Psychiatrie et santé mentale
Publié le
31 janvier 2024

Ji Q. et al. - Photobiomodulation améliore les symptômes de la dépression : revue systématique et méta-analyse

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Une méta-analyse publiée dans Frontiers in Psychiatry regroupe 11 essais randomisés et rapporte une réduction modérée des symptômes dépressifs après photobiomodulation (SMD -0,55 ; IC 95 % -0,75 à -0,35). Aucun effet significatif n’a été mis en évidence sur le sommeil, et la qualité des preuves est jugée modérée à très faible.

Ce que cette étude a mesuré

L’équipe de Qipei Ji a interrogé dix bases de données, depuis leur création jusqu’au 25 septembre 2023, en ne retenant que des essais randomisés contrôlés portant sur la dépression. Sur 3 265 références identifiées, onze essais ont été inclus dans l’analyse quantitative. Le critère de jugement principal était la sévérité des symptômes dépressifs, le critère secondaire le sommeil. Les auteurs ont distingué deux modalités d’application, la photobiomodulation transcrânienne (t-PBM) et la photobiomodulation systémique (s-PBM). La certitude des preuves a été évaluée avec la méthode GRADE et le protocole était enregistré sur PROSPERO.

Les résultats principaux

L’effet global sur la dépression est statistiquement significatif mais d’ampleur modérée. Le résultat portant sur le sommeil, lui, n’atteint pas le seuil de significativité.

  • Symptômes dépressifs : différence moyenne standardisée de -0,55 (IC 95 % -0,75 à -0,35), hétérogénéité I² de 46 %.
  • Sommeil : différence moyenne standardisée de -0,82 (IC 95 % -2,41 à 0,77), I² de 0 %, résultat non significatif (p > 0,05).
  • Onze essais inclus, sélectionnés parmi 3 265 références.
  • En sous-groupes, la voie systémique ressort supérieure à la voie transcrânienne.
  • Paramètres transcrâniens associés aux meilleurs résultats : 823 nm, fluence de 10 à 100 J/cm², irradiance de 50 à 100 mW/cm², 30 minutes d’irradiation, moins de 3 séances par semaine, plus de 15 séances au total.
  • Paramètres systémiques associés aux meilleurs résultats : 808 nm, fluence inférieure ou égale à 1 J/cm², irradiance de 50 à 100 mW/cm², durée inférieure ou égale à 5 minutes, au moins 3 séances par semaine, plus de 15 séances au total.
  • Certitude des preuves jugée modérée à très faible, sans biais de publication détecté.

Comment la photobiomodulation transcrânienne agit

Les mécanismes avancés restent hypothétiques. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, enzyme de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui augmenterait la production d’ATP disponible pour les neurones. D’autres voies sont évoquées dans la littérature : une modulation de la perfusion cérébrale locale, une réduction du stress oxydatif et une atténuation de la neuroinflammation. Ces pistes proviennent de travaux précliniques et n’ont pas été mesurées dans cette méta-analyse, qui porte sur des scores cliniques.

Les limites à connaître

Le nombre d’essais disponibles reste faible et les auteurs le soulignent eux-mêmes. La certitude des preuves est classée de modérée à très faible selon GRADE, ce qui limite la portée des conclusions. L’effet sur le sommeil n’est pas statistiquement significatif et son intervalle de confiance très large traduit une forte imprécision. L’hétérogénéité de 46 % sur le critère principal indique que les protocoles, les populations et les appareils diffèrent d’un essai à l’autre. Enfin, les paramètres identifiés en sous-groupes reposent sur peu d’études et demandent confirmation.

Ce que cela change en pratique

Ce travail décrit un signal favorable sur les symptômes dépressifs, mais il ne permet ni de définir un protocole de référence ni de garantir un bénéfice individuel. La photobiomodulation ne remplace ni un suivi psychiatrique ni un traitement en cours : un trouble de l’humeur nécessite un accompagnement professionnel. Toute démarche mérite d’être évoquée avec le médecin qui assure le suivi, en complément de la prise en charge établie et jamais à sa place.

Questions fréquentes

La photobiomodulation réduit-elle les symptômes de la dépression ?

Cette méta-analyse rapporte une réduction modérée des scores de dépression dans les essais inclus. L’ampleur de l’effet reste moyenne et la certitude des preuves limitée. Il s’agit d’un signal de recherche et non d’une efficacité établie à l’échelle individuelle.

Combien de séances comportaient les protocoles analysés ?

Les sous-groupes les plus favorables comportaient plus de 15 séances au total. La fréquence différait selon la modalité : moins de 3 séances par semaine par voie transcrânienne, au moins 3 par voie systémique. Ces valeurs décrivent les protocoles publiés et ne constituent pas une recommandation.

La photobiomodulation améliore-t-elle le sommeil en cas de dépression ?

Pas dans cette analyse. Le résultat sur le sommeil n’était pas statistiquement significatif et son intervalle de confiance était très large. Les auteurs invitent à ne rien conclure sur ce critère.

Référence

Ji Q, Yan S, Ding J, et al. Photobiomodulation improves depression symptoms: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Frontiers in Psychiatry, 2024 ; 14 : 1267415. PMID 38356614. DOI 10.3389/fpsyt.2023.1267415. https://doi.org/10.3389/fpsyt.2023.1267415

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit ni un suivi psychiatrique. Parlez-en à un professionnel de santé.