Urata M. et al. - Changements des symptômes de la dépression après photobiomodulation

Cette analyse porte sur 21 patients souffrant de dépression et traités par photobiomodulation transcrânienne pendant huit semaines : 4 seulement ont répondu au traitement. Les symptômes de sommeil et d’appétit se sont améliorés, tandis que l’humeur dépressive et le manque d’énergie ont persisté chez environ 80 à 90 % des patients.
Ce que cette étude a mesuré
Il s’agit d’une analyse des symptômes pris un par un, issue de deux essais, et non d’une méta-analyse ni d’un essai randomisé contre placebo. Les données proviennent des études Evaluation of Light-emitting diodes Therapeutic Effect in Depression 2 et 3, chez des patients présentant un trouble dépressif caractérisé.
Les participants recevaient une photobiomodulation transcrânienne appliquée sur les régions F3 et F4 du cuir chevelu pendant huit semaines. Les symptômes étaient évalués chaque semaine avec le Quick Inventory for Depression Symptomatology, ou QIDS. La réponse au traitement était définie par une réduction d’au moins 50 % du score QIDS à huit semaines par rapport au niveau de départ.
Les résultats principaux
L’objectif était de décrire quels symptômes évoluent, et non de démontrer une efficacité globale du traitement.
- 21 patients analysés
- 4 patients répondeurs à huit semaines
- Symptômes neurovégétatifs, dont troubles du sommeil et modification de l’appétit : amélioration chez au moins 50 % des patients qui les présentaient au départ
- Symptômes dépressifs centraux, humeur dépressive et manque d’énergie : persistance chez environ 80 à 90 % des patients
- Chez les répondeurs : amélioration de plus de 75 % de ces symptômes centraux
- Durée du protocole : 8 semaines, avec évaluation hebdomadaire
Le résumé ne fournit ni longueur d’onde, ni dose, ni durée de séance, ni valeur de p, ni intervalle de confiance.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Les mécanismes proposés restent hypothétiques. La lumière proche infrarouge appliquée sur le cuir chevelu pourrait atteindre le cortex préfrontal et être absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la production d’ATP des neurones exposés. Sont également évoquées une action sur le débit sanguin cérébral local, sur le stress oxydatif et une modulation de l’inflammation. Aucun de ces mécanismes n’a été mesuré dans cette analyse et rien ne permet d’affirmer qu’ils expliquent les évolutions observées.
Les limites à connaître
Le résultat principal est faible : 4 répondeurs sur 21 patients. L’effectif est petit et l’analyse est exploratoire, portant sur des symptômes examinés un par un, ce qui multiplie les comparaisons statistiques. Le résumé ne décrit pas de groupe témoin ni de comparaison contre appareil inactif, si bien que l’évolution spontanée et l’effet placebo ne peuvent pas être écartés. Les paramètres lumineux ne sont pas précisés. Les auteurs indiquent eux-mêmes que des échantillons plus larges seront nécessaires pour apprécier l’efficacité de cette approche.
Ce que cela change en pratique
Ces données ne permettent pas de considérer la photobiomodulation comme un traitement de la dépression. La dépression est une maladie qui se soigne et qui relève d’un suivi médical ou psychiatrique. La photobiomodulation ne remplace ni ce suivi, ni une psychothérapie, ni un traitement médicamenteux en cours. Aucun traitement ne doit être arrêté ou modifié sans avis du médecin prescripteur. En cas d’aggravation, d’idées noires ou de détresse, il faut contacter sans attendre un professionnel de santé ou un service d’urgence.
Questions fréquentes
La photobiomodulation transcrânienne soigne-t-elle la dépression ?
Cette analyse ne le démontre pas. Sur 21 patients, 4 seulement ont vu leur score QIDS diminuer de moitié à huit semaines. Il s’agit d’une étude exploratoire de petite taille, sans comparaison décrite avec un appareil inactif, et non d’un essai permettant de conclure à une efficacité.
Quels symptômes ont le plus évolué dans cette étude ?
Les symptômes dits neurovégétatifs, c’est-à-dire les troubles du sommeil et les modifications de l’appétit, se sont améliorés chez au moins la moitié des patients qui en souffraient au départ. À l’inverse, l’humeur dépressive et le manque d’énergie ont persisté chez environ 80 à 90 % des patients. Chez les quatre répondeurs, ces symptômes centraux se sont améliorés de plus de 75 %.
Peut-on utiliser la lumière en complément d’un traitement antidépresseur ?
Cette question doit être posée au médecin qui assure le suivi. Aucune donnée de cette étude ne permet de recommander une telle association ni d’en écarter les risques. Ce qui est certain, c’est qu’un traitement prescrit ne doit jamais être arrêté ni modifié de sa propre initiative.
Référence
Urata M, Cassano P, Norton R, Sylvester KM, Watanabe K, Iosifescu DV, Sakurai H. Trajectories of Depressive Individual Symptoms over Time during Transcranial Photobiomodulation. Photonics, 2023;10(12):1324. Article non indexé dans PubMed, aucun PMID disponible. DOI 10.3390/photonics10121324. https://doi.org/10.3390/photonics10121324
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.