 2024 dans Radiotherapy and Oncology rapporte une incidence significativement plus faible de radiodermites aiguës de grade 2 et 3 chez les patients traités par photobiomodulation, avec une différence de risque de -0,36 (IC 95 % -0,53 à -0,19). Les auteurs soulignent une hétérogénéité très élevée entre les études et appellent à interpréter ce résultat avec prudence.

Ce que cette étude a mesuré

L’objectif était d’examiner l’efficacité de la photobiomodulation sur la radiodermite aiguë chez des patients atteints de cancer. La radiodermite aiguë est une réaction cutanée liée à la radiothérapie, et sa prise en charge relève du soin de support et non du traitement de la tumeur.

Les auteurs ont interrogé PubMed, Embase, la Cochrane Library et CINAHL, depuis la création de ces bases jusqu’à juillet 2024. Ont été inclus les essais randomisés contrôlés et les études non randomisées évaluant la photobiomodulation contre la radiodermite. Les méta-analyses et les analyses de sensibilité ont été conduites avec un modèle à effets aléatoires. Des analyses en sous-groupes ont été menées selon le type de cancer et selon l’objectif de la photobiomodulation, prévention ou traitement, avec stratification par grade de radiodermite.

Les résultats principaux

Les données rapportées par les auteurs sont les suivantes.

  • Huit études incluses : cinq essais randomisés contrôlés et trois études non randomisées.
  • Radiodermites de grade 2 et 3 : différence de risque de -0,36 en faveur du groupe photobiomodulation, IC 95 % de -0,53 à -0,19, p < 0,00001.
  • Hétérogénéité entre les études : I² = 85 %.
  • Analyses en sous-groupes : effet significatif retrouvé à la fois dans le cancer du sein et dans les cancers de la sphère ORL.
  • La photobiomodulation réduit significativement l’incidence des radiodermites de grade 2 et 3 dans le sous-groupe prévention comme dans le sous-groupe traitement.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

La photobiomodulation applique sur la peau irradiée une lumière de faible puissance, sans effet thermique. Dans cette méta-analyse, elle est évaluée selon deux usages distincts : en prévention, avant ou pendant la radiothérapie, et en traitement, sur une réaction cutanée déjà constituée. Les deux sous-groupes montrent un effet significatif sur les grades 2 et 3.

Le résumé ne détaille pas les mécanismes biologiques ni les paramètres de dosimétrie retenus dans les études incluses. Le bénéfice mesuré porte sur les grades élevés de radiodermite, c’est-à-dire les formes les plus sévères.

Les limites à connaître

La limite principale est explicitement signalée par les auteurs : l’hétérogénéité entre les études incluses est élevée, avec un I² de 85 %. Ils concluent que les résultats doivent être interprétés avec prudence.

Le corpus reste par ailleurs limité : huit études seulement, dont trois ne sont pas randomisées, ce qui expose à un risque de biais. Il s’agit d’une synthèse de données de vie réelle, dont le niveau de contrôle est inférieur à celui d’un essai unique de grande taille. Les auteurs emploient une formulation prudente : la photobiomodulation pourrait avoir des effets bénéfiques, sans que l’efficacité soit considérée comme définitivement établie.

Ce que cela change en pratique

Cette méta-analyse renforce l’intérêt de la photobiomodulation comme soin de support en radiothérapie, en particulier pour limiter les radiodermites de grade élevé dans le cancer du sein et les cancers ORL. Elle ne modifie pas la prise en charge oncologique elle-même : la photobiomodulation n’est pas un traitement du cancer et ne remplace pas la radiothérapie. Toute mise en oeuvre suppose une décision partagée avec l’équipe de radiothérapie, qui définit les paramètres et le calendrier des séances.

Questions fréquentes

La photobiomodulation peut-elle remplacer un traitement du cancer ?

Non. Cette méta-analyse porte exclusivement sur un effet indésirable cutané de la radiothérapie. La photobiomodulation y intervient en soin de support et n’a aucun rôle documenté contre la tumeur. Elle ne se substitue à aucun traitement prescrit.

Vaut-il mieux utiliser la photobiomodulation en prévention ou une fois la radiodermite apparue ?

Les analyses en sous-groupes retrouvent un effet significatif sur les grades 2 et 3 dans les deux cas, en prévention comme en traitement. Le résumé ne permet pas de départager les deux stratégies. Le choix relève de l’équipe soignante.

Le résultat vaut-il pour tous les types de cancer ?

Les sous-groupes analysés concernaient le cancer du sein et les cancers de la sphère ORL, avec un effet significatif dans les deux. Le résumé ne rapporte pas de résultat pour d’autres localisations. Extrapoler au-delà de ces populations n’est pas possible.

Référence

Lin YT, Tung KM, Chiou JF, Chen YC, Hou WH. Effects of photobiomodulation therapy for acute radiation dermatitis in patients with cancer: A systematic review and meta-analysis of real-world evidence. Radiotherapy and Oncology, 2024. PMID 39426526. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39426526/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.